<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721</id><updated>2012-01-09T14:18:31.728+01:00</updated><title type='text'>Le blog de Rayan Nezzar</title><subtitle type='html'>Publications historiques, littéraires et politiques.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>22</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-1062896105397116075</id><published>2011-10-17T18:37:00.001+02:00</published><updated>2011-10-17T18:37:29.231+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="color: #e69138; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Lagroye &amp;amp; Gaxie&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;span style="color: #e69138; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Du suffrage universel et du «&amp;nbsp;cens caché&amp;nbsp;»&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: right;"&gt;&lt;i&gt;&lt;b style="color: #e69138;"&gt;Comment se manifeste l’exclusion d’une majorité de citoyens de la «&amp;nbsp;société politique&amp;nbsp;» ?&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deux professeurs de science politique de l’université Paris I se sont attachés à expliciter les mécanismes sociaux tendant à ce qu’une majorité de citoyens s’excluent de et soient exclus par la société politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier, Jacques Lagroye était l'une des figures de la science politique française. Il avait notamment contribué à structurer et à décloisonner cette discipline, longtemps tenue en lisière du droit public. A cette ouverture d'esprit, ce catholique de gauche ajoutait une passion intacte pour l'enseignement. A l'inverse des mandarins qui ne s'intéressent qu'à l'élite des étudiants, il aimait ainsi éveiller à sa discipline le tout-venant des «&amp;nbsp;première année&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Agrégé en 1970 de science politique, il rejoint au début des années 1980 le département de science politique de l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne et entreprend d'enrichir cette discipline de nouveaux points de vue. Il la juge à l'étroit dans ses limites traditionnelles : la sociologie électorale, l'étude des partis politiques. Il estime indispensable de l'ouvrir aux sciences sociales et à l'anthropologie. Jacques Lagroye oriente les innombrables «&amp;nbsp;thésards&amp;nbsp;», dont il dirige les recherches, vers ces horizons fertiles. Il leur fait lire Pierre Bourdieu et Michel Foucault.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'intéresse également de près aux rapports des individus avec les institutions ainsi qu’aux réseaux sociaux. Il a consacré à ceux-ci une thèse marquante&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Société et politique (Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux)&amp;nbsp;», dans laquelle il démonte les mécanismes qui ont permis à un jeune général de la Résistance de se faire accepter par la bourgeoisie locale pétainiste. Il y théorise la notion de «&amp;nbsp;fief&amp;nbsp;» et celle de «&amp;nbsp;député-maire&amp;nbsp;», une caractéristique française : Edouard Herriot à Lyon, Gaston Defferre à Marseille, Pierre Mauroy à Lille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour de nombreuses générations d'étudiants, Jacques Lagroye restera également l'auteur d'un manuel indispensable, &lt;i&gt;Sociologie politique&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir été professeur de science politique à l’Université de Picardie, Daniel Gaxie entre lui en 1989 à l'Université Paris I - Panthéon-Sorbonne, au sein du département de science politique. Auteur en 1993 du «&amp;nbsp;Vote désinvesti. Quelques éléments d'analyse des rapports au vote&amp;nbsp;», il est notamment connu pour ses travaux de référence à matière de sociologie du vote et en particulier pour son concept de « cens caché ». Il a abordé divers sujets tout au long de sa carrière académique (militantisme, professionnalisation du personnel politique..).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La réflexion menée dans «&amp;nbsp;Le Cens caché&amp;nbsp;» qu’il publie en 1978 débute par l'exposé de l'analyse qui prédomine dans le champ politique, postulant que tous les citoyens sont attentifs aux évènements politiques et compétents pour se prononcer sur les enjeux politiques. Il y part du constat de nombreuses enquêtes sociologiques que l'intérêt pour la politique n’est pas universellement partagé mais au contraire inégalement distribué selon les classes sociales, les classes supérieures étant les plus politisées. Daniel Gaxie renverse l’analyse relevant du sens commun. Il questionne par conséquent le mythe démocratique, en conduisant une enquête sociologique sur la politisation non pas dans l'idée d'un intérêt et d'une compétence universelle pour la politique, mais au contraire selon la thèse que la politisation est soumise à des conditions sociales déterminées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'analyse empirique est en conséquence conduite selon la problématique suivante : quel est le degré réel d'attention accordé par les agents sociaux aux évènements politiques, quels sont les facteurs qui favorisent la politisation ainsi définie et quelles conséquences produit cette inégale politisation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'analyse secondaire de données issues de sondages selon cette problématique lui permet alors de définir les variables sociales qui déterminent les inégalités de politisation et de les expliquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut prétendre pour Gaxie que les électeurs ont «&amp;nbsp;effectué un choix&amp;nbsp;» dans la mesure où ils sont dépossédés des moyens de connaître et de maîtriser le champ politique (ses problèmes, ses acteurs, ses enjeux). L'analyse politique «&amp;nbsp;démocratique&amp;nbsp;» est ainsi réfutée par l'analyse sociologique des conditions de formation du vote. L'imposition d'une problématique politique à des agents très inégalement préparés à la maîtriser suscite en réalité des réponses produites à partir de critères très divers et fort éloignés de la logique politique qu'on leur impute généralement (goût pour la personne du candidat, choix du vainqueur probable, préférence pour les positions les plus neutres ou les plus stéréotypées, etc).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exercice libre d'un choix par des électeurs aux voix équivalentes ou reproduction sociale des élites&amp;nbsp;? Volonté collective ou cooptation&amp;nbsp;? Vote individuel-majoritaire ou vote organique-collégial&amp;nbsp;? L’analyse sociologique de l’exercice du droit de vote, quoique universel, remet en cause le «&amp;nbsp;mythe démocratique&amp;nbsp;» et permet de systématiser la notion de «&amp;nbsp;cens caché&amp;nbsp;». S’excluant du jeu politique par désintérêt ou sentiment d’incompétence, les groupes de citoyens socialement dominés se voient dépossédés de l’exercice de leur libre arbitre et &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de leur participation à la société politique du fait de l’imposition de problématiques servant les intérêts des élites politiques et de l’usage d’un langage abstrait et spécialisé, propre à ceux qui sont dès lors désignés «&amp;nbsp;politiciens&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'il soit «&amp;nbsp;universel&amp;nbsp;» ou non, le suffrage demeure ainsi toujours un enjeu de luttes politiques, notamment entre groupes se considérant comme les plus qualifiés à se prononcer sur les principes du vote. Dans &lt;i&gt;Retour sur 1848. Le suffrage universel entre l'illusion du «&amp;nbsp;jamais vu&amp;nbsp;» et l'illusion du «&amp;nbsp;toujours ainsi&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;, Bernard Lacroix poursuit la réflexion en montrant comment l'élargissement du suffrage a aussi eu pour fonction de parer à la déstabilisation politique produite par la révolution de février 1848. La participation du plus grand nombre à l'acte électoral, même dans l'effervescence révolutionnaire, ne s'accompagne nullement d'un égal accès à la fonction de représentant. Bernard Lacroix rappelle que durant toute la Deuxième République le scepticisme vis-à-vis du pouvoir des urnes puise sa source dans une idéologie du mérite capacitaire, lui-même un des piliers de la conception républicaine de la citoyenneté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si l'on considère «&amp;nbsp;l'opération électorale&amp;nbsp;» dans son ensemble, la diffusion des idées progressistes au printemps 1848 ne semble peser que d'un faible poids devant la déférence à l'autorité déjà acquise, le monopole des fonctions politiques conservé par des élites, la ratification par des assemblées de candidats préalablement sélectionnés par des comités électoraux. Les ressorts de la domination ne disparaissent pas quand le suffrage universel sert à ceux qui savent s'organiser pour restaurer, au nom même de la volonté du peuple, la cohésion d'une classe politique déjà ancienne. Bernard Lacroix propose donc d'analyser comment les élections législatives de 1848 ont reproduit un «&amp;nbsp;cens caché&amp;nbsp;», venant contredire leur principe universaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapportée à l’époque contemporaine et pouvant s’analyser comme l’échec de la demopédie de Proudhon ou l’avènement d’une «&amp;nbsp;démocratie de la propagande médiatique&amp;nbsp;» décrite par Noam Chomsky dans &lt;i&gt;La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie&lt;/i&gt;, la mise en place d’un «&amp;nbsp;cens caché&amp;nbsp;» aux dépens et malgré l’universalité du droit de vote implique en tout état de cause une réflexion quant à la validité du modèle démocratique contemporain.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-1062896105397116075?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/1062896105397116075/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/10/lagroye-gaxie-du-suffrage-universel-et.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/1062896105397116075'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/1062896105397116075'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/10/lagroye-gaxie-du-suffrage-universel-et.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-5019076380696938524</id><published>2011-10-04T17:03:00.000+02:00</published><updated>2011-10-04T17:47:28.533+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="color: #a2c4c9; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-size: x-large;"&gt;&lt;b&gt;La discriminationpositive en politique&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Lacomposition et le recrutement du personnel politique sont l'objet de vivescritiques. Siègent aujourd’hui à l’Assemblée nationale neuf députés de plus desoixante ans pour un seul de moins de quarante, tandis que fonctionnaires,enseignants et cadres supérieurs y sont sur-représentés, contrairement auxemployés et ouvriers, qui représentent plus de la moitié de la populationactive, mais seulement 6% des députés. Une seule députée de couleur est élue enmétropole et les députées ne représentent que 18.5%.&amp;nbsp; Le professeur de droit constitutionnelBastien François portrayait ainsi en une formule lapidaire la composition del'Assemblée nationale : «&amp;nbsp;un club de mâles blancs bourgeois etsexagénaires&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Je tenteraiici de suggérer deux thèses. L'irruption dans le débat public du thème de ladiscrimination positive, et notamment la question de son application au champpolitique, pourrait s'analyser comme un révélateur des mutations de la notioncontemporaine de représentation. La discrimination positive appliquée aupolitique serait à cet égard un instrument qui ne viserait, au-delà d'uneapparente et temporaire rupture avec le principe d’égalité, qu’à en mieuxgarantir le fondement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'efficacitéde ces dispositifs, que j'ambitionnerai par ailleurs d'évaluer, pourra, quant àelle, apparaître, si ce n'est nulle, à tout le moins nuancée, au regard de leurambition d'établir l'égalité réelle et de rendre les logiques de recrutement dupersonnel politique indifférentes aux distinctions sociales.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Maisj'aimerais à titre liminaire vous proposer deux définitions qui permettront dedresser le cadre théorique de ma réflexion.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Leprofesseur de droit public Ferdinand Melin-Soucramanien définit les dispositifsde discrimination positive comme «&amp;nbsp;des différenciations juridiques detraitement dont l'autorité normative affirme expressément qu'elles ont pour butde favoriser une catégorie déterminée de personnes physiques ou morales audétriment d'une autre, afin de compenser une inégalité de fait préexistantentre elles&amp;nbsp;». («&amp;nbsp;Les adaptations du principe d'égalité à ladiversité des territoires&amp;nbsp;», &lt;i&gt;RFDA&lt;/i&gt; 1997, p. 906).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'égalité,dont le corollaire est, dans les démocraties représentatives modernes, l'égalaccès aux fonctions politiques, peut elle se définir&amp;nbsp; de deux manières, qui font écho à l'antiquedistinction d'Aristote entre égalité arithmétique (formelle) et égalitégéométrique (réelle). La première, abstraitement conçue, n'admet dedistinction, sinon exceptionnelle et très concrète. De telles distinctionsdoivent alors être nécessaires et supposent un contrôle approfondi del'adéquation des moyens aux fins. Le droit à l'égalité est reconnu de manièreformelle et neutre, et sont interdites les discriminations fondées sur le sexe,la couleur, la race, la religion, l'appartenance philosophique, syndicale ouencore politique. A cette conceptionuniversaliste, qui a longtemps prévalu en droit français, répond une seconde,qui a notamment inspiré les mesures d'&lt;i&gt;affirmative action &lt;/i&gt;aux États-Uniset regarde les individus comme parties à des groupes dont les caractèresobjectifs justifient un traitement différencié. Ce versant réaliste del'égalité impose des mesures de rattrapage pour corriger des inégalités defait.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="color: #b6d7a8; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; page-break-before: always; text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;La discrimination positive en politique : rendre lesreprésentants plus représentatifs ?&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; page-break-before: always; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Divers pratiques et dispositifs légaux visent à atteindre l’égal accèsaux fonctions politiques en reconnaissant la différence, et témoignent par làd’un renouvellement de la figure du représentant.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ladiscrimination positive est née sous la présidence Johnson aux États-Unis dansla foulée du mouvement des droits civiques. Lyndon Johnson employait alors unesignifiante métaphore&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;On ne peut rendre sa liberté à un hommequi, pendant des années, a été entravé par des chaînes, l’amener sur la lignede départ d’une course, et croire qu’on est ainsi parfaitement juste.&amp;nbsp;» L'&lt;i&gt;affirmativeaction &lt;/i&gt;visait par conséquent à lutter contre les discriminations enattribuant des droits spécifiques aux membres de minorités ethniques. Cesdispositifs, dont la constitutionnalité a par ailleurs été remise en questiondepuis 1978 par la Cour Suprême, ont pu regrouper l'instauration de quotas dansle recrutement aux emplois privés et publics, de bonifications de barèmeaccordées à l'entrée de l'enseignement supérieur, ou encore d'une part decommandes publiques réservée aux entreprises fondées par des membres de cesminorités.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'&lt;i&gt;affirmativeaction &lt;/i&gt;a notamment été étendue au champ politique sous la présidence deBush fils, dont certaines nominations en furent notoirement inspirées. L'onpensera notamment aux secrétaires d'État Colin Powell et Condolezza Rice, àAlberto Gonzales (&lt;i&gt;attorney general&lt;/i&gt;), ou encore à Rod Paige (éducation).&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ce débat aété introduit en France dès la loi de 1982 instaurant des quotas de sexe pourl'élection des conseillers municipaux, laquelle a cependant été censurée par leConseil constitutionnel au motif que le principe d'égalité, à valeurconstitutionnelle, s'opposait à toute division par catégorie des électeurs etdes éligibles.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Au fait decette difficulté juridique, le gouvernement Jospin fit réviser en 1999 l'article3 de la Constitution, et permit ainsi l'adoption de la loi du 6 juin 2000prévoyant des dispositifs de retenues financières qui visent à favoriser l'égalaccès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctionsélectives. La loi s'applique aux élections municipales pour les communes deplus de 3500 habitants, aux élections régionales, sénatoriales (selon uneproportionnalité) et européennes. Les partis politiques doivent enfin respecterune simple parité de candidats aux élections législatives. Cette loi a étéétendue en 2007 aux adjoints des communes, aux membres des commissionspermanentes et aux vice-présidents des conseils régionaux. La révisionconstitutionnelle du 23 juillet 2008 a elle réécrit les articles 3 et 1er, cedernier permettant désormais une extension de la parité au domaine de l'accèsaux responsabilités professionnelles et sociales.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'actuelprésident de la République, a également un temps défendu le principe d'unediscrimination positive en politique, en nommant notamment en janvier 2004Aïssa Dermouche préfet du Jura en qualité de musulman, puis en nommant plusrécemment au gouvernement des personnalités telles que Rachida Dati, Rama Yadeou encore Fadela Amara. De la même manière, le gouvernement &lt;i&gt;Fillon I&lt;/i&gt; étaitcomposé à parité de femmes et d'hommes. Nicolas Sarkozy avait enfin demandé en2008 au Comité Weil de réfléchir à une réécriture du préambule de laConstitution qui validerait le principe de la discrimination positive. Cecomité a cependant rendu un avis défavorable dans son rapport.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais la mise en place de ces dispositifs, quivisent à atteindre l'égalité par la reconnaissance temporaire de la différence,manifeste encore une ambition de rendre les représentants plus représentatifs desreprésentés, et renouvellent par là la figure-même du représentant.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La notionde représentation est en effet marquée par une polysémie dès son apparition àpartir du latin &lt;i&gt;representare&lt;/i&gt;, apparition datée autour de 1250. Cette notion renverrait àl'origine tant à la volonté de rendre sensible un objet absent ou un conceptpar une image, qu'à celle de remplacer quelqu'un et d'agir à sa place dansl'exercice d'un droit. Pour la politiste Hanna Pitkin, les sens médiévaux de lareprésentation coexistent dans l'univers politique contemporain dans la mesureoù sont conférés au représentant une fonction de délégation (au sens de &lt;i&gt;toact for&lt;/i&gt;) et le symbolisme du reflet (&lt;i&gt;to stand for&lt;/i&gt;).&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Êtrereprésentatif impliquerait dès lors non seulement de s'exprimer au nom de maisencore de ressembler à ceux que l'on représente. Ce n'était pourtant pas lavolonté des révolutionnaires libéraux de 1789 qui ont proclamé la souverainetéde la nation et non du peuple dans la Constitution de 1791, ni davantage celledes Pères Fondateurs de la Constitution américaine, en témoigne l'opposition àla «&amp;nbsp;représentation-miroir&amp;nbsp;», opposition notamment exprimée parAlexander Hamilton, James Madison et John Jay dans &lt;i&gt;Le Fédéraliste &lt;/i&gt;publiéen 1788 et qui explicitait la philosophie du nouveau gouvernement américain.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'irruptiondu thème de la discrimination positive en politique à la fin du XXème sièclepeut par conséquent s'analyser comme un profond renouvellement de la notion dereprésentation en faveur d'une plus grande ressemblance entre représentants etreprésentés.&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="color: #b6d7a8; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; page-break-before: always; text-align: right;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;La discrimination positive, une philosophie remiseen question, en politique comme&amp;nbsp; ailleurs&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; page-break-before: always; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais les dispositifs de discrimination positive en politique font l’objetde divers griefs, qui ne doivent cependant pas discréditer la quête d’égalaccès aux fonctions politiques.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Si le principede la discrimination positive fait en effet naître bien des réticences, enpolitique comme ailleurs, elles ont ici peut-être une intensité singulière liéeà la dimension symbolique du politique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'évolutionde la notion de représentation que je viens d'évoquer a été remise en questionen tant qu'elle éroderait celle d'intérêt général. Le professeur de droitpublic Marie-Anne Le Pourhiet a ainsi pu considérer que les «&amp;nbsp;assembléespolitiques, ont, en principe, à représenter les différents courants d’opinion,les programmes politiques et les conceptions distinctes du bien commun, non pasdes testicules, des ovaires ou des pigmentations de peau. […] Les minorités quela démocratie libérale veut laisser s’exprimer dans les assemblées politiquessont des minorités d’idées sur la meilleure façon de gérer la chose publique,et non des caractères d’ordre privé dont la représentation ne signifie riend’autre que la privatisation de la &lt;i&gt;res publica&lt;/i&gt; et donc le retour à laféodalité, fût-elle déguisée en “modernité”. Cette déformation de la notion dereprésentation traduit, en réalité, une conception du pouvoir selon laquellecelui-ci ne serait plus destiné à “servir” mais à “se servir”, ce qui ne peutque favoriser la corruption, le népotisme et le clientélisme.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;De plussérieuses réticences d'ordre juridique ont également été formulées, en témoignepar exemple l’annulation en 1982 par le Conseil constitutionnel de la loiprécitée, qui instaurait des quotas de sexe pour l'élection des conseillersmunicipaux. En témoigne encore la position attentiste des juges français etd’une grande part de la doctrine qui se refusent à imposer au législateur lamise en œuvre de discriminations positives (ou «&amp;nbsp;à rebours&amp;nbsp;»)réalisant l’égalité de fait là où des différences objectives sont constatées(CE, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Société Baxter&lt;/i&gt;, 1997). Laposition universaliste française est à cet égard assez isolée en Europe,puisque la Cour de justice du Luxembourg considère que «&amp;nbsp;des situationsdifférentes ne [doivent par principe pas être] traitées de manière égale&amp;nbsp;»(CJCE, &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Société Sermine&lt;/i&gt;, 1984),validant par là d’éventuels dispositifs légaux de discrimination positive enpolitique. La France a encore émis une réserve à l'article 27 du Pacteinternational relatif aux droits civils et politiques de 1966, toujours au nomde l'universalisme républicain, rappelant le fait que, étant une République«&amp;nbsp;une et indivisible&amp;nbsp;», les minorités (ethniques, culturelles,linguistiques ou religieuses) ne sauraient avoir ni plus de droits, ni moins dedroits que leurs concitoyens, et en particulier dans l’accès aux fonctionsélectives. La France n’a d’ailleurs pas davantage signé la Charte européennedes langues régionales ou minoritaires qui favorise notamment l’usage de telleslangues dans la sphère publique.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le seuldispositif légal de discrimination positive en France demeure donc celui de laparité sur les listes électorales, dont l’efficacité est d’ailleurs assezfaible puisque par exemple seul 18.5% des députés sont des députées, etqu’elles sont 41.6% à être candidates, ce qui suggère qu'elles héritent souventde circonscriptions difficiles.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Est encorefait grief aux dispositifs de discrimination positive en politique d'êtrefondamentalement élitistes et, par suite, de favoriser, non pas l'accès réelaux fonctions politiques de tout membre d'un groupe donné, mais plutôt la seuleréussite d'une élite qui bénéficie ainsi d'un effet d'aubaine. Les réactions àla composition du gouvernement Fillon I étaient à cet égard signifiantes,puisque, pour ne citer que lui, le site Oumma.com, premier e-groupe de pressede l'islam francophone, écrivait alors : «&amp;nbsp;La discrimination positive enpolitique a ce fâcheux inconvénient d'activer les opportunismes en agitant despostes et des situations privilégiées, que s'empressent de convoiterd'ex-exclus qui ont vite assimilé les mauvaises habitudes des partis&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Loin decroître, les dispositifs de discrimination positive en politique, et à tout lemoins dans leurs formes légales, semblent se réduire à une portion congrue, etse cantonner au terrain de la parité, même si des nominations ponctuelles etspontanées peuvent en être inspirées.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ces dispositifs sont encore remis en question en cequ'ils exacerberaient les préjugés qu'ils entendent combattre. Le juge à laCour Suprême Richard Sanders évoque par exemple la stigmatisation dont fontl'objet ses bénéficiaires. Les dominants développeraient unsentiment d’exaspération au vu des privilèges accordés aux dominés. Et ladiscrimination apparaît ici d’autant plus injuste qu’elle porte sur unedifférence non choisie. Loin de créer les conditions de l'avènement d'unesociété où l'accès aux fonctions politiques serait indifférent aux différences,la discrimination positive exacerberait ces dernières en une forme d'effetpervers, qui fait penser aux mots d'Hannah Arendt dans son &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;Essai sur la Révolution &lt;/i&gt;«&amp;nbsp;La pitié prise comme ressort de lavertu s’est avérée posséder un potentiel de cruauté supérieur à celui de lacruauté elle-même.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Estégalement mis en avant le sentiment de victimisation et d'accoutumance desbénéficiaires de ces dispositifs. C'est par suite le principe d'égalité qui estsubstantiellement remis en cause, car quoique les mesures de discriminationpositive aient vocation à demeurer temporaires et à ne prospérer que jusqu'à ceque l'univers politique devienne indifférent aux différences, un tel résultatsemble fort improbable. Plutôt que de réaliser l'égalité réelle, ladiscrimination positive éroderait ainsi l'égalité formelle puisque, empruntantla formule au professeur de droit Anne-Marie Le Pourhiet, «&amp;nbsp;dès lorsqu’est introduite une discrimination, elle sera toujours positive pour celuiqui en bénéficie et négative pour celui qu’elle exclut&amp;nbsp;».&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ladiscrimination positive décernerait enfin au champ politique un certificat debonne conscience lui permettant de faire l’économie d’une réflexion plus largequant à ses modes de recrutement. Ainsi pouvait-on lire dans le Politis du 15juin 2000 qu’«&amp;nbsp;Il ne suffit pas d’escamoter le symptôme pour conclure quela maladie est enrayée. C’est tout un travail d’accès à l’égalité sociale qui faitdéfaut. […] Le travail de visibilité des blacks ou des beurs passe par untravail invisible d’éducation et d’émancipation. L’image doit l’accompagner,pas s’y substituer.&amp;nbsp;»&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est pourl’ensemble de ces raisons que s’observe un reflux voire un échec des dispositifsde discrimination positive en politique, à l’exception peut-être du champ de laparité. Mais le temps d’une représentation ouvrière, notamment au sein dugroupe communiste à l’Assemblée, semble par exemple révolu. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;*** &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; page-break-before: always; text-align: justify;"&gt;L'irruption de la discrimination positive en politiqueaboutit ainsi à un paradoxe. Tandis qu'elle met en évidence une nouvelle figurede l'homme politique qui doit ressembler à ceux qu'il représente, les atteintesau principe d'égalité qu'elle implique sont de moins enmoins ressenties comme légitimes. Le paradoxe s’épaissit alors qu’est suggérépar les professeurs Daniel Sabbagh et Jeffrey Rosen, mais également par la CourSuprême américaine dans des décisions de juin 2003, que c’est précisément lavisibilité de ces dispositifs qui nuit à leur efficacité, et qu’il appartientpar suite de les dissimuler&amp;nbsp;et de privilégier des programmes flous etimprécis plutôt que des mesures de quotas et de statistiques.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais unedernière question demeure quant à l’opportunité d’une discrimination positiveen politique imposée par le droit&amp;nbsp;: pourquoi apporter une réponsejuridique, et non pas politique, à une question politique&amp;nbsp;? Parconséquent, l’outil le plus efficace pour des décideurs publics entendantpromouvoir l’intégration de nouvelles catégories n’est-il pas encore des'appliquer ce principe à soi-même ? C’est-à-dire par exemple pour un partipolitique de présenter aux élections législatives des candidats représentatifsde la composition sociale du pays. Pour le député communiste Jean-Paul Lecoq,intervenant dans le cadre d’une récente commission de travail au Conseil del’Europe, «&amp;nbsp;Le chemin est long et ardu vers la voie de l'égalité, mais iln'est pas impraticable. C'est ainsi que se lèveront les barrières mentales, l'exempleinspirant l'exemple.&amp;nbsp;» En faisant preuve d’un optimisme plus nuancé,gageons à tout le moins que les questions de représentativité des gouvernantset de l'égal accès aux fonctions politiques méritent qu'y soit porté attention,et qu'elles continueront à animer le débat public dans les années qui viennent.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-5019076380696938524?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/5019076380696938524/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/10/la-discriminationpositive-en-politique.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/5019076380696938524'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/5019076380696938524'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/10/la-discriminationpositive-en-politique.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-230928208555734078</id><published>2011-09-10T09:15:00.001+02:00</published><updated>2011-09-16T21:21:14.929+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: #d5a6bd; font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Convictions et activité politique&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La formule de Talleyrand : « &lt;i&gt;En politique, il n’y a pas de convictions, il n’y a que des circonstances&lt;/i&gt; » semble illustrer le caractère apolitique de la politique, c’est-à-dire l’absence de convictions présidant aux pratiques politiques sous l’Ancien Régime. C’est cette même forme de politique non partisane qui est observée sous « l’âge des notables ». L’irruption du suffrage universel en 1848 pourrait en ce sens s’analyser comme l’élément déclencheur d’une différenciation de la politique, un révélateur et un moteur de formation de convictions politiques. Le mythe démocratique suppose alors que les convictions précèdent la pratique politique tandis que celle-ci donne le primat au combat idéologique. Ce paradigme démocratique semble toutefois remis en question à l’heure où uniformisation du politique et « cens caché » contestent aux convictions la qualification de critère politique suprême et de moteur de l’activité politique. Comment se forment les convictions et dans quelles mesures influent-elles sur les pratiques politiques ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Durant la période censitaire (1815-1848) se met en place une compétition politique qui se caractérise par sa restriction. Dans un tiers des circonscriptions, il n’y a en effet qu’un seul candidat. Les élus sont essentiellement des notables, c’est pourquoi Eric Phélippeau par exemple qualifie dans &lt;i&gt;La fin des notables revisitée&lt;/i&gt; cette séquence historico-politique d’« âge des notables ». &lt;br /&gt;Il y développe, à travers l’exemple du baron de Mackau, l’idée que l’activité politique n’est à l’origine qu’une des nombreuses activités du notable et qu’elle n’est souvent que secondaire. Le baron de Mackau est le symbole du notable&amp;nbsp; - celui qui possède un statut social lui attribuant une autorité naturelle - qui se convertit à la politique. L’activité politique est le prolongement de leur domination sociale sur leur territoire, le notable étant souvent le principal employeur de la circonscription. Il connaît par ailleurs la plupart de ses électeurs personnellement. Le vote n’est ainsi pas le produit d’une concurrence politique mais le fruit d’un échange contre des biens économiques ou privatifs - un poste, un bien matériel collectif - promis. Les considérations idéologiques sont très rares, le marché électoral relevant plus d’un « mercenariat électoral » que d’un choix politique lié à des convictions. L’âge des notables ou l’ère de la politique apolitique met ainsi en scène non pas une élection compétitive mais une nomination électorale.&lt;br /&gt;Cette période est également marquée par l’absence de toute organisation partisane, ce qui permet aux notables jouissant de réseaux de connaissances dans leurs circonscriptions de maintenir leur monopole de l’offre politique, notamment par le biais des candidatures officielles.&lt;br /&gt;Dans les centres urbains, des changements sont toutefois observés. Les relations personnelles y sont en effet difficiles mettre en œuvre et les opposants parviennent à inverser les règles du jeu. Ils recourent aux journaux et expriment leurs oppositions aux notables en place. Ils parviennent par suite à politiser la compétition. S’enclenche alors un processus de rationalisation et de professionnalisation de la vie politique. Mais la différenciation de la politique n’est elle réellement permise que par l’irruption du suffrage universel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’introduction du suffrage universel en 1848 confirme l’autonomisation du politique. L’offre politique s’idéologise, se différencie et prend un caractère impersonnel. Ces processus n’impliquent cependant pas une mort immédiate des notables - en témoigne le parcours du baron de Mackau - mais plutôt la nécessité pour eux de se reconvertir en « professionnels de la politique », qui vivent, selon la formule de Max Weber, « de et pour la politique ». Le lien clientélaire devient partisan alors même qu’apparaissent les prémices d’un marché politique. A l’échange de services de l’âge des notables, le mythe démocratique substitue le partage de valeurs communes comme les convictions politiques.&lt;br /&gt;Les débuts de la IIIème République voient en effet l’apparition de nouveaux candidats issus des professions libérales - avocats, médecins, journalistes. Ce nouveau personnel politique décrit par Daniel Gaxie dans &lt;i&gt;Homogénéité et hétérogénéité du personnel politique&lt;/i&gt; ne jouit pas des mêmes ressources sociales que les notables et proposent aux électeurs des biens collectifs symboliques, des programmes, des constructions idéologiques ou encore des biens divisibles, comme les mécanismes de protection sociale que l’Etat est susceptible de fournir. Les convictions sont par là placées au cœur de l’activité politique.&lt;br /&gt;L’extension du suffrage met par ailleurs en évidence l’importance des déterminants sociaux dans la formation des convictions politiques. Daniel Gaxie l’illustre dans « Les logiques du recrutement politique », en y analysant la formation des convictions politiques au gré des catégories socioprofessionnelles.&lt;br /&gt;Le rôle des partis politiques apparaît en outre déterminant dès le début du XXème siècle dans la structuration des opinions. Les candidats sont dès lors élus pour des programmes politiques. Ces partis permettent encore de mobiliser une base militante dans le cadre de campagnes électorales et d’initier ainsi les citoyens à la pratique politique. Florence Haegel montre dans &lt;i&gt;Partis politiques et système partisan en France&lt;/i&gt; au travers de l’exemple du Parti communiste français que le déclin partisan n’est pas d’une seule nature idéologique mais peut également être lié à des bouleversements sociologiques ou culturels.&lt;br /&gt;L’évolution récente semble néanmoins remettre en cause la validité du paradigme démocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le vote, outil de socialisation politique, permet la formation de convictions politiques. La mise en place de l’isoloir par une loi de 1913 pourrait s’analyser comme permettant l’émergence d’un vote de conviction. L’objet de l’isoloir et le rite qu’il implique seraient ainsi la métaphore de la prépondérance des convictions dans la participation politique en démocratie. Les convictions politiques étant toutefois, comme nous l’avons vu, soumises à des déterminants sociaux, l’apprentissage du métier d’électeur n’est pas mécaniquement à l’origine de sa socialisation politique. Il existe en d’autres termes une forme de désintérêt pour la politique, duquel procède une inactivité politique, ou à tout le moins une participation politique autonome des convictions, d’autres facteurs expliquant alors leur vote.&lt;br /&gt;Ceci s’explique tout d’abord par un double processus de désidéologisation et de personnalisation la compétition politique. Dans « Deep Pockets. Sur le recrutement ploutocratique du personnel politique aux Etats-Unis », Olivier Ihl soutient l’idée que l’argent est devenu une donnée fondamentale dans les pratiques politiques contemporaines, aux dépens des convictions. Il illustre ce propos par la victoire républicaine aux élections américaines de &lt;i&gt;mid term&lt;/i&gt; de 1994, qui serait une victoire non pas politique mais monétaire.&lt;br /&gt;Cet effacement des convictions dans le cadre des pratiques politiques est également mis en évidence par l’irruption d’un « cens caché » évoqué par Jacques Lagroye dans son Manuel de sociologie politique. Se sentant incompétent face à un univers politique dont ils ne saisissent ni les enjeux ni les codes, une majorité de citoyens renoncerait à exercer une activité politique liée à des convictions. Daniel Gaxie, qui a la paternité de cette thèse, montre dans « Le vote désinvesti » que les facteurs présidant aux pratiques politiques contemporaines sont rarement liés à des questions idéologiques ou partisanes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Si le mythe démocratique succède à l’âge des notables et place les convictions au cœur des pratiques politiques, l’évolution récente semble le remettre en cause. L’écrivain Marcel Aymé avait écrit : « &lt;i&gt;Nous ne choisissons pas plus nos convictions que nous n'avons choisi notre sexe&lt;/i&gt; ». Les convictions politiques demeurent en effet toujours soumises à divers externalités qui entravent l’exercice du libre arbitre par les citoyens devenus électeurs. Marcel Gauchet note à cet égard un paradoxe dans la tendance inverse entre niveau d’éducation des sociétés modernes et participation politique de ses membres. &lt;br /&gt;Les convictions politiques n’impliquent ainsi pas davantage la participation politique que les pratiques politiques ne sont systématiquement guidées par des convictions.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-230928208555734078?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/230928208555734078/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/09/convictions-et-activite-politique-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/230928208555734078'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/230928208555734078'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/09/convictions-et-activite-politique-la.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-2932350060640768487</id><published>2011-09-06T16:22:00.000+02:00</published><updated>2011-09-06T16:22:25.215+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: #bf9000; font-size: x-large;"&gt;Médias et faits divers&lt;b&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: #b45f06; font-size: x-large;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;i&gt;Quand le journalisme devient divertissement&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Val-de-Marne : laissé seul, un enfant de 5 ans victime d’un incendie ». « Fillette noyée à Nice : les trois maîtres-nageurs relâchés ». « La cavale fatale d’un braqueur de 72 ans ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils sont là, partout. Si omniprésents et également imposés au receveur de l’information qu’ils paraissent ordinaires, courants. Meurtres, viols, enlèvements, disparitions, accidents, insécurité, justice : tout y passe sans pudeur ni retenue. Sans davantage de cohérence ou de lien qui les unisse, les faits divers sont en effet regroupés, dans tous les supports d’information, en une catégorie qui les uniformise. Des faits par ailleurs accessoires accèdent par là à l’existence médiatique, donc sociale. Le &lt;i&gt;medium &lt;/i&gt;créerait-il le fait divers qu’il prétend constater ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sont en outre attribués aux faits divers un temps et un espace propres, alors même que les contraintes de l’urgence et de la concision caractérisent de plus en plus l’activité journalistique. Des faits jusque là sans importance se substituent ainsi à d’autres informations plus importantes. Si les journalistes font leur métier, au sens où ils le redéfinissent chaque jour, que fait la « culture du fait divers » au métier de journaliste ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faits divers entendent montrer. Par la force de l’image et de l’évocation, ils décrivent, et c’est leur première difficulté, des évènements extraordinaires de manière quotidienne, donc ordinaire. Il se joue alors une lutte de pouvoir au sein du champ journalistique pour la définition même du fait divers qu’il faut montrer. C’est pourquoi les divers faits que montrent divers médias sont les mêmes. S’opère en effet une surenchère dans la recherche du scoop, de l’« ordinaire extraordinaire », surenchère futile puisque portant sur des faits qui le sont. La surenchère du fait divers a dès lors tôt fait de s’assimiler à une compétition entre médias, parfois obscène, pour montrer ce que l’on ne devrait pas montrer, pour écrire l’indicible, pour aller encore un peu plus loin dans le jeu pervers. Cette surenchère assouvit ses plaisirs en contant de sensationnelles scènes de violence qui, à défaut d’être ordinaires, en sont &lt;i&gt;ordinarisés&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les faits divers saturent ainsi l’information de futilités. Ils accaparent le précieux temps de l’information et recouvrent par là d’une ombre les sujets essentiels au regard de la formation des opinions. S’ils cachent tandis qu’ils font voir, c’est que les faits divers divertissent autant qu’ils font diversion. Le futile chassant l’essentiel, la hiérarchisation de l’information n’apparaît plus comme une fonction du journalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès lors, les faits divers ne sont-ils pas l’antithèse même de l’information ? Ils créent en effet des représentations et des peurs, des groupes et des anxiétés, là où le journalisme prétend constater l’information et la relater. Entrant en conflit avec la hiérarchisation de l’information, ils pèsent sur la formation d’opinions rationnelles en introduisant un biais dans le processus d’appréhension du monde social. Torturant le réel, les faits divers constituent par conséquent une menace, pourtant bien réelle, pour l’exercice par le citoyen de ses prérogatives politiques. La culture du fait divers trouble la conscience citoyenne, elle divertit en même temps qu’elle l’anesthésie. Elle est anti-culture en tant qu’elle éloigne l’individu de la pleine réalisation de ses capacités intellectuelles innées. Elle est dégressive à l’aune de la notion de progrès humain et politique, et elle affaiblit nos velléités de gouvernement démocratique. Elle fait enfin du journalisme un divertissement, une foire, une chasse au &lt;i&gt;scoop&lt;/i&gt;, insignifiante au regard du temps long et des décisions rationnelles que celui-ci impose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plaçant les faits divers au cœur de l’agenda médiatique, et donc politique, le journalisme paraît chaque jour un peu plus comme un symptôme de la société du spectacle. Ne devrait-il pourtant pas en être le remède ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-2932350060640768487?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/2932350060640768487/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/09/medias-et-faits-divers-quand-le.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2932350060640768487'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2932350060640768487'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/09/medias-et-faits-divers-quand-le.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-4794267941940776359</id><published>2011-07-20T18:29:00.004+02:00</published><updated>2011-08-07T22:53:04.072+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="color: #b45f06; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: x-large;"&gt;Aux origines de l’impôt sur le revenu&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Objet de débats et de combats politiques depuis la fin du XIXème siècle, l’impôt sur le revenu a été institué en 1914, et n’a, depuis lors, cessé d’être réformé.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Deux considérations principales se trouvaient à l’appui de sa création, tant en France qu’à l’étranger. Était tout d’abord défendue une conception de la justice fiscale, en résonance avec le lent mouvement de démocratisation des sociétés occidentales. Le coût de la Première guerre mondiale pour les dépenses publiques a, par ailleurs, amené le législateur à rechercher des ressources supplémentaires.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #e06666; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;L’impôt avant 1914&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Jusqu’à la Guerre de Cent Ans, le Roi ne prélève d’impôts des États provinciaux ou généraux que de manière exceptionnelle et doit, selon le proverbe, « vivre du sien ». Mais, entendant raffermir l’autorité du pouvoir monarchique, Charles VII lève, à partir de 1439, des impôts réguliers (à commencer par la taille), et édifie une armée permanente par les Grandes ordonnances de 1445 et 1448. Ces deux monopoles, fiscal et militaire, permettront, pour le sociologue allemand Norbert Elias, la construction de l’État moderne.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La complexité de l’impôt et la pression fiscale n’ont, depuis lors, cessé de croître, engendrant révoltes fiscales, projets de réformes avortés et revendication du droit de consentir à l’impôt. C’est l’incapacité du pouvoir royal à réformer le système fiscal qui le contraint à convoquer, le 1er mai 1789, des États Généraux qui débouchent sur une Révolution. Celle-ci voit le succès, en France, des revendications nées dans les pays anglo-saxons de souveraineté nationale et de consentement à l’impôt (« &lt;i&gt;No taxation without representation&lt;/i&gt; »), non pour l’abolir, mais pour le rendre légitime. La Déclaration des droits du 26 août reconnaît solennellement ce principe de consentement à l’impôt et, déjà, celui d’imposition à proportion des capacités contributives.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le débat sur l’existence de l’impôt étant tranché, celui sur le type d’imposition, qui allait marquer deux siècles d’histoire parlementaire, pouvait débuter.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les principes révolutionnaires, qui sous-tendaient l’abolition des impôts indirects – à l’exception des droits de douane et d’enregistrement – entrainent l’institution de quatre nouvelles contributions : foncière, mobilière, patente (sur le chiffre d’affaire), et la taxe sur les portes et fenêtres. Instituées entre 1790 et 1798, et désignées au XIXème comme les « Quatre vieilles », ces contributions sont des impôts proportionnels et réels qui frappent des choses ou des signes extérieurs de richesse, plutôt que des personnes. Pour les révolutionnaires, acquis aux idées des physiocrates de François Quesnay, l’impôt idéal est en effet un impôt sur le sol, et donc sur la rente.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le XIXème siècle a cependant été le témoin de l’érosion de cet idéal d’imposition directe puisque les taxes et contributions indirectes – et notamment sur la consommation – ont prospéré dès le Consulat. Sont ainsi rétablis les droits sur le tabac, les boissons, le sel et le monopole de l’achat, de la fabrication et de la vente du tabac. L’Empire lègue à la Restauration une fiscalité largement indirecte (les contributions directes assurent 29% des recettes en 1813), protégeant le profit et les grands patrimoines, ainsi qu’une administration extrêmement efficace, qui facilitera les réformes ultérieures.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais les luttes autour de l’impôt ne se tiennent déjà plus entre l’État et la société, mais entre classes sociales, pour définir les contributions de chacune. Si, en Angleterre comme en Allemagne, les conservateurs, au fait du danger révolutionnaire, votent des impôts progressifs pour mieux désarmer l’opposition, ce mouvement est plus lent en France, quoique certains impôts de la fin du siècle annoncent une évolution : l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières de 1872, prélevé à la source et assis sur une très large base (revenus de toute nature provenant d’un capital engagé), rompt avec la logique de l’impôt indiciaire, tandis que l’impôt sur les successions de 1901 est le premier grand impôt progressif.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #e06666; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;1914, la naissance de la redistribution&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Lorsque l’orthodoxe Ministre des finances Joseph Caillaux dépose, le 7 février 1907, devant la Chambre des députés un projet de loi instituant un impôt sur le revenu, la question de cet impôt a déjà un demi-siècle. Posée dès la IIème République, elle devient un serpent de mer de la politique fiscale sous la IIIème. Les radicaux promettent en effet, dès 1869, de soulager une classe ouvrière lourdement frappée par les impôts indirects, et de remplacer les « Quatre vieilles » par un nouvel impôt progressif établi d’après les déclarations de revenu des contribuables. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Alors que la Grande-Bretagne a adopté depuis 1842 un impôt progressif sur les différents revenus de chaque contribuable et que la Prusse se dote dès 1893 d'un impôt progressif sur le revenu de chaque ménage, la grande bourgeoisie française s’y oppose vivement, tant par la voix d'économistes comme Paul Leroy-Beaulieu, de publicistes, notamment dans la prestigieuse Revue des deux mondes, ou de parlementaires comme le député Jules Roche. Ainsi, le Président Adolphe Thiers dénonce-t-il, en 1871 à la tribune de la Chambre « cet impôt de discorde, de partisans, essentiellement arbitraire et atroce ». Des ligues et des associations sont créées pour militer contre l’impôt sur le revenu, tels l'Association de défense des classes moyennes et le Comité central d'études et de défense fiscale, dirigé par l'industriel du textile Robert Carmichaël.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Veillant cependant à ne pas laisser le sentiment de défendre les seuls intérêts des milieux patronaux, ces groupements font surtout campagne sur le thème de l'inquisition fiscale, qu'entraînerait, selon eux, inévitablement, la mise en place des déclarations de revenus, du fait des contrôles nécessaires à la vérification de leur sincérité. Les affiches collées à des milliers d'exemplaires sur les murs de France et diffusées sous forme de cartes postales lors des élections de 1910 et 1914 recherchent le soutien des petits paysans, des commerçants et des artisans dans la lutte contre un projet qui ne les concerne pourtant pas directement.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les tentatives successives des projets Doumer, Cavaignac, puis Waldeck-Rousseau, sont ainsi, jusqu’à celle de Caillaux, vouées à l’échec. Et si la proposition du Ministre des finances est cependant finalement adoptée par la Chambre des députés le 9 mars 1909, elle demeure bloquée par un Sénat conservateur qui représente les agriculteurs et les classes moyennes de l’industrie et du commerce hostiles au projet. Le vote du projet Caillaux au Sénat n’intervient que le 3 juillet 1914, après avoir été largement allégé (le projet d’impôt sur la fortune sera notamment abandonné). La loi de finances, promulguée&amp;nbsp; le 15 juillet par le Président Poincaré, dispose ainsi : « Chaque chef de famille est imposable tant en raison de ses revenus personnels que de ceux de sa femme et des autres membres de la famille qui habitent avec lui ». Cet impôt général sur le revenu est pour la première fois appliqué à partir de l'année 1916 et porte sur les revenus réellement acquis au cours de l'année 1915.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="color: #e06666; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size: large;"&gt;&lt;b&gt;Une nouvelle ressource fiscale pour financer l’effort de guerre&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les importations de matières premières (fer, coton, acier, charbon) pour soutenir l’effort de guerre creusent cependant le déficit de la balance commerciale (7.1 milliards de francs en 1915, 14.4 milliards en 1916 et 21.5 en 1917). Les maigres recettes de l’État, encore peu interventionniste en 1913, s’élèvent alors à 5 milliards, dont 70% proviennent des prélèvements fiscaux. Mais la puissance publique devient, à partir de 1914, un acteur central de l’économie de guerre et ses charges militaires explosent (128 milliards sur toute la guerre). Elle doit, dès lors, s’endetter, mais encore rechercher de nouvelles ressources pour financer cet effort de guerre. Outre les avances de la Banque de France et les ressources tirées de la souscription de bons de la défense nationale, les parlementaires voient alors en l’impôt général sur le revenu une potentielle source de recettes importantes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais lors de sa première application en 1916, ses recettes demeurent limitées, puisqu’il ne frappe que 260 000 contribuables (1.7% des foyers fiscaux), avec un taux marginal supérieur qui ne dépasse guère 2%. C’est pourquoi la loi de finances du 17 juillet 1917 introduit un tournant majeur dans l’histoire de la fiscalité en France, en supprimant les recettes tirées des « Quatre vieilles » du budget de l’État, qui sont cependant maintenues pour les contributions locales au profit des communes et des départements, et réforme l’impôt sur le revenu en établissant une taxation propre des divers revenus, classés en cédules d’imposition, puis une taxation de superposition. Les impôts cédulaires ainsi créés s’ajoutent à l’impôt sur le revenu global progressif et frappent, de manière inégale, les diverses catégories de revenus. Ils sont indépendants et proportionnels. Des taux plus élevés sont appliqués aux revenus provenant du capital, tandis que les revenus du travail sont plus faiblement imposés.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais voté trop tardivement, le rendement de l’impôt sur le revenu est bien faible (des recettes de l’ordre du milliard de francs) pour ralentir l’endettement de l’État. C’est dans cette perspective qu’est alors remis en cause, après la guerre, l’impôt sur le revenu, par divers groupements économiques et patronaux. Cette contestation n’aboutit cependant pas, malgré la composition largement conservatrice de la chambre « bleu horizon » après les élections législatives de novembre 1919. La charge que représente le remboursement de la dette, mais encore le règlement des pensions et les indemnisations des dommages liés à la guerre, amènent même socialistes et radicaux à proposer la mise en place d’un prélèvement extraordinaire sur le capital, frappant les « profiteurs de guerre ». Une hausse considérable de l’impôt sur le revenu est ainsi votée le 25 juin 1920, élevant les taux moyens à des pourcentages à deux chiffres.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;De nombreuses modifications seront apportées à cet impôt, notamment en 1945, pour financer les projets de la première Constituante, ou encore en 1948. Mais l’État, qui était intervenu dans l’économie durant la Grande Guerre, ne s’en désengagera jamais, et les impôts conçus comme provisoires prospéreront pour alimenter de nouvelles dépenses, dont la demande ne cessera d’aller croissante.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-4794267941940776359?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/4794267941940776359/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/07/1914-la-naissance-de-limpot-sur-le.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4794267941940776359'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4794267941940776359'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/07/1914-la-naissance-de-limpot-sur-le.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-6318051007352951849</id><published>2011-07-01T21:35:00.012+02:00</published><updated>2011-07-28T10:35:16.261+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;h3 class="post-title entry-title" style="color: #e06666; font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;Les pauvres assistent les riches&lt;/h3&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;i&gt;La France est un pays d'assistés&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;L'assertion devenue évidence – et slogan électoral – est périodiquement réactivée par une certaine France qui aime à débusquer les responsables de ses malheurs. Elle l'a été, une fois encore, depuis que Laurent Wauquiez, ministre chargé des affaires européennes, ancien élève de Sciences Po puis de l'École nationale d'administration – ce qui en fait donc un fin connaisseur de la complexité de la société française – a dénoncé avec courage les « dérives de l'assistanat », érigé en « cancer de la société française », dans un programme de BFM TV, le 8 mai 2011. Et Le Figaro de reprendre, par l'intermédiaire de Sophie Rousselle, la charge contre les « canapés », bénéficiaires du Revenu de solidarité active, à qui la « droite populaire » voudrait imposer de travailler gratuitement quelques heures par semaine. Une simple forme de contrepartie à la solidarité nationale, en somme, « pour les obliger, eux aussi, à se lever de leur canapé », pour reprendre l'élégante formule de Mme Rousselle.&lt;br /&gt;Quoi de plus logique, dès lors, que les « pauvres », qui bénéficient de l'assistance, rétribuent aussi les « riches » qui, dans leur magnanimité, consentent à l'impôt pour entretenir le système d'assistanat ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Sauf qu'eu égard à la dégressivité du système fiscal français, ce sont aujourd'hui les pauvres qui assistent les riches. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: left;"&gt;Démonstration.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les prélèvements obligatoires peuvent être schématiquement décomposés en quatre grands ensembles (du point de vue du budget d’un ménage, c’est-à-dire indépendamment de la circonstance que l’imposition constitue une recette pour le budget de l’Etat, des collectivités territoriales, ou des caisses de Sécurité sociale) :&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;b&gt;&lt;a href="http://img4.hostingpics.net/pics/2207721.png"&gt;&lt;img alt="" border="0" src="http://img4.hostingpics.net/pics/2207721.png" style="cursor: pointer; display: block; height: 261px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 419px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span style="font-size: 8pt;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;&lt;span style="font-size: 8pt;"&gt;Pour une révolution fiscale&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span style="font-size: 8pt;"&gt;, Camille Landais, Thomas Piketty &amp;amp; Emmanuel Saez, éd. Le Seuil/République des idées, 2011, Paris.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: #7401df;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les&lt;b&gt;&lt;span style="color: #7401df;"&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;cotisations sociales&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="color: black;"&gt; &lt;/span&gt;permettent aux cotisants de bénéficier d'une couverture de santé (maladie, maternité), d'une protection en cas de chômage, de l'allocation familiale et vieillesse. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les&lt;b&gt;&lt;span style="color: #088a08;"&gt; impôts sur la consommation&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;, impôts indirects, représentent une partie du prix d'achat d'un produit, le plus connu étant la TVA (Taxe sur la valeur ajoutée), qui concernent tous les consommateurs à des taux variables (19.6% par principe). Nous pourrions également citer la TIPP (Taxe intérieure pour les produits pétroliers).&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les&lt;span style="color: red;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span style="color: black;"&gt;impôts sur le capital&lt;/span&gt;&lt;span style="color: red;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;ont pour assiette les patrimoines (stocks de biens et de richesses), comprenant la taxe foncière, les flux de patrimoines (droit de mutation entre vifs ou de succession) et pour ceux concernés, l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune).&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les&lt;span style="color: black;"&gt;&lt;/span&gt; principaux prélèvements assis sur le revenu, communément vulgarisés sous le vocable d’« &lt;b&gt;&lt;span style="color: red;"&gt;impôts sur le revenu &lt;/span&gt;&lt;/b&gt;», sont, la CSG (Contribution sociale généralisée collectée pour l’essentiel auprès des employeurs, assise sur les revenus d’activité et de remplacement, ainsi que sur les revenus du patrimoine et les produits de placement) et l'IRPP (Impôt sur le revenu des personnes physiques, qui fait l’objet de la classique et complexe déclaration annuelle).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;L’assiette de cet impôt sur le revenu, au complexe mode de calcul, est cependant percée.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Créé durant la Première guerre mondiale après des années de combat politique (&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal;"&gt;cf&lt;/i&gt; un article à venir sur la naissance de l’IR), l’impôt sur le revenu a, en effet, vu ses recettes s’effondrer au gré de l’instauration de régimes dérogatoires, de sorte qu’elles ne sauraient guère compenser aujourd’hui plus que le poste budgétaire dédié au remboursement des intérêts de la dette (c’est-à-dire 50 milliards d’euros, ou encore 6% du total des prélèvements obligatoires qui s’élèvent à 820 milliards dans le budget pour 2011).&lt;br /&gt;Dès lors, le déclin de l’impôt progressif par excellence – encore accru par la suppression, sous la mandature Villepin (qui se découvre aujourd’hui des accents de redistributeur), de la cinquième tranche d’imposition – symbolise la crise du modèle de redistribution fiscale.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais les autres prélèvements obligatoires ne participent-ils pas également de la redistribution fiscale, prenant alors le relais d’un IR déclinant ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les prélèvements sur la consommation étant proportionnels, et la part de la consommation dans le budget des ménages étant une fonction négative du revenu, ils ne sauraient avoir de fonction redistributrice. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les cotisations sociales sont elles aussi marquées par une très faible progressivité jusqu’au dernier percentile (la population étant répartie en fonction du revenu), puis par une très forte et brutale dégressivité ensuite, de sorte que le percentile de Français au plus fort revenu annuel est sujet à un taux d’imposition plus faible que 98% des ménages.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Seuls les prélèvements sur le capital présentent aujourd’hui une réelle fonction redistributrice, quoique celle-ci ne concerne réellement que le dernier percentile, et qu’elle tend, elle aussi, à être démantelée par divers mécanismes, du feu bouclier fiscal à la réduction de 2,5 milliards des recettes de l’impôt sur la fortune, la moitié des contribuables de l’année 2011 ne payant plus l’impôt à partir de 2012.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: left;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Reste la contribution sociale généralisée. Créée par le gouvernement Rocard en 1990, elle est assise à un taux autour de 8% sur tous les types de revenus et a un produit évalué à 85 milliards d’euros en 2008. La CSG, premier impôt direct devant l’impôt sur le revenu, pourrait donc incarner le renouveau de la redistribution fiscale si à son taux proportionnel était substitué un barème progressif. Mais, bien que reprise dans le programme du Parti socialiste, et appuyée par de nombreux économistes, cette proposition ne correspond guère aux projets de la majorité actuelle.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Voilà donc la structure des prélèvements obligatoires en France. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Français ont fait le choix d'allouer en moyenne un peu moins de 50% de leurs revenus à l’imposition fiscale. Ce choix a permis à notre pays d’approfondir tant son modèle redistributif, que son modèle de protection (retraites, assurance maladie, chômage) et de développement (éducation, recherche...). Il nous procure, au prix de nos efforts, un enviable confort de vie que regrettent amèrement les expatriés. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais voilà également que, depuis Margareth Thatcher, la droite conservatrice tente de nous persuader, avec les mêmes arguments qu’au XIXème siècle, qu’il n’y a pas d’alternative à la baisse des prélèvements obligatoires (pour les plus favorisés, naturellement) et à la remise en cause du modèle redistributif hérité de l’après-guerre. « Marre de payer pour les autres », cette idéologie conservatrice et régressive, qui a aujourd’hui réussi à renverser le paradigme politique, s’est insidieusement ancrée jusque dans les rédactions de grands quotidiens et s’invite chaque jour dans nos foyers à l’heure du diner de famille. &lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais la réalité qu’un esprit intellectuellement honnête et rigoureux décrirait à l’aune d’une observation attentive de la structure des prélèvements obligatoires est d’une tout autre nature.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;En effet, si du premier au cinquantième percentile, le taux d’imposition va croissant de 40% à 47%, de sorte que, contrairement à la vue de l’esprit largement répandue, « tout le monde paie des impôts » (i.e. y compris les travailleurs étrangers), le taux d’imposition est ensuite tout à fait constant jusqu’au dernier percentile (49%). C’est alors pour le dernier percentile que le taux d’imposition chute jusque près de 30%.&lt;br /&gt;Tout se passe dès lors comme si le discours politique professait une vision dogmatique de ce que seraient l’assistanat et le système fiscal, à rebours de la réalité. Oui la France est bien un pays d’assistés, un pays dans lequel un smicard paie, en part de ses revenus, plus d’impôt qu’un millionnaire. Ce sont les pauvres qui assistent les riches, et c’est bien le regretté Jaurès, ardent défenseur de l’impôt progressif, qui se retourne dans sa tombe au Panthéon lorsque le président actuel feint de s’en inspirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Quelle légitimité la majorité actuelle a-t-elle, dès lors, lorsqu’elle désigne ceux que la société exclue comme son cancer et un poids qui expliquerait son déclin ? Cette même majorité a, depuis 2002, laissé la dette doubler en volume et en part du PIB, à mesure que déclinaient les recettes de l’Etat au gré de l'instauration de régimes d’exonérations fiscales et de réductions d’impôts pour les plus favorisés.&lt;br /&gt;La France a-t-elle définitivement renoncé au projet de société qui la fonde, et aux valeurs des Pères fondateurs de 1789 ? La justice fiscale, reconnue par la Déclaration des droits, fait-elle encore partie du corpus idéologique républicain, ou a-t-elle, elle aussi, été balayée par la silencieuse révolution conservatrice ?&lt;br /&gt;Monsieur Wauquiez, vous qui maniez le vocable de « cancer de la société », quand votre maître évoquait déjà, en 2005, sa volonté de « nettoyer » les résidants de certains quartiers « au Kärcher » : que dire des bénéficiaires des cadeaux fiscaux offerts par votre gouvernement, qui représentent une perte de recettes près de deux fois supérieure aux revenus redistribués aux bénéficiaires du Revenu de solidarité active ? Que dire de ces « ultra-riches », dernier percentile de la population française, dont les revenus ont cru de 300% entre 1994 et 2008, quand les salaires de 90% des Français n’ont augmenté que de 7% en valeur nominale – excluant donc l’inflation ?&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Et à ces Français, à vous à qui il peut arriver de reprendre de manière pavlovienne les chiffres et vérités assénés par la majorité et ses relais médiatiques : vous satisfaites-vous d’une société où la redistribution marche à l’envers ? Devons-nous nous résigner à tant d’inégalités, à tant d’injustices dans une société par ailleurs aussi civilisée que la notre, et à tant d’hypocrisie et de malhonnêteté intellectuelle dans ce que l’on appelait jadis, non sans quelque noblesse, le « débat politique » ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Nous ne le croyons pas, et encourageons tous ceux pour qui la vérité, l’honnêteté et la justice ont encore un sens, à s’intéresser au débat fiscal, car le redressement de notre pays ne se produira pas sans une vraie révolution fiscale.&lt;br /&gt;Celle-ci, enfin, ne saurait être portée par la majorité actuelle, car à la justice et à l’intérêt général, elle privilégie le service d’intérêts particuliers.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: center;"&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Desproges avait vu juste. A l'entendre, à la lire, cette « droite populaire », qui fait du Maurras plutôt que du Sartre, nous refile pourtant la nausée et les mains sales. Pourvu qu'une Gauche à nouveau offensive la renvoie au plus vite dans les limbes de l'Histoire, dont elle est issue.&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="right" class="MsoNormal" style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: right;"&gt;&lt;i&gt;Romain Cardon &lt;/i&gt;&amp;amp; &lt;i&gt;Rayan Nezzar&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-6318051007352951849?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/6318051007352951849/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/07/v-behaviorurldefaultvml-o.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6318051007352951849'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6318051007352951849'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/07/v-behaviorurldefaultvml-o.html' title=''/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-4472747244248570364</id><published>2011-05-07T10:37:00.007+02:00</published><updated>2011-07-27T22:47:09.072+02:00</updated><title type='text'>Athènes et la démocratie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;div style="display: inline !important;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: normal;"&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;Athènes est généralement présentée comme le &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;lieu de naissance de la démocratie directe&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;, du 6ème siècle avant notre ère à -338 et la conquête de la cité par Philippe de Macédoine, le père d’Alexandre. Mais &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;quels principes guidaient la structure des institutions athéniennes ?&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="display: inline !important; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="display: inline !important; text-align: justify;"&gt;&lt;div style="display: inline !important;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Tirage au sort et démocratie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Times; font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Bernard Manin décrit dans son ouvrage &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les Principes du Gouvernement représentatif &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;l’économie des institutions athéniennes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les Athéniens y sont décrits comme distinguant les régimes selon le mode de désignation des gouvernants, et comme favorisant un système « démocratique », ne substituant au principe du tirage au sort la pratique de l’élection que de manière marginale, quoique pour des fonctions importantes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;La place du tirage au sort dans les institutions athéniennes serait dès lors le signe de leur attribut démocratique, mais encore de la place du religieux dans la société antique, les dieux qui guident l’issue du tirage au sort lui apposant un sceau de justice. Le bon citoyen athénien doit, dès lors, commander et obéir de manière alternative.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Quoique critiqué par les philosophes, au premier chef desquels Socrate et son élève Platon, comme requérant des citoyens une trop grande implication dans la vie publique, le principe de la participation politique, sœur jumelle de la liberté du citoyen athénien, demeure subordonné au volontariat.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;C'est ainsi qu'à l'&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Ekklesia&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;, assemblée où sont votées les lois à main levée, ne siègent qu'un cinquième des citoyens (près de 6,000 sur un ensemble de 30,000 citoyens Athéniens). La prise de parole y est, en outre, accaparée par une élite d'orateurs, que les Sophistes entendent notamment former. S'y affrontent trois grandes factions, populaire, modérée et aristocrate.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;La &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Boulé&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;, conseil qui prépare l'ordre du jour de l'assemblée, est, lui, composé de 500 citoyens âgés de plus de trente ans, tirés au sort par circonscription (&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;dème&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;). Les historiens s'accordent à considérer qu'eu égard au système du tirage au sort, près de la moitié des citoyens athéniens siègent à la Boulé durant leur vie.&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Election et démocratie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;L'élection est conçue à Athènes comme la technique de désignation de gouvernants dotés de qualités supérieures, postulant inégalités de talent et démocratie hors de tout antagonisme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Si 600 magistrats, qui sont ainsi tirés au sort parmi les citoyens volontaires, exercent pendant un an la fonction d'agent public, une autre centaine est élue parmi l'aristocratie et occupe les fonctions les plus importantes, à la guerre et aux finances. Les conditions d'accès à la magistrature demeurent néanmoins peu restrictives, puisque sont seules vérifiées la tenue des obligations fiscales, militaires et familiales des volontaires. Aucune compétence n'est requise pour s'y présenter, et est seule interdite la sympathie pour des opinions oligarchiques.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Créés au 4ème siècle avant notre ère pour contrôler la cohérence des nouvelles lois et leur insertion dans la hiérarchie des normes, au moment où les lois sont codifiées à Athènes, les &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Nomothète &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;sont eux aussi élus parmi une élite, plus à même de rendre compte d'une compétence juridique et technique.&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Justice et démocratie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Héliastes&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;, juges aux affaires politiques, constituent, quant à eux, 6,000 tirés au sort parmi des citoyens volontaires âgés de plus de la trentaine. Ici encore, nulle compétence particulière n'est requise pour prendre part à la décision publique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les juges ont pourtant un large domaine d'action, et se tiennent notamment comme un garde-fou contre une éventuelle dérive de la démocratie. L'action criminelle en illégalité, qui peut être introduite par tout citoyen, dès lors qu'il n'en abuse pas, leur permet en effet de contrôler la conformité d'une proposition de loi aux principes démocratiques. Diverses sanctions peuvent être décidées à l'issue d'une procédure contradictoire, l'annulation de la proposition, une amende, voire le retrait définitif des droits politiques attachés à la citoyenneté.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les Héliastes peuvent également connaître des trahisons, tentatives de corruption, de coup d'état, ou condamner encore un général ayant connu une défaite militaire.&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Citoyenneté et démocratie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;La liberté athénienne, "liberté des anciens" pour Benjamin Constant, est ainsi conçue comme une libre participation aux affaires publiques. Son principe charpente la structure des institutions athéniennes, qui mêlent savamment principe du tirage au sort et élection pour des positions plus importantes.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Si la religion civique instaure un rapport égal entre les hommes et les dieux de la cité (qui ne sont pas omniscients), les Athéniens ne conçoivent cependant pas l'individu dans son intériorité. C'est pourquoi le reproche souvent adressé à la démocratie athénienne de ne pas concevoir les libertés individuelles – bien qu'offrant une grande liberté des mœurs, par contraste avec Sparte – paraît entaché d'anachronisme.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;La citoyenneté n'est, enfin, pas reconnue à tous les habitants d'Athènes puisque femmes et esclaves en sont exclus. L'esclavage peut même être considéré comme la condition de la démocratie directe à Athènes puisque, n'ayant point d'activités économiques, les citoyens peuvent se consacrer aux affaires de la cité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;L'argument selon lequel le développement du commerce éloignerait les citoyens de la participation politique a par ailleurs été repris par foule d’historiens et philosophes du politique...d'Aristote à Rousseau.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Mais serait-ce à dire que l'idéal athénien de démocratie athénienne serait incompatible avec le monde dont accouchent les révolutions industrielles?&lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal;"&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bibliographie&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Bernard Manin, &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;Les Principes du Gouvernement représentatif&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: Georgia,'Times New Roman',serif;"&gt;, 1995, rééd. Flammarion, coll. « Champs », 1996.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="MsoNormal"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-4472747244248570364?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/4472747244248570364/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/05/athenes-et-la-democratie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4472747244248570364'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4472747244248570364'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2011/05/athenes-et-la-democratie.html' title='Athènes et la démocratie'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-7937526977928337086</id><published>2010-06-13T11:39:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:48:07.607+02:00</updated><title type='text'>Fonctionnalisme et intentionnalisme, de la place des acteurs dans l’histoire</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;   Les termes fonctionnalisme et intentionnalisme désignent deux modèles de pensée historiographique. Le premier fait référence à une vision selon laquelle le contexte historique et l’enchaînement des évènements primeraient sur les volontés des individus tandis que le second met l’accent sur leurs actions comme vecteur de réalisation de l’histoire. Dès lors, les acteurs écrivent-ils l’histoire ou celle-ci s’impose-t-elle à eux ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La fin du positivisme en histoire&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Un fort courant positiviste a marqué les sciences sociales à la fin du XIXème siècle. Il aura notamment inspiré Auguste Comte en philosophie, Emile Durkheim et son paradigme holistique en sociologie (la société s’impose aux individus) ou encore Leopold von Ranke en histoire qui prétendait pouvoir relater l’histoire « telle qu’elle s’est réellement déroulée ». Cette tradition empiriste entendait en effet pouvoir saisir le réel en sciences sociales (le fait historique pour l’histoire) et l’imposer au savant dans une interprétation universelle.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais toute histoire comporte un moment interprétatif. L’historiographie serait en effet ce discours visant à rendre compte du passé en lui donnant un sens, à mettre en relation des faits historiques isolés et choisis au sein du « magma de l’empirie » (Max Weber). Dès lors, aucune histoire ne se résume à une simple énumération d’évènements. L’enjeu de l’historiographie réside ainsi dans la manière dont ces mêmes évènements sont agencés par l’historien.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L’approche intentionnaliste, les acteurs au centre de l’histoire&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La vision intentionnaliste ou actionnaliste (en sociologie) de l’histoire tend à présenter celle-ci comme le résultat de la volonté des individus. Pour l’actionnalisme, les valeurs d’une société sont créées par l’action sociale, les mouvements sociaux. Cette tradition est donc éminemment volontariste.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’existentialisme de Jean-Paul Sartre aura en outre pu être considéré dans une relation de filiation intellectuelle par rapport à l’intentionnalisme des sciences sociales. Il s’attachait en effet à démontrer la primauté de la volonté et de la liberté de l’individu tant dans la réalisation de sa propre histoire que de l’histoire collective.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Max Weber, fondateur du paradigme intentionnaliste en sociologie, employait lui des ideaux-types d’individus (le curé, l’instituteur, l’élu, etc) intégrant l’ensemble des enjeux de la communauté qu’ils représentent et dont les actions structurent l’évolution de la société, l’histoire au sens large. Weber considérait néanmoins que si l’historien devait placer la volonté des acteurs au centre de sa réflexion, l’histoire n’est pas toujours le résultat de ces actions. Il préfigurait par là le mouvement fonctionnaliste qui remet largement en cause cette vision de l’historiographie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L’approche fonctionnaliste, les acteurs marionnettes de l’histoire&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;D’abord née en sociologie (Talcott Parsons ou Robert K. Merton), le fonctionnalisme appréhende les sociétés à partir des institutions assurant leur stabilité et structurant les comportements individuels aux travers de rôles et de statuts. Karl Marx l’appliquant à l’histoire pouvait écrire : « Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, ils la font dans des conditions héritées du passé. La tradition de toutes les générations pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il s’agit dès lors non pas de nier complètement la place des volontés individuelles dans la réalisation de l’histoire mais de la marginaliser et de donner le primât aux variables lourdes que sont les structures sociales.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Pour Anthony Giddens, « les propriétés structurelles des systèmes sociaux sont à la fois des conditions et des résultats des activités accomplies par les agents qui font partie de ces systèmes ». L’histoire serait donc construite dans un processus circulaire, le produit de l'action structurée devenant un élément structurant du système et de l'action. Le structuralisme de Giddens réconcilie intentionnalisme et fonctionnalisme en ce que les structures sociales y sont regardées comme une résistance à la volonté des individus.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La querelle des historiens&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cette dialectique entre fonctionnalisme et intentionnalisme a notamment été mise à nue en histoire à l’occasion de la « querelle des historiens » sur le nazisme et plus précisément sur la place de la volonté d’Hitler dans le processus d’extermination.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Une école programmatiste s’appuie sur les écrits d’Hitler (Mein Kampf, 1924 mais également le second tome rédigé en 1928 et dédié à la politique étrangère mais jamais publié) et conçoit le nazisme comme le réalisation méthodique de plans conçus de longue date (Andreas Hillgruber, « ‘Die Endlösung’ und das deutsche Ostimperium als Kernstück des rassenideologische Programms des Nationsozialismus », 1972 ou Eberhard Jäckel, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hitlers Weltanschauung&lt;/span&gt;, 1969).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Une école structuraliste explique par contraste moins l’histoire du nazisme par les actes et la volonté d’Hitler que par le mode de fonctionnement des institutions et de la bureaucratie allemandes. La politique hitlérienne n’aurait pas eu la cohérence qu’on lui prête souvent. Au contraire, la multiplication des centres de pouvoir, la liberté tirée par les dirigeants du Fürhrerprinzip et les luttes d’influence retireraient toute rationalité au régime nazi (Hans Mommsen, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Auschwitz, 17. Juli 1942. Der Weg zur europäischen ‘Endlösung der Judenfrage’&lt;/span&gt;, 2002).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’une et l’autre approche comportent une dimension éminemment politique. Postuler d’une lecture fonctionnaliste de l’histoire du nazisme, n’est-ce pas atténuer la responsabilité des dirigeants nazis et de la population allemande ? Flanquer le régime nazi des attributs du diable mettant en œuvre une politique méthodiquement programmée, ne revient-il pas à déresponsabiliser notre mémoire collective en légitimant un discours qui déshumaniserait le nazisme et ferait du génocide un évènement historique « qui ne saurait se reproduire » ? (occultant par là des drames contemporains comme les massacres au Timor oriental, le génocide en Yougoslavie ou encore les évènements du Darfour)&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’historien Ian Kershaw, éminent professeur à l’université de Sheffield et auteur d’une bibliographie d’Hitler (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Hitler&lt;/span&gt;, 1999) tente dans ses travaux de concilier les deux approches en considérant que si l’idéologie nazie a participé à construire l’idée d’une extermination de masse des indésirables du régime, ce sont les circonstances historiques qui ont permis la réalisation de cet agenda.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Sujet incontournable de l’historiographie contemporaine, la querelle entre fonctionnalisme et intentionnalisme et son implication dans le débat sur le nazisme demeure en tout état de cause d’une actualité confondante.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-7937526977928337086?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/7937526977928337086/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/06/fonctionnalisme-et-intentionnalisme-ou.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7937526977928337086'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7937526977928337086'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/06/fonctionnalisme-et-intentionnalisme-ou.html' title='Fonctionnalisme et intentionnalisme, de la place des acteurs dans l’histoire'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-2619371618984101278</id><published>2010-06-11T19:07:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:48:40.590+02:00</updated><title type='text'>Introduction à la géopolitique du football</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;     La coupe du monde de football qui se tient cet été en Afrique du sud est l’évènement sportif le plus suivi au monde, devant les Jeux olympiques. Le football devient ainsi de facto une tribune politique. Il est par ailleurs souvent allégué à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) d’avoir un pouvoir d’influence supérieur aux Nations Unies. Mais qu’en est-il réellement ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La Coupe du monde, tribune politique&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Un simple regard jeté sur la liste des qualifiés pour le Mondial 2010 suffit à rendre compte de sa dimension éminemment politique. La Corée du Nord fait en effet partie de l’aventure. La coupe du monde de football devient dès lors&lt;span style="font-size: 12pt;"&gt; &lt;/span&gt; le seul espace qui saurait voir ce plus vieux vestige du stalinisme intégré au concert des nations. C’est également le seul évènement auquel les deux Corée prennent part, l’ensemble donnant un sentiment de mutuelle reconnaissance.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Dans le même ordre d’idée, l’Iran était elle qualifiée pour le Mondial 1998 en France.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le football participe dès lors d’une tribune politique puisqu’il offre une exposition et une forme de reconnaissance internationale à des pays traditionnellement exclus de la scène mondiale. Cette fenêtre sur le monde leur permet encore d’exister sur le plan médiatique, fût-ce le simple temps d’une Coupe du monde.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cette tribune peut également être utilisée à des fins de propagande. C’était notamment le cas de l’Italie fasciste au Mondial 1934 ou encore de l’Algérie qui avait crée une équipe de football en 1957, cinq ans avant l’indépendance formelle du pays. Enfin, la participation de la Turquie à l’Euro de football pourrait également s’analyser comme une forme de revendication politique.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Football et construction d’un nationalisme&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le football, opium du peuple ? Si Marx pouvait affirmait que la religion était « l’opium du peuple », faut-il assimiler le football à une religion ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il apparaît certes que le rôle du football dans l’intégration de populations à la communauté nationale demeure prépondérant. L’exemple de la naissance d’un sentiment national chez les populations immigrées françaises autour d’idoles (Raymond Kopa, Gusti Jordan, Ben Barek, Michel Platini, Zinédine Zidane) est à cet égard flagrant.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais le football et notamment l’exposition que représente la participation à une Coupe du monde peuvent encore permettre de créer et de légitimer un nationalisme. C’est notamment le cas de pays neufs comme la Slovénie (qui participe en 2010 à sa seconde coupe du monde) pour qui cet évènement représente un élément fondateur de la culture nationale permettant de réunir une communauté autour du football.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les gouvernants des nations qualifiées ne s’y trompent d’ailleurs pas et soutiennent leur équipe, sachant le profit politique qu’il pourrait tirer d’un éventuel succès.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le football est également apparu comme un instrument de pacification sociale en Amérique latine où les dictatures militaires ont su profiter des succès de l’équipe nationale de football pour asseoir leur domination politique (junte militaire argentine avec la victoire de 1978 ou Brésil avec la victoire de 1970).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La Coupe du monde de football est enfin l’évènement le plus suivi dans le monde. Si 5 milliards de téléspectateurs cumulés avaient assisté aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, ils étaient 26 milliards pour le Mondial 2006 en Allemagne et les prévisions tablent sur plus de 30 milliards pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud. 265 millions d’individus jouent au football dans le monde. Plus qu’une religion, le football marque par son universalité qui ne fait qu’accroître sa dimension politique.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le football, élément de fierté nationale&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les tensions entre nationalismes sont ainsi mises à nues et exacerbées par le football. C’était par exemple le cas à l’occasion de la « guerre du football » qui a opposé le Honduras au Salvador en 1969. Luttant pour une place au Mondial 1970, le Honduras avait battu le Salvador à domicile le 8 juin 1969. La préparation des joueurs salvadoriens avait cependant été très perturbée par des manifestations de supporters locaux. La défaite est vécue comme une telle offense au Salvador qu’une jeune supportrice, Amelia Bolanios, se suicide, n’ayant « pas supporté que [sa] patrie soit mise à genoux ». Elle aura droit à des obsèques nationales retransmises en direct à la télévision en présence du Président de la République, du gouvernement et de l’équipe nationale de football. La semaine suivante et à l’occasion du match retour, ce sont les joueurs honduriens qui sont perturbés par les supporters salvadoriens qui les prennent pour cible sur le chemin d’un stade dans lequel ils s’inclinent 3-0. Deux supporters honduriens trouvent la mort dans des affrontements avec des supporters adverses. Le match d’appui organisé à Mexico voit la victoire du Salvador. C’est le lendemain que l’armée salvadorienne lance une attaque aérienne contre la base aérienne de Tégucigalpa, déclenchant la « guerre du football » qui dure quatre jours et ne s’achève que lorsque l’Organisation des Etats américains obtient le retrait des troupes salvadoriennes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Une telle escalade diplomatique a également été crainte l’année dernière avant d’être écartée à l’occasion de l’affrontement entre l’Algérie et l’Egypte pour une place au Mondial en Afrique du Sud.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L’influence de la multinationale FIFA&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La Fédération Internationale de football peut par ailleurs sembler plus influente que les Nations Unies puisqu’elle a su réussir ce que ces dernières s’étaient révélées incapables de faire : résoudre des tensions, des crises ou des conflits de basse intensité. Elle avait par exemple réussi à faire se réconcilier le Japon et la Corée du Sud à l’occasion de l’organisation commune du Mondial 2002. La FIFA joue dès lors un rôle dans la régulation des relations internationales.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Par ailleurs, si plusieurs Etats du « Sud » revendiquent depuis plusieurs années une plus grande influence au sein d’une Organisation des Nations Unies qui leur apparaît cadenassée par le droit de veto accordé aux cinq vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, le mode de fonctionnement des institutions de la FIFA est par contraste bien plus pluraliste. Celles-ci semblent en effet plus universelles (la FIFA reconnaît 205 Etats dont par exemple l’Iraq ou la Palestine contre 198 Etats pour l’ONU) et plus égalitaires. Dès lors, certains pays n’existent et ne peuvent se faire entendre que grâce au football.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est pourquoi les sanctions prononcées par la FIFA peuvent être tout aussi dramatiques pour un pays que celles que peut prononcer l’ONU. L’exclusion d’un pays des compétitions internationales correspondrait en effet à une exclusion des regards du monde entier. La FIFA est ainsi un acteur de droit international public à l’influence extrêmement forte.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais la FIFA est aussi un acteur économique important puisqu’elle va réaliser un bénéfice de plus d’un milliard de dollars cette année. Cette puissance économique est en constante et exponentielle croissance puisque si les droits d’image dont elle bénéficiait durant le Mondial 1990 en Italie s’élevaient à 60 millions de dollars, ils s’élèvent pour le Mondial 2010 à plus de 900 millions.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le processus de globalisation est enfin entretenu par la FIFA qui entend céder ses droits de marketing aux compagnies les plus généreuses financièrement. C’est ainsi que la bière officielle du Mondial 2010 est la bière américaine Budweiser et non pas la célèbre bière sud-africaine Miller. La FIFA permet ainsi à ses partenaires économiques d’investir des marchés par le biais des évènements qu’elle organise.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;On peut toutefois s’interroger sur le bénéfice qu’en retirent les populations locales. Quelles retombées les Sud-africains, citoyens d’un pays où le taux de chômage s’élève à plus de 30% et où 40% des actifs sont obligés de trouver un deuxième travail, pourraient-ils en effet attendre du Mondial 2010 ? La réponse demeure plus qu’incertaine.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-2619371618984101278?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/2619371618984101278/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/06/introduction-la-geopolitique-du.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2619371618984101278'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2619371618984101278'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/06/introduction-la-geopolitique-du.html' title='Introduction à la géopolitique du football'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-3879672182191960794</id><published>2010-05-29T22:01:00.002+02:00</published><updated>2011-07-27T22:33:42.321+02:00</updated><title type='text'>Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 5)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chapitre 5 : La Grande-Bretagne, ‘communauté de communautés’ ? (II)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les comportements d’intégration urbaine renseignent notamment quant à cette dynamique communautariste. Le Professeur de science politique à l’université de Birmingham Gurharpal Singh a ainsi étudié le « modèle de Leicester » (« Multiculturalism in Contemporary Britain:&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Reflections on the ‘Leicester Model’ », 2003), ville industrielle du nord de l’Angleterre qui apparaît comme l’objet d’étude idoine sur le thème du multiculturalisme. Gouvernée depuis une vingtaine d’années par un Labour qui affirme l’avoir transformée en « avant-garde d’un civisme européen multiculturaliste », Leicester est observée dans cette étude sous l’angle de l’intégration politique, urbaine et économique des différentes communautés qui la composent ainsi que le degré de cohésion qui les caractérise.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les comportements d’intégration urbaine semblent toutefois inégaux selon les communautés considérées. Ainsi, si l’immigration issue de Chine, d’Ouganda ou du Kenya est essentiellement composée d’individus élevés socialement qui intègrent la classe moyenne anglaise et ont une certaine propension à se répartir sur le territoire britannique, celle issue du Bangladesh apparaît par contraste comme moins élevée socialement et plus sensible à des phénomènes de regroupement urbain communautaire. Ainsi, les 174,900 londoniens originaires du Bangladesh (« British Bangladeshi ») se concentrent de manière très marquée dans des quartiers de l’est de la capitale, et notamment dans le Tower Hamlets où ils représentent 30.5% de la population . Par contraste, si certaines tendances de regroupement urbain communautaire peuvent marquer des fractions de la communauté irlandaise à Londres, l’essentiel des Irlandais vivant dans la capitale anglaise y est réparti de manière assez homogène.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;D’autres pistes ont été proposées par divers experts, notamment après les émeutes de 1981, puis de 2001 et des attentats de 2005, pour surmonter les obstacles sur lesquels buterait l’intégration des communautés à une communauté nationale. Pour Ted Cantle, l’auteur d’une de ces enquêtes, c’est à l’école qu’il faut inventer des solutions : « la question de l'absence de mixité raciale dans les écoles d'État apparaît préoccupante ». La ségrégation n’y ferait en effet que croître, encouragée par le développement d’écoles religieuses, privées ou subventionnées par l’Etat. La création de valeurs communes semble également indispensable, car « [la société britannique] est confrontée aux effets de la mondialisation, c'est-à-dire à l'intrusion d'idéologies extrémistes concurrentes, qui proposent aux communautés une alternative à nos valeurs démocratiques ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais comment définir ce britishness et quelles valeurs l’identité nationale britannique doit-elle recouvrir ? Suffit-il au gouvernement britannique d’affirmer, comme l’a fait Gordon Brown dans son discours du 14 janvier 2006, que « la Grande-Bretagne a quelque chose à dire au monde, [qu’]elle a une identité qui s’articule essentiellement autour de valeurs comme la démocratie et la liberté » ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’intellectuel Sunder Kapwal et membre du think-tank de centre-gauche Fabian Society préconise lui la rédaction d’une Constitution visant à « préciser les relations entre l’Etat et la religion, et de formuler les limites qui sont posées à la liberté religieuse ». Cet acte fondateur d’une société britannique multi-ethnique permettrait selon lui de surmonter les contradictions entre multiculturalisme, tolérance et communautarisme, en même temps que de réaffirmer les valeurs démocratiques en de définir enfin la nation britannique dans sa relation à l’Europe et au reste du monde. Les Conservateurs rejettent néanmoins telle hypothèse en ce qu’elle occulterait la réelle question à laquelle serait confrontée la Grande-Bretagne, au même titre que d’autres pays occidentaux, celle l’islam et son européanisation.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-3879672182191960794?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/3879672182191960794/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_1336.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/3879672182191960794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/3879672182191960794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_1336.html' title='Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 5)'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-6465932275189810725</id><published>2010-05-29T22:00:00.004+02:00</published><updated>2011-07-27T22:34:11.108+02:00</updated><title type='text'>Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 3)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chapitre 3 : L’anti-racisme du New Labour, prémisses d’une politique multiculturaliste à l’échelle nationale&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La tradition assimilatrice britannique trouve un écho dans le British Nationality Act de 1948 qui permettait aux 800 millions de sujets britanniques à travers l’empire colonial de venir vivre et travailler en métropole sans même avoir besoin d’un visa. Par contraste avec l’intense débat contemporain sur la gestion des flux migratoires, peu de parlementaires pensaient à ce moment que des citoyens de l’Empire voudraient résider au Royaume-Uni. Bien que presque entièrement révisée en 1981, cette législation adoptée sans grande controverse au sortir de la guerre et au lendemain de l’indépendance de l’Inde témoigne de la tradition assimilatrice britannique qui se traduit aujourd’hui par diverses initiatives publiques de reconnaissance et de gestion de la multiculturalité.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Des mouvements en faveur de politiques multiculturalistes et de tolérance travaillent en effet les sociétés, notamment anglo-saxonnes (Canada, Australie, Etats-Unis, Royaume-Uni mais aussi Allemagne), depuis les années 1970. De telles politiques ont ainsi été menées au Royaume-Uni par des administrations locales à partir des années 1970, puis au niveau national depuis l'arrivée au pouvoir New Labour de Tony Blair en 1997. C’est durant son premier mandat que le Premier ministre travailliste jeta les bases d’une politique nationale de gestion de la multiculturalité de la société britannique.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les premiers actes de la nouvelle majorité travailliste consistèrent à mener une lutte contre le racisme, ce qui se traduisit essentiellement par des législations très protectrices des libertés.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’Human Rights Act rendaient en 1998 ainsi invocables en droit interne les normes de la Convention de sauvegarde des libertés et droit fondamentales. En 1999 fut publié le rapport d’enquête sur la mort de l’adolescent londonien noir Stephen Lawrence assassiné en 1993. Ce « Rapport Macpherson » recommandait notamment un plus grand contrôle public de la police et l’extension des infractions considérées comme racistes. Le gouvernement britannique réagit rapidement en légiférant. La loi de 2000 sur les relations interraciales (Race Relations Act (Amendement)) venait en effet renforcer la loi de 1976  en érigeant en infraction les actes discriminatoires dans l’exercice de toutes les fonctions de l’autorité publique, y compris la fonction de police. Un règlement de 2003 élargit lui le champ de la définition de la discrimination indirecte et transféra la charge de la preuve de la victime à l’auteur présumé de l’infraction.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le gouvernement travailliste adopta enfin un « plan d’action national contre le racisme » visant à combattre le « racisme institutionnel » défini par le Rapport Macpherson comme « l’échec collectif d’une organisation à fournir un service professionnel et approprié à certaines personnes, du fait de leur couleur, de leur culture ou de leur origine ethnique. Il se manifeste dans des processus, des attitudes et des comportements qui relèvent de la discrimination et se fondent sur l’ignorance, le manque de considération, des préjugés latents ou des stéréotypes racistes qui défavorisent les membres de minorités ethniques. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il a par ailleurs souvent été allégué à la Grande-Bretagne, largement à tort, d’avoir une législation équivalente à l’affirmative action américaine, c’est-à-dire des dispositions visant à discriminer positivement des minorités ethniques. Si une telle politique peut se justifier en tant que compensation outre-Atlantique dans un pays marqué historiquement par l’apartheid, elle n’a que très peu d’audience en Europe. La législation britannique frappe d’illégalité toute discrimination notamment devant l’emploi en faveur d’une minorité. En revanche, la politique multiculturaliste et anti-raciste du gouvernement britannique vise à encourager l’accès à l’emploi de ces minorités discriminées par un racisme institutionnel. C’est ainsi que le Good Friday Agreement de 1998 requiert par exemple que les services de police d’Irlande du Nord recrutent Catholiques et Protestants à nombre égal alors que ces derniers étaient auparavant très peu nombreux. Le Sex Discrimination (Election Candidates) Act de 2002 permet lui aux partis britanniques d’employer la technique des All-women shortlists censée permettre la promotion d’un plus grand nombre de femmes au Parlement (seul le Labour l’emploie en réalité). L’Equality Act de 2010 codifie enfin un ensemble de lois et de règlements anti-discriminatoires (essentiellement l’Equal Pay Act de 1970, le Sex Discrimination Act de 1975, le Race Relations Act de 1976 et le Disability Discrimination Act de 1995). Ayant les mêmes ambitions que le Civil Rights Act américain de 1964, cette nouvelle loi pose le principe d’égal accès à l’emploi (tant dans le secteur privé que dans le secteur public) indépendamment des conditions de genre, de race, d’orientation sexuelle, de croyance, de validité et d’âge.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-6465932275189810725?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/6465932275189810725/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_8514.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6465932275189810725'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6465932275189810725'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_8514.html' title='Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 3)'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-4434793601134474736</id><published>2010-05-29T22:00:00.003+02:00</published><updated>2011-07-27T22:33:59.595+02:00</updated><title type='text'>Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 4)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chapitre 4 : La Grande-Bretagne, ‘communauté de communautés’ ? (I)&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Charles Taylor met toutefois en garde contre les écueils d'une politique multiculturaliste qui résideraient selon lui dans une tentation de communautarisme ou de repli relatif. La société multiculturelle est en effet confrontée à la recherche d’un équilibre entre reconnaissance des particularismes et affirmation d’une identité commune. Dès lors, la démocratie multiculturelle doit-elle privilégier la culture qui la fonde ou s'accommoder de toutes ? Quelle réponse formuler ainsi par exemple à la question du port de signes religieux dans l’espace public ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Taylor entreprend dans Sources of the Self (1992) une étude mêlant philosophie et histoire sur le « moi » occidental à travers les diverses configurations dont il fait l'objet à l'époque moderne. Cette enquête sur la modernité, avec ce qu'elle comporte de conflictualité, porte notamment sur l'éclatement des identités à travers le « processus de sécularisation » (ou plus largement, le « désenchantement du monde » évoqué par le sociologue Max Weber) ou encore la multiplication des discours moraux.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cette hétérogénéité apparaît pourtant pour Taylor comme constitutive d'une identité. Il conteste ainsi pour part la vision « post-moderne » qui appréhende le monde contemporain sous l'angle d'un épuisement des discours de légitimation ou idéologies (Francis Fukuyama et son concept de « fin de l'Histoire » par exemple). La crise de légitimation que Taylor reconnaît néanmoins entraînerait un passage d'une conciliation des identités à travers l'idéologie à une exigence de reconnaissance intersubjective des identités. Dès lors, toute société fait face tant à la question de la reconnaissance pour légitimer les conduites et leur donner un sens pourtant constamment renouvelé qu'à celle de l'universalisme. Et c’est précisément dans les sociétés multiculturelles comme la Grande-Bretagne que la résolution de telles contradictions semble la plus périlleuse.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Face à la tentation communautariste ou de repli relatif que pourrait porter une politique multiculturaliste, Charles Taylor défend enfin l'universalisme, malgré toutes les contradictions qu'il porte. L'individu moderne devrait échapper au « piège de l'hédonisme qui fabrique des différenciations tribales » sans véritable « originalisation », tandis que peuples, nations ou communautés ont à éviter l'écueil du repli identitaire tout en conservant et en développant leur originalité.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cet écueil communautariste du modèle multiculturaliste auquel le Rapport Parekh fait également référence aura notamment été mis en lumière par les émeutes de villes industrielles du nord de l’Angleterre (et notamment à Bradford) en 2001 . Ces émeutes raciales qui ont éclaté en mai à Oldham, en juin à Burnley et en juillet à Bradford ont opposé des ligues anti-nazies et des groupuscules nationalistes comme le National Front. Elles ont notamment mis au premier plan les tensions entre communautés dans des cités ouvrières où les Blancs sont majoritaires. Elles ont également été suivies d’un important débat sur l’efficacité des politiques publiques menées en matière de diversité raciale et ethnique. Si cette problématique n’a eu qu’une faible importance dans la campagne des élections générales de juin 2001, elle a depuis réussi à occuper une part de plus en plus croissante dans le débat académique mais également public.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-4434793601134474736?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/4434793601134474736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_3340.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4434793601134474736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4434793601134474736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_3340.html' title='Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 4)'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-7685506104760341075</id><published>2010-05-29T21:59:00.004+02:00</published><updated>2011-07-27T22:43:29.293+02:00</updated><title type='text'>Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 1)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le multiculturalisme en Grande-Bretagne&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coexistence et accommodation mutuelle d'une identité nationale et d'identités communautaires au pays de la citoyenneté démocratique&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chapitre 1 : Introduction&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;« Nous devons nous assurer que ce qui nous unit soit plus fort que ce qui nous divise ». La formule employée en 2006 par l'ancienne Secrétaire aux Communautés Ruth Kelly met en lumière un débat  qui traverse la Grande-Bretagne contemporaine et qui interroge quant aux limites d'un modèle multiculturel dont elle faisait son orgueil depuis quatre décennies.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ce malaise de la société britannique est attribué à une conjonction de facteurs liés notamment au climat né des attentats du 11 septembre 2001 à New York et du 7 juillet 2005 à Londres, à la crise économique ou encore à la récente poussée électorale du xénophobe British National Party. Les sondages soulignant notamment que 81% des musulmans britanniques définissent leur nationalité sur des critères prioritairement religieux (tandis qu'ils sont 46% en France) auront achevé de convaincre les élites politiques : le modèle de multiculturalisme et de citoyenneté démocratique britannique appelle à redéfinition.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il appartient au préalable de préciser ce que l'on entend par multiculturalisme en invoquant notamment son contraste avec la notion de multiculturalité de fait d'une société. Celle-ci ferait tout particulièrement référence à la « coexistence, au sein d'un même groupe étatique, de plusieurs segments de population se différenciant par la pratique d'une langue ou d'une religion autres que celles du groupe majoritaire, ou encore par la référence à une filiation historique ou à une 'identité culturelle' spécifique ». Le multiculturalisme désignerait lui plus qu’un simple « fait social » (Catherine Audard) mais essentiellement une forme de « gestion politique de la multiculturalité, à savoir la reconnaissance institutionnelle de la nature multi-culturelle de la société en question et l'inscription conséquente de mesures législatives visant à préserver les droits culturels de chacun des groupes en présence, et notamment des groupes culturels minoritaires » (Isabelle Taboada Leonetti, chargée de recherche au CNRS, dans la sixième édition des Cahiers de l'URMIS).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;De fait, à cette dualité sémantique de la langue française s'oppose l'unicité linguistique anglaise qui ne retient que le terme quasi générique de multiculturalism. Dès lors, une part de l'enjeu du débat réside dans la définition placée sous ce terme de « multiculturalisme », entre la simple coexistence de fait de communautés différentes et leur gestion assumée par des politiques publiques. Le concept de multiculturalisme renvoie encore pour Ruth Lea, directrice du Centre for Policy Studies, un think tank de centre-droit, à deux visions de l'organisation sociale. L'une consiste à défendre l'idée selon laquelle toutes les cultures ont le droit d'exister et qu'elles ne sauraient être hiérarchisées. Trevor Phillips, président de la Commission pour les égalités et les droits de l’homme considère lui cette vision comme destructrice en ce qu'elle ne permettrait pas le maintien d'une cohésion sociale et participerait d'un nivellement des valeurs. La seconde vision tend à promouvoir la définition des règles de vie et des valeurs communes regroupées sous le label de britishness (« britannicité ») et visant à faire coexister de manière pacifique les diverses communautés culturelles. Cette notion de britishness recouvrerait encore une bonne connaissance et un respect des « traditions britanniques » comme la pratique de la langue anglaise.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La lutte de définition entre les tenants d'une compatibilité entre britishness et multiculturalisme et ceux qui placent l'adhésion aux valeurs du pacte national au centre de la citoyenneté renseigne quant à l’ampleur de la crise que traverse le multiculturalisme britannique et semble en outre recouvrir le clivage politique entre progressistes et conservateurs.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Comment la conception britannique de multiculturalisme entend-elle faire coexister identité nationale et identités communautaires ?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-7685506104760341075?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/7685506104760341075/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7685506104760341075'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7685506104760341075'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne.html' title='Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 1)'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-274855250983368488</id><published>2010-05-29T21:59:00.003+02:00</published><updated>2011-07-27T22:38:28.610+02:00</updated><title type='text'>Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 2)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Chapitre 2 : L’émergence de la notion de multiculturalisme&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Pour le professeur de sociologie à l’université de Bristol, Tariq Modood, « les années 1960 furent propices à affirmer le caractère singulier de l’humanité » (Multiculturalism : a civic idea, 2007). Le nazisme, qui avait entendu diviser l’humanité en races, venait en effet d’être vaincu tandis que divers mouvements anti-racistes étaient en marche. Aux Etats-Unis, le mouvement des droits civiques visait à déconstruire la philosophie raciale, et par la même, à promouvoir un modèle de société où la citoyenneté est ouverte à toutes les communautés. Partant, ces communautés y étaient alors encouragées à affirmer leurs particularismes, l’appartenance de groupe devenant un élément essentiel et légitime de construction de la citoyenneté. Les Afro-américains développèrent ainsi une histoire propre et commencèrent à s’organiser politiquement, tandis que féministes et homosexuels se mobilisèrent également. Dès lors qu’aux Etats-Unis, droits et citoyenneté avaient vocation à être universels, les revendications de groupe, qui prennent notamment corps dans des idées comme la reconnaissance des droits civiques pour les Afro-américains, la nouvelle place de la femme dans la société ou encore les droits des homosexuels, tendent à devenir la pierre angulaire d’une politique progressiste. Tariq Modood évoque à ce sujet le terme de « politique des identités » qui consisterait à permettre aux individus de demeurer fidèles à leurs identités communautaires tout en exigeant des autres la reconnaissance de cette identité.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le terme de multiculturalisme recouvre néanmoins une réalité plus restreinte au Royaume-Uni. L’émergence d’une société multiculturelle y est associée non pas à des mobilisations politiques mais de manière plus fondamentale, à des mouvements de populations (et spécifiquement, l’immigration de populations non blanches dans un pays majoritairement blanc). Dès lors, l’idée britannique de multiculturalisme, cette reconnaissance des différences entre groupes tant par la sphère publique, le discours politique que par les termes mêmes de la citoyenneté et de l’identité, fait référence à une réalité plus ciblée que dans le modèle américain. Elle s’attache notamment à s’accommoder des conséquences des processus d’immigration et des luttes menées par les groupes minoritaires. En outre, cette notion de multiculturalisme entendu comme gestion de la multiculturalité post-immigration peut avoir des liens avec d’autres formes de mobilisation politique comme la lutte contre le racisme, contre le sexisme ou l’homophobie. La reconnaissance de la multiethnicité ou multiculturalité d’une société ne s’arrête en tout état de cause pas à des considérations démographiques ou économiques. Né dans un Etat fédéral, ce multiculturalisme s’attacherait à gérer le cosmopolitisme de la société britannique par des politiques menées à des échelles locales puis nationale. C’est ainsi que l’émergence du concept de multiculturalisme au tournant des années 1960 participe d’un nouvel enjeu pour les politiques publiques alors même qu’est consommé le déclin du système colonial.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il est par ailleurs constant que le multiculturalisme est considéré comme un credo que les intellectuels britanniques de gauche auraient inventé dans les années 1960 pour répondre au nouvel enjeu posé par l’arrivée de vagues d’immigration depuis l’ancien empire colonial. Milena Doytcheva, docteur en sociologie à  l’université Lille 3 et chercheur au GRACC (Groupe de recherches sur les actions et les croyances collectives) voit cependant dans la gestion politique de la multiculturalité, et plus largement les interrogations sur le « vivre-ensemble », un sol de réflexions séculaire sur le politique qui trouverait des racines jusque dans l’Antiquité. Comment concilier unité et pluralité des valeurs et des cultures ? Faut-il araser ou consacrer les différences ? Les réponses apportées à ces questions auxquelles viserait à répondre tout modèle de société induisent nécessairement une conception singulière de la citoyenneté.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est ainsi que le mouvement intellectuel visant à promouvoir le multiculturalisme dans les années 1960 entend construire un modèle de citoyenneté démocratique où sont célébrées différences ethniques, religieuses et culturelles et où l’appartenance de groupe est un outil légitime d’intégration à la communauté nationale.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-274855250983368488?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/274855250983368488/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_29.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/274855250983368488'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/274855250983368488'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-multiculturalisme-en-grande-bretagne_29.html' title='Le multiculturalisme en Grande-Bretagne (chapitre 2)'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-7487870640632543593</id><published>2010-05-29T19:01:00.002+02:00</published><updated>2011-07-27T22:31:28.234+02:00</updated><title type='text'>Les enjeux de la naissance des démocraties représentatives</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Joseph Schumpeter définit la démocratie représentative comme une méthode de choix des gouvernants fondée sur la « libre concurrence entre les candidats aux postes de commandement pour le vote des électeurs ». Cette définition a l’avantage de présenter les deux facettes de la démocratie représentative. Décrire les démocraties représentatives modernes uniquement comme des systèmes dans lesquels le peuple est « souverain », ou s’autogouverne de manière « indirecte » ne saurait totalement rendre compte de la nature de ces systèmes. Le gouvernement représentatif n’a jamais été une forme simple de gouvernement. Le sociologue Philippe Braud exprime bien cette ambivalence lorsqu’il définit la représentation comme une « activité politique fondée sur une double délégation : être à la place de… décider pour… ». On s’éloigne dès lors de la vision idéaliste de la démocratie représentative. L’hypothèse d’une « crise de la représentation » développée par certains politistes rendrait compte d’un fossé croissant entre représentants et représentés, lesquels sont de moins en moins enclins à se prêter à l’acte de vote. Les assemblées parlementaires apparaîtraient comme des « clubs de mâles blancs aisés de plus de cinquante ans » (formule du professeur de droit Bastien François), de moins en moins représentatifs d’une population de plus en plus diverse. Ces critiques récurrentes traduisent-elles une évolution contemporaine de nos démocraties qui auraient délaissé leur fonction originelle : représenter ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Non ! C’est en remontant aux origines de la démocratie représentative, à la sortie de l’absolutisme et au triomphe des Parlements postrévolutionnaires, qu’on comprend que la volonté des « Pères fondateurs » était bien moins « démocratique » que ce à quoi tend notre idéal. La démocratie représentative n’a jamais eu vocation à mettre en œuvre une souveraineté populaire. Si elle permet une certaine expression des citoyens, la pacification de la compétition entre les acteurs politiques et son arbitrage par des élections à intervalles réguliers ou encore la possibilité de l’alternance, se légitimant ainsi par elle-même, il appartient de distinguer démocratie « représentative » et démocratie « directe ». Dans la première, le peuple n’exerce pas le pouvoir, il délègue son exercice à d’autres, jugés plus compétents, plus légitimes et qui peuvent dès lors être « à sa place » et décider « pour lui ». La sélection sociale, et non pas seulement électorale, des représentants est en outre consubstantielle à la démocratie représentative.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La naissance de la démocratie représentative se résume-t-elle et s'épuise-t-elle dans une mise en oeuvre des thèses de la représentation ? Comment les enjeux présidant à son émergence éclairent-ils sur l’évolution actuelle de nos modèles ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;L’émergence de la démocratie représentative comme nouvelle forme de gouvernement semble participer de l’éclat des thèses de la représentation politique, éclat qu’il appartient d’observer à travers &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;un prisme de trajectoires historiques singulières&lt;/span&gt;, mais également de nuancer en ce que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;la théorie de la représentation&lt;/span&gt; &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;participerait plus d’une fiction philosophique que d’un paradigme cohérent&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;L'émergence de la démocratie représentative, prisme de trajectoires historiques et politiques singulières&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La genèse de l'émergence du modèle de démocratie représentative est tout d’abord liée à une intense réflexion philosophique qui prend notamment corps dans les thèses des Lumières et qui est permise par la naissance d’un « débat public » (cafés, salons, etc). Bien que n’étant pas républicains ni mêmes démocrates au sens strict, les philosophes des Lumières participent néanmoins d’une remise en cause intellectuelle des monarchies absolutistes jusqu’alors prévalentes et surtout de la définition d’un nouveau modèle qui procède essentiellement de la reconnaissance et de la garantie par l’Etat de certains droits des gouvernés ainsi que d’une rationalisation, d’un rééquilibre des institutions. Montesquieu évoque ainsi dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;De l’esprit des lois&lt;/span&gt; (1748) la logique de distinction des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, pouvoirs que le jeu institutionnel doit à son sens mutuellement restreindre et qui confondus par contraste dans le modèle absolutiste. Tandis que Voltaire vise une critique du fanatisme, Jean-Jacques Rousseau systématise la notion de volonté générale et avance l’idée d’une forme participative de démocratie. Il ne s’agit cependant (hormis pour Rousseau donc) pas tant de mettre en place des régimes démocratiques mais plutôt de conseiller les souverains européens, de les « éclairer » au sens premier de sorte que leur action soit guidée par la raison philosophique. Cette révolution philosophique qui s’oppose de fait à la démesure (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;hybris&lt;/span&gt; chez les Grecs) de l’absolutisme enfante cependant l’idée d’un nouveau modèle de régime politique possible.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ce modèle que loue notamment Montesquieu serait déjà en place en Angleterre depuis la Glorieuse Révolution de 1688-1689 qui substitue une monarchie constitutionnelle et parlementaire au gouvernement autocratique des Stuarts. Le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Bill of Rights&lt;/span&gt; imposé aux souverains anglais en 1689 limite notamment le pouvoir du roi au profit du Parlement anglais, pouvoir qui ne va cesser de croître tandis que s’épanouit le nouveau régime, en témoigne l’adage « le Parlement anglais peut tout faire, sauf changer un homme en femme ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’irruption de la démocratie représentative en France au tournant du XIXème siècle (qui débute pour les historiens en 1789) est en revanche liée à des éléments économiques et politiques. L’état des finances publiques et du rationnement pousse Louis XVI à convoquer les Etats Généraux pour mai 1789, lesquels sont le témoin de la « Révolution des juristes » (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Déclaration des droits de l’homme et du citoyen&lt;/span&gt; le 26 août 1789) qui s’étend progressivement à l’ensemble du pays. En France comme en Angleterre, l’émergence de la démocratie représentative s'inscrit ainsi à rebours de l’absolutisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le cas états-unien ne répond pas exactement à ce modèle de fracture historique.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Si les Etats-Unis adoptent le nouveau modèle de démocratie représentative dès l’indépendance, ceci ne saurait s’inscrire dans une logique d’opposition à un modèle politique préexistant, les Etats-Unis étant un pays neuf. Il pourrait tout le moins être argué que le vent d’inspiration libérale notamment incarné par la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Déclaration d’indépendance&lt;/span&gt; du 4 juillet 1776 s’inscrit bien contre l’autoritarisme notamment fiscal et commercial de la métropole anglaise.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais la naissance du modèle de démocratie représentative s’inscrit également dans un contraste avec la démocratie dite directe (et notamment défendue par Rousseau avec l’idée de commissaires investis d’un mandat impératif et révocables). A titre d’illustration, le débat constitutionnel de 1787 aux Etats-Unis (cité par l’historien Ralph Ketcham dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;The Anti-Federalist Papers and the Constitutional Convention Debates&lt;/span&gt;, 1986), voit les fédéralistes user du mot « démocratie » comme repoussoir. Faisant écho à une représentation traditionnelle depuis l’Antiquité grecque, ils mettent en exergue les « excès de la démocratie », laquelle serait « le pire de tous les maux politiques » et conduirait à « l’oppression et à l’injustice ». A l’incapacité du peuple de se gouverner seul (à laquelle Montesquieu fait référence dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;De l’esprit des lois&lt;/span&gt; : « le grand avantage des représentants, c’est qu’ils sont capables de discuter des affaires. Le peuple n’y est point du tout propre : ce qui forme un des grands inconvénients de la démocratie. » de même que Brissot dans son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Plan de conduite pour les députés du peuple aux États généraux&lt;/span&gt; : « le peuple seul a le droit de se constituer, mais il n’en a pas le talent ; il doit donc confier une partie de son droit à ceux qui en ont le talent »), le procès de la démocratie directe s’étoffe de l’argument géographique et démographique (notamment développé par Montesquieu). Des pays comme la France ou les Etats-Unis seraient trop vastes et trop peuplés pour que le peuple s’y exprimât sans l’entremise de représentants.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’émergence tardive de la démocratie représentative dans certains pays s’interprète enfin comme une rupture à l’endroit de totalitarismes ou de régimes autoritaires comme en Allemagne ou dans une moindre mesure en Italie voire au Japon, en Russie et dans les anciens pays partie au bloc de l’est. C’est ici plus le versant libéral du modèle de démocratie représentative (voire son caractère universaliste, référence étant ici faite à la « fin de l’Histoire » de Francis Fukuyama ou encore à « l’homme unidimensionnel » d’Herbert Marcuse) qui préside à ce changement de régime.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’irruption d’un modèle de démocratie représentative étant ainsi observée à travers le prisme que constituent diverses trajectoires historiques et politiques, il appartient d’étayer ce que sous-tend et induit la notion de « démocratie représentative ». Faut-il réduire son identification à des critères déterminés ? Parmi ceux-ci figureraient le droit de vote (mais dès lors, que dire par exemple de la monarchie parlementaire anglaise qui pratique le cens ?), le pluralisme du champ politique (mais comment comprendre alors la hantise révolutionnaire pour les factions politiques ?) ou encore la liberté de la presse (y fait écho le mot d’Abraham Lincoln : plutôt « une presse sans État [qu'un] État sans presse », mais comment interpréter la notion de propagande politique en démocratie évoquée par Serge Tchakhotine, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Viol des foules par la propagande politique&lt;/span&gt;, 1939 ou encore &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Manufacturing Consent&lt;/span&gt;, Noam Chomsky &amp;amp; Edward Herman, 1988). N’est-il pas plutôt pertinent de lier émergence du modèle de démocratie représentative et mise en oeuvre de la théorie de la représentation ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La théorie de la représentation, paradigme ou mythe fondateur de la démocratie ?&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Thomas Hobbes évoque dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Léviathan&lt;/span&gt; (1651) la technique de la représentation qui procède de ce qu'une autorité souveraine agisse à la place et au nom des sujets. Pour la philosophe Nadia Urbinati, « c’est une manière de légitimer l’autorité politique tout en ôtant du pouvoir au peuple qui n'est que sujet ». Les institutions et techniques représentatives précèdent néanmoins largement la réflexion hobbesienne et remonteraient jusqu'au Moyen-Âge au sein de l'Eglise et des villes qui, dans le cadre de leur relation au roi ou à l’empereur, envoyaient des délégués ayant pouvoir de lier ceux qui les envoyaient. Urbinati cite encore Scipione Maffei qui écrit dans une étude comparative et historique sur les formes républicaines de gouvernement datant de 1736 que « les Romains pratiquaient [déjà] la représentation afin de donner voix aux nombreuses nations de l’empire ». Référence est ici faite à Tacite qui, dans sa Germania, décrit les formes de représentation et les institutions parlementaires mises en place par les tribus germaniques afin d’exprimer leurs revendications auprès du Sénat romain. La représentation constituait ici une manière de relier les diverses parties du vaste territoire de la République par une ébauche de système fédéral.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Pour ce qui est de la théorie de la représentation comme instrument philosophique fondateur du modèle de démocratie représentative, s'il est certain pour le sociologue Bernard Manin que « Sieyès a lu Hobbes et l'a utilisé afin d’articuler et justifier certaines de ses idées sur le gouvernement », il semble moins évident de trouver un tel recours à Hobbes chez les Pères Fondateurs américains.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais de manière plus générale, cette mise en oeuvre de la fiction philosophique de la représentation politique dans les premiers modèles de démocratie représentative participe-t-elle uniquement d'une délégation de souveraineté au profit d'un corps de représentants ou conçoit-elle ce dernier comme un reflet de la société ? Autrement dit, qu'est-ce qui circonscrit la légitimité en démocratie représentative ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’historien Pierre Rosanvallon dégage dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Peuple introuvable, Histoire de la représentation démocratique en France&lt;/span&gt; (1998) un principe politique et un principe sociologique de la démocratie à lier avec l'opposition originelle entre deux usages de la représentation, produire des identités et légitimer un pouvoir. Il écrit : « D'un côté, la représentation-figuration, qui a pour objet de permettre l'expression de la société dans sa diversité, en donnant à tous les groupes la possibilité de faire entendre leur vois. De l'autre, la représentation-mandat, qui a pour but de constituer le gouvernement représentatif, et qui met l'accent sur l'unité, tant du pouvoir que de la société » (laquelle expliquerait le monocamérisme des révolutionnaires français, nous y reviendrons). Cette dialectique entre incarnation et reflet de la société par l'entremise des représentants n'apparaît néanmoins pas précisément à la naissance des démocraties représentatives, lesquelles s'accommodent aisément de la légitimité nouvelle liée au mythe de la représentation par l'élection.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cette théorie de la représentation est également à lier avec l'apparition d'une nouvelle forme de personnel de gouvernement évoquée par l’historien Charles Benoist dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Parlements et Parlementarisme&lt;/span&gt; : « à tous les degrés instruit, compétent, indépendant, désintéressé, capable de supporter la contradiction, tolérant...originairement et essentiellement, le parlementarisme est un régime aristocratique ou bourgeois ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Dans la conception traditionnelle du système représentatif (notamment systématisée par Burke), la figure du représentant élu n'est en outre liée à aucune obligation stricte à l'endroit de ses électeurs ou d'un parti. Ceci permettrait d'expliquer les réticences des révolutionnaires à l'égard des factions politiques (avec Madison aux Etats-Unis – bien que le cas américain soit ambivalent puisque si les représentants s'y singularisent par une grande indépendance à l'égard des partis et peuvent être élus sur la base d'une campagne financée par leur fortune personnelle et non les ressources d'un parti comme le souligne le sociologue Olivier Ihl dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Deep Pockets&lt;/span&gt;, ils se caractérisent par un lien de dépendance à l'égard de leurs électeurs bien plus important qu'en Europe – réticences à l'égard des factions partisanes encore exprimées par Alexis de Tocqueville dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Démocratie en Amérique&lt;/span&gt; (1835-1840) qui décrit les partis politiques comme un « mal inhérent aux gouvernements libres », réticences également illustrées par la notion de souveraineté nationale indivisible et l'interdiction du mandat impératif par les révolutionnaires français). Par contraste, la monarchie parlementaire anglaise semble s'être rapidement accoutumée du système partisan. L'ensemble de ces réticences a néanmoins été balayé par l'apparition des partis de masse au sens de la classification de Maurice Duverger (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les Partis politiques&lt;/span&gt;, 1951) à la fin du XIXème siècle et qui se sont imposés comme instruments de représentation par excellence, interrogeant par là même quant à un éclatement de la notion de représentation.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mosey Ostrogorski et Roberto Michels analysent pour leur part les partis politiques comme des agences de confiscation du pouvoir. Ceux-ci participeraient également à organiser ce mythe fondateur de la démocratie représentative que constitue la fiction de la représentation. La représentation s'analyserait en ce sens comme la capacité des partis à agréger les demandes exprimées par leurs électeurs. Michels établit par ailleurs une loi de monopolisation du pouvoir, « résultat inévitable de la rationalisation et de la spécialisation des activités partisanes sur la base d'élections de masse » pour le sociologue Max Weber. En Italie et en Allemagne, ce sont plutôt des éléments religieux et sociaux qui ont participé à la structuration du système partisan.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La logique traditionnelle de la représentation est encore contestée en son versant universaliste (notamment illustré par le jacobinisme français) à la faveur d'une logique de particularisme (aux Etats-Unis par exemple, les représentants élus constituent le reflet de leurs circonscriptions, par opposition au Président qui incarne l'intérêt général). L'évolution des démocraties représentatives est en effet marquée par l'essor d'une revendication de représentation notamment ouvrière (exemple du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Manifeste des soixante&lt;/span&gt; de 1864 qui rejoint les thèses de Rosanvallon). Le paradigme universaliste est également remis en cause en ce que le « corps » de professionnels de la politique aurait réussi à dessaisir le peuple de sa souveraineté (référence à Tardieu).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'analyse des conditions historiques présidant à l'émergence du modèle de démocratie représentative met ainsi en évidence le contraste qu'elle forme à l'égard du modèle absolutiste ou du modèle de démocratie directe, mais encore sa mise en oeuvre de la fiction de la représentation entendue en tant qu'incarnation et non de reflet du corps social, laquelle représentation forme le mythe fondateur du régime (la représentation ayant été, pour l'historien Samuel Williams, « graduellement introduite en Europe par les monarques ; non pas avec l’intention de favoriser les droits des peuples, mais comme le meilleur moyen de lever de l’argent pour financer leurs aventures guerrières »). Les interrogations liées à une telle définition restrictive du modèle qui semblerait exclure toute représentativité des représentants reflète en outre l'indifférence des pères fondateurs des démocraties représentatives à une mise en oeuvre d’une « souveraineté populaire ». Elles font enfin écho aux tentatives contemporaines d’introduction de mécanismes de démocratie semi-directe (pétitions populaires, référendums législatifs, primaires ouvertes, etc) dans nos démocraties occidentales.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-7487870640632543593?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/7487870640632543593/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/les-enjeux-de-la-naissance-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7487870640632543593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/7487870640632543593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/les-enjeux-de-la-naissance-des.html' title='Les enjeux de la naissance des démocraties représentatives'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-8489346765531383294</id><published>2010-05-29T19:00:00.005+02:00</published><updated>2011-07-27T22:28:15.993+02:00</updated><title type='text'>Le Sénat sous la République de Rome</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le Sénat romain est l’une des institutions politiques les plus permanentes de la Rome antique, à défaut d’être l’une des plus stables. Il a probablement été fondé avant que le premier roi de Rome n’accède au trône (-753) et survit à tous les changements de régime (chute de la Monarchie romaine en -509 puis de la République romaine en -27 et enfin à celle de l’Empire en 476).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Une assemblée de magistrats »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Sénateurs romains sont désignés par l’appellation pères conscrits (patres conscripti). Ils étaient en effet originellement formés des patres (les chefs des familles patriciennes) et des conscripti, « ceux qui ont été inscrits » c’est à dire les magistrats et les anciens magistrats.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;A la création de l’institution, ce n’était qu’après avoir terminé sa questure qu’on entrait au Sénat, bien qu’à la fin de la République, les questeurs eux-mêmes entrent au Sénat. Le Sénat romain qui compte au départ 300 membres (les effectifs passant néanmoins assez rapidement à 600 membres), réunit ainsi essentiellement magistrats et anciens magistrats.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Sénateurs sont par ailleurs inscrits sur une liste qu’on nomme l’album sénatorial et qui est dressé par les censeurs tous les cinq ans. Y sont exclus ceux qui ont eu un comportement indigne de rentrer au sénat. Cette liste est rédigée par ordre hiérarchique, les Sénateurs les plus importants étant les anciens Consuls. La hiérarchie au Sénat entend reproduire la hiérarchie des magistratures. La prise de parole dépend précisément de cette hiérarchie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;« Une autorité charismatique »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Sous la République, le Sénat est en principe compétent dans tous les domaines. Plus précisément, il est chargé de veiller aux affaires de l’Etat romain en exerçant un certain contrôle sur l’action des magistrats. La continuité du Sénat (on est sénateur à vie) compense le caractère annuel des magistratures. Le Sénat peut tant superviser la conduite d’opérations militaires, que les finances de la cité, ou encore veiller au respect des lois et des traditions.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le Sénat n’a cependant pas de véritable pouvoir législatif. Les Sénateurs votent des senatus consulte qui n’ont pas le rang de loi mais sont de simples avis. Mais de fait, eu égard au prestige des Sénateurs, il est rare qu’un senatus consulte ne soit pas suivi par les magistrats voire par l’ensemble des citoyens. L’institution sénatoriale romaine ne se caractérise ainsi pas par l’imperium des magistrats mais plutôt pas l’autorita, cette forme anachronique d’autorité charismatique wébérienne que le Sénat tire de sa composition.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Au Sénat, on vote avec ses pieds »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Comme dit plus haut, les Sénateurs les plus anciens dont le grade est le plus élevé sont ceux qui prennent les premiers la parole. Pour se déterminer, les Sénateurs les plus récents se contentent de se déplacer à l’intérieur de la curie (là où se réunit le Sénat) pour suivre le Sénateur dont ils partagent l’avis, ne prenant ainsi jamais la parole. C’est d’ailleurs de là qu’est tiré l’adage « Au Sénat, on vote avec ses pieds ».&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-8489346765531383294?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/8489346765531383294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-senat-sous-la-republique-de-rome.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/8489346765531383294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/8489346765531383294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/le-senat-sous-la-republique-de-rome.html' title='Le Sénat sous la République de Rome'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-8312179336730384822</id><published>2010-05-29T18:59:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:29:05.093+02:00</updated><title type='text'>Du pacte germano-soviétique au massacre de Katyn</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le 23 août 1939, le monde stupéfait apprend la nouvelle. Les deux ennemis idéologiques, Hitler et Staline, ont signé un pacte de non agression. Ultime coup diplomatique du dictateur nazi avant le déclenchement des hostilités, ce pacte scelle également le sort de la Pologne qui sera partagée un mois plus tard.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Le pacte des diables »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le pacte signé avec l’Union soviétique répond pour le IIIème Reich à un impératif lié à des considérations stratégiques. Théorisée par le Chancelier Bismarck et vécue durant la Première guerre mondiale, l’hypothèse d’une guerre sur deux fronts amène Hitler et son Etat-major à envisager toutes les options diplomatiques. Y compris celles qui paraissent incomptables avec sa doctrine politique. En faisant de la Russie de Staline un allié objectif, Hitler peut envahir la Pologne puis se retourner contre les Alliés occidentaux sans crainte d’une attaque soviétique.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Staline de son côté, qui a chargé le fidèle Molotov de négocier les termes du pacte avec le Ministre des affaires étrangères du Reich, Joachim von Ribbentrop, espère donner à son armée le temps nécessaire pour se reconstituer et se remettre des purges de 1937-38. S’il ne se fait aucune illusion sur le dessein d’Hitler, il ne fait néanmoins nullement confiance en la France et le Royaume-Uni. N’ont-ils pas déjà abandonné la Tchécoslovaquie à son sort à Munich ? Les tentatives de rapprochement initiées au début de l’année 1939 par les diplomaties alliées sont en outre trop timides et trop tardives pour convaincre Staline d’entrer en guerre contre l’Allemagne.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« La Pologne prise en étau »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ce pacte contient, outre les termes des livraisons de matières premières de l’Union soviétique à l’Allemagne, un protocole secret établissant les frontières de leurs sphères d’influence respective. A l’Allemagne l’ouest de la Pologne et la Lituanie, à l’Union soviétique l’est de la Pologne, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie et la Bessarabie. Dès lors, à l’invasion allemande de la Pologne du 1er septembre 1939, l’Armée rouge fait écho en envahissant la partie est du pays le 17 septembre. Ultime coup de poignard, cette double invasion a raison de la Pologne qui succombe en moins de cinq semaines.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Katyn, un massacre prémédité »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le traité germano-soviétique de délimitation et d'amitié signé le 28 septembre 1939 stipule : « Aucune des deux parties ne tolèrera sur son territoire d'agitation polonaise quelconque qui menacerait le territoire de l'autre partie. Chacune écrasera sur son propre territoire tout embryon d'une telle agitation, et les deux s'informeront mutuellement de tous les moyens adéquats pouvant être utilisés à cette fin. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est dès lors la question de l’occupation de la Pologne, et plus précisément des moyens de police déployés qui intéresse les historiens.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le « massacre de Katyn » fait référence au meurtre de plusieurs milliers de Polonais (entre 15 000 et 22 000) essentiellement des officiers de réserves, des médecins et des membres de l’élite polonaise par la police politique soviétique au printemps 1940 dans une forêt russe près de Smolensk. Cet ensemble d’opérations fait suite à la signature le 5 mars 1940 par les membres du Politburo d’un ordre d’exécution des « nationalistes et contre-révolutionnaires » polonais. Le massacre est supervisé par un NKVD déjà rompu à cet exercice et dont les membres exécutent leurs victimes au bord de fosses communes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Un enjeu mémoriel »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Au-delà de cet aspect macabre, le massacre de Katyn participe enfin d’un enjeu mémoriel. Après la découverte en août 1941 d’un premier charnier contenant les restes d’une centaine d’officiers polonais par la Wehrmacht partie à l’assaut du territoire soviétique, Signal, l’hebdomadaire illustré de l’Armée allemande, publie des photos montrant l’exhumation des corps. La macabre découverte est exploitée par la presse allemande pour nourrir la propagande anti-soviétique. Au printemps 1943, ce sont plus de 4 500 corps d’officiers polonais empilés dans des fosses qui sont mis à jour par l’occupant allemand. Radio-Berlin rend la découverte publique le 13 avril 1943 en accusant les Soviétiques. Ces derniers dénient deux jours plus tard toute responsabilité, accusant en retour l’Armée allemande d’avoir commis ces atrocités lors de son avance au cours de l’année 1941.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Objet de propagande, le massacre de Katyn devient un objet de lutte mémoriel entre Pologne et Union soviétique, cette dernière ne reconnaissant sa responsabilité qu’en 1990 par l’intermédiaire de Gorbatchev.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-8312179336730384822?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/8312179336730384822/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/du-pacte-germano-sovietique-au-massacre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/8312179336730384822'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/8312179336730384822'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/du-pacte-germano-sovietique-au-massacre.html' title='Du pacte germano-soviétique au massacre de Katyn'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-3518631381272510384</id><published>2010-05-29T18:56:00.003+02:00</published><updated>2011-07-27T22:30:02.799+02:00</updated><title type='text'>Croissance démographique entre 1000 et 1250</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La croissance démographique que connaît la population européenne durant le Moyen-Âge explique et soutient la croissance économique. Elle contribue tant à l’augmentation de la production agricole ou artisanale qu’à un essor des villes et du commerce. Cet accroissement démographique induit enfin une hausse de la demande et stimule par là même l’ensemble de l’activité économique.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Quelle croissance ? »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est tout d’abord la manière de mesurer la croissance démographique qui pose question. Celle-ci s’opère essentiellement en utilisant des sources indirectes, hormis pour l’exception anglaise et son Domesday Book (recensement en forme de grand inventaire terminé en 1086 et réalisé pour Guillaume le Conquérant) néanmoins difficile à exploiter. Pour le démographe Josuah Russel, on peut compter en moyenne 3,6 personnes par famille en Angleterre. Ces chiffres demeurent bien inférieurs à ceux trouvés sur le continent carolingien à la même époque et qui sont de l’ordre de 5 ou de 6. Ces chiffres sont obtenus en reconstituant les généalogies si elles existent ou en étudiant les listes de témoins au bas des actes. Les défrichements et villages nouveaux qui sont fondés pendant la période permettent encore d’étayer ces estimations (bien qu’un seigneur puisse tout à fait organiser des défrichements pour accroître ses revenus sans qu’y soit lié un véritable accroissement de population).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La croissance de la population européenne connaît en outre un soudain changement de rythme au tournant du millénaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chiffres avancés par Benet semblent les plus plausibles. On estime qu’en France, la population est passée de 5 millions d’habitants à 9,2 millions entre la fin du Xème et la fin du XIIème. En Italie, la population passe de 5 millions à 8 millions. En Angleterre la population passe de 2,2 millions à la fin du XIème à 6 millions vers 1300. Elle estimé à 800.000 habitants au VIIIème siècle.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La tendance est du début du millénaire est ainsi à une forte augmentation, et notamment au nord. La natalité ne semble cependant pas avoir augmenté, le nombre moyen d’enfant par famille demeurant quasiment identique. On estime qu’il y a 5 enfants par ménage fécond et 30% de célibataires ou de ménages sans enfants. Le taux d’accroissement naturel oscille ainsi entre 0.3 et 0.6% en moyenne par an.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Un monde plein »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Disettes et famines persistent mais sont moins nombreuses. La mortalité infantile reste néanmoins assez forte, les proportions d’enfants mourant avant 20 ans demeurent les mêmes au XIIIème dans la famille royale capétienne que dans la famille royale carolingienne au IXème. Dans cette dernière, 45% des enfants mourraient avant 20 ans. Blanche de Castille (XIIIème siècle) a ainsi perdu 7 enfants sur les 12 qu’elle a eues. On peut supposer que la proportion était encore plus forte dans les autres milieux. Les études faites à partir de cimetières hongrois montrent que la mortalité infantile était restée stable entre le Xème et le XIVème. 40 à 46% des squelettes étaient des squelettes d’enfants de moins de 14 ans.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Par ailleurs, l’espérance de vie à la naissance reste faible (30ans, bien que ce ne soit pas la moyenne de vie). Aucun roi capétien d’a ainsi atteint l’âge de 60 ans alors que des rois carolingiens sont mort à plus de 60ans. (Charlemagne, Louis II ou encore Charles le Chauve). Il n’y pas donc d’amélioration sensible en la matière.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cet accroissement de la population tient donc essentiellement à l’effet cumulatif de la croissance. L’apogée de la croissance démographique est atteint entre 1290 et 1347 à la veille de la grande peste. On est alors dans ce qu’on appelle un « monde plein ». L’Occident ne semble pas pouvoir nourrir plus de monde eu égard aux conditions techniques de l’époque. C’est un monde saturé.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Une population jeune et dynamique »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La population est assez jeune, la moitié des européens ayant moins de 20ans. Ces jeunes gens entrent ainsi très vite dans l’âge adulte. La majorité légale se situe elle entre 12 et 15 ans. La nuptialité est précoce hormis dans les milieux aristocratiques lorsque où est retardé l’âge de mariage des frères cadets. Chez les paysans toutefois, on se marrie avant 20 ans. On travaille jeune, parfois dès 5-6 ans chez les enfants.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La population européenne est d’autre part très mobile, notamment dans la paysannerie. Les migrations se font souvent à faible distance, de village à village ou d’un village à la ville la plus proche. Ils se mesurent à la multiplication du nombre d’hôtes dans les villages (des étrangers ou tout le moins des gens qui sont arrivés depuis peu). Le début du deuxième millénaire de l’ère moderne est également le témoin des prémisses d’une immigration urbaine. La croissance de la population urbaine est en effet très forte et ne se fait pratiquement pas par croissance naturelle. Les conditions de vie dans les villes sont toutefois détestables (hygiène, alimentation…).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;« Les prémisses d’une immigration urbaine »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est dans l’aire de recrutement des villes à vocation marchande que cette croissance est la plus forte celles qui connaissent la croissance la plus forte. Celles-ci n’excèdent généralement pas 30 à 40 km (exemple de la ville d’Arras).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais il y a aussi des déplacements plus lointains. Certaines régions comme la Bretagne demeureront des zones d’émigration jusqu’au XIXème siècle. Des Français sont présents en Espagne. Flamands et Hollandais vont vers le nord de l’Allemagne tandis que des Allemands migrent vers l’est européen L’étude de ces flux migratoires plaide pour une progression des populations vers des régions plus à l’est et faiblement peuplées. Ces déplacements qui ne représentent pas des masses considérables de populations contribuent cependant à la relative mobilité de la population européenne.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-3518631381272510384?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/3518631381272510384/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/croissance-demographique-entre-1000-et_29.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/3518631381272510384'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/3518631381272510384'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2010/05/croissance-demographique-entre-1000-et_29.html' title='Croissance démographique entre 1000 et 1250'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-4393765073164846781</id><published>2009-09-25T11:13:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:49:38.745+02:00</updated><title type='text'>La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;  Le 18 juin 1940, un jeune officier de l’armée française récemment promu Général de division appelle depuis Londres une nation à continuer le combat contre son ennemi séculaire. Adressé tant à ses contemporains – qui ne seront qu’une dizaine de milliers à en prendre connaissance – qu’à la postérité, cet appel ne saurait effacer les évènements politiques qui, au même moment, secouent la métropole et hantent aujourd’hui encore notre mémoire.&lt;/i&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;«  Affirmer l’autorité de l’exécutif »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 16 juin, le Président du Conseil Paul Reynaud ne parvenant pas à convaincre son cabinet d’accepter la proposition d’union franco-anglaise émise par le Premier ministre britannique Winston Churchill, remet sa démission au Président de la République Albert Lebrun qui charge alors le maréchal Pétain, héros de Verdun, de former le nouveau gouvernement. Celui-ci entend négocier les termes d’un armistice avec l’Allemagne, en témoigne son allocution prononcée le 17 juin à la radio française : « C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Déplacés de Paris à Bordeaux devant l’avancée allemande, le Parlement et le gouvernement s’installent le 29 juin dans la ville d’eau et centre de communication de Vichy, non sans avoir permis la signature d’un armistice avec le gouvernement du Reich le 22 juin dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, dans le même wagon où fut signé l’armistice qui mit fin à la Première Guerre Mondiale vingt-deux ans auparavant.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Dès lors, le nouveau gouvernement entend affirmer l’autorité de l’exécutif en vue de négocier les conditions de la paix avec le Reich ainsi que de restaurer la stabilité dans un pays assommé par la débâcle militaire et dont la population demeure en proie à l’exode. C’est dans ce contexte qu’est votée par la Chambre des députés et le Sénat réunis en Assemblée nationale le 10 juillet une loi constitutionnelle confiant les pleins pouvoirs au gouvernement pour prendre toute mesure nécessaire à la promulgation d’une nouvelle Constitution de l’Etat français.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;«  Mettre fin aux institutions de la IIIème République »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Cette volonté de restaurer la stabilité du pays n’implique cependant pas nécessairement une remise en cause de ses institutions. Le Président de la République Albert Lebrun et le nouveau Président du Conseil Philippe Pétain bénéficiant d’une forte popularité dans l’opinion publique et d’un important soutien parlementaire, les deux Chambres réunies en Assemblée nationale pourraient accorder les pleins pouvoirs à Pétain comme elles les avaient accordé au Président du Conseil Edouard Daladier en 1939. C’est la position que défend la motion Badie, nous y reviendrons par la suite.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le centriste Pierre-Etienne Flandin défend quant à lui un retour à la lettre des lois constitutionnelles de 1875 qui confiaient le pouvoir exécutif au Président de la République et chargeait le Vice-président du Conseil de former le gouvernement, le poste de Président du Conseil n’étant pas mentionné (cette fonction est apparue dès la crise institutionnelle de 1876 et était exercée par le chef du gouvernement qui devenait également titulaire d’un portefeuille ministériel). Cette proposition visant à désigner le maréchal Pétain comme Président de la République sans nommer de Président du Conseil ne put toutefois être étudiée du fait du refus du Président Lebrun de démissionner.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ainsi, de la volonté originelle de restauration de la stabilité du pays ne procède pas nécessairement la délégation au gouvernement du pouvoir constituant dérivé par l’Assemblée nationale. Cette délégation du pouvoir constituant dérivé participe plutôt d’une volonté politique nouvelle exprimée par le gouvernement et par son nouveau chef, le maréchal Pétain. Pour se redresser, la France aurait en effet besoin de mettre fin aux désordres politiques qui l’auraient mené à sa perte, les coupables étant tout désignés : le parlementarisme, le pluralisme politique, le Front Populaire… Il s’agit bien de mettre fin aux institutions de la IIIème République.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Le projet Laval : ‘garantir les droits du travail, de la famille et de la Patrie’ »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est animé de cette volonté de mettre fin aux institutions de la IIIème République que le Vice-président du Conseil Pierre Laval soumet le 29 juin au maréchal Pétain un projet de loi constitutionnelle confiant les pleins pouvoirs au gouvernement et lui délégant le pouvoir de promulguer une nouvelle Constitution garantissant « les droits du travail, de la famille et de la Patrie ». Ce projet de loi est accepté le 4 juillet en Conseil des ministres puis présenté aux parlementaires le 8. Son exposé des motifs nous livre un catalogue de la pensée du gouvernement alors en place et semble préfigurer la politique pétainiste.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il s'agit en effet pour le gouvernement avec cette loi constitutionnelle « d'abord de refaire la France. […] C'est dans la défaite militaire et dans le désordre intérieur que d'autres pays ont puisé la force de revivre et de se transformer. Au moment le plus cruel de son histoire, la France doit comprendre et accepter la nécessité d'une révolution nationale. » Confirmant son rejet du parlementarisme, il appelle à « une réforme profonde des moeurs politiques » de sorte que « le Gouvernement ait tout pouvoir pour décider, entreprendre et négocier, tout pouvoir pour sauver ce qui doit être sauvé, pour détruire ce qui doit être détruit, pour construire ce qui doit être construit ». Le Vice-président Laval tente toutefois de rassurer les parlementaires en précisant que bien que doté des pleins pouvoirs, le « Gouvernement aura la collaboration d'une représentation nationale qui jouera auprès de lui son rôle normal ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Préfigurant enfin la politique de collaboration, cet exposé des motifs en appelle à une France « intégrée au système continental de la production et des échanges » retrouvant « par son effort et dans ses traditions, la fierté de notre race » ainsi qu’à une « restauration de la hiérarchie des valeurs ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’article unique de ce projet de loi constitutionnelle présenté le 8 juillet 1940 aux parlementaires dispose :&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;« L'Assemblée nationale donne tous pouvoirs au gouvernement de la République, sous la signature et l'autorité du maréchal Pétain, président du Conseil, à l'effet de promulguer, par un ou plusieurs actes,  une nouvelle constitution de l'État français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la Patrie&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Elle sera ratifiée par les Assemblées qu'elle aura créées. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le second alinéa est modifié du fait de l’opposition de nombreux parlementaires, la Constitution devant finalement être « ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura crées ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;«  Le projet Laval en débat au Parlement »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le projet Laval ne rencontre qu’une faible résistance. Le député radical-socialiste Vincent Badie propose dans la nuit du 8 juillet une motion cosignée par vingt-sept parlementaires opposés à un projet de loi qui « non seulement donnerait à certains de leurs collègues un pouvoir dictatorial mais aboutirait inéluctablement à la disparition du régime républicain », reconnaissant toutefois la « nécessité impérieuse d'opérer d'urgence le redressement moral et économique de notre malheureux pays ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Trente-huit sénateurs anciens combattants réunis autour du sénateur démocrate et radical Jean Taurines proposent quant à eux une motion visant à suspendre les lois constitutionnelles de 1875 jusqu’à la paix, confiant  au maréchal Pétain les pleins pouvoirs afin de prendre « les mesures nécessaires au maintien de l'ordre, à la vie et au relèvement du pays et à la libération du territoire ». Cette motion propose par ailleurs de déléguer le pouvoir constituant dérivé aux commissions parlementaires et au seul maréchal Pétain, visant principalement à écarter Pierre Laval de la scène politique. Suite au dépôt de cette motion, le projet de loi du gouvernement est l’objet de légères modifications dont le maréchal Pétain ne tient toutefois pas compte.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Soixante-huit parlementaires parmi lesquels vingt-trois socialistes (dont cinq membres fondateurs : François Chasseigne, Armand Chouffet, Edouard Froment, Alexandre Rauzy et Paul Rives) cosignent en revanche la déclaration Bergery dans laquelle ils stigmatisent le régime parlementaire et justifient leur vote en faveur d’un projet établissant un régime « socialiste autoritaire et national intégré à la nouvelle Europe ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Chambres se réunissent séparément le 9 juillet et approuvent le principe d’une révision de la Constitution avec 395 voix pour et 3 contre (celles des socialistes Jean Biondi et Léon Roche ainsi que le radical-socialiste Alfred Margaine) et avec 229 voix pour et une seule contre (celle du marquis de Chambrun) au Sénat.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le projet Laval est l’objet d’une dernière discussion au matin du 10 juillet qui voit Pierre Laval tenter de rassurer les parlementaires réunis en Assemblée nationale, leur affirmant notamment qu’il représente bien le maréchal Pétain et qu’en dépit du vote des pleins pouvoirs, les commissions parlementaires serait bien consultées en vue de l’élaboration de la nouvelle Constitution qui serait par ailleurs ratifiée par la Nation. La menace d’un putsch militaire en cas de rejet du texte ainsi que les appels à l’unité nationale autour du maréchal Pétain achèvent de convaincre la plupart des parlementaires.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Le vote du 10 juillet »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Réunis en Assemblée nationale au Grand Casino de Vichy, les parlementaires ouvrent les débats officiels dans l’après-midi du 10 juillet. Le début de la séance est notamment marqué par la lecture d’un télégramme rédigé par les vingt-sept parlementaires embarqués sur le paquebot de ligne Massilia le 21 juin au port du Verdon en aval de Bordeaux et arrivés à Casablanca le 24 en vue de former un gouvernement en exil. Ils y accusent le gouvernement de faire volontairement obstacle à l’exercice de leur mandat en ne prenant aucune mesure permettant leur retour.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les parlementaires débattent de la procédure de votation, les questions de fond ayant été abordées durant la réunion officieuse du matin. Ils décident de voter la loi constitutionnelle à la majorité des voix exprimées et non à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale, ce qui permettra comme nous le verrons de remettre en question de la légalité de la révision.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le projet de loi est enfin soumis au vote, le député Badie et le sénateur Taurines étant empêchés de défendre leurs motions, et sur 649 suffrages exprimés, la révision est votée par 569 voix contre 80 (57 députés et 23 sénateurs de tendances politiques diverses), 20 parlementaires s’étant abstenus et 176 étant absents. Les 61 parlementaires communistes (60 députés et un sénateur) n’ont pu siéger, étant déchus de leur mandat depuis le 16 janvier 1940.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’article unique de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 promulguée par le Président de la République Albert Lebrun et contresigné par le Président du Conseil Philippe Pétain dispose :&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;« L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu’elle aura créées. La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l’Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l’État. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« La régularité de la loi constitutionnelle en question »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La loi constitutionnelle de 1940 soulève plusieurs réflexions tant juridiques que politiques. En tant qu’acte de naissance de l’Etat français, sa régularité postulerait la légalité du régime de Vichy par opposition à l’illégalité de la France libre tout en légalisant la législation promulguée sous l’Etat français. Son irrégularité participerait au contraire d’une remise en cause de la légalité de l’Etat français. Cette question de la régularité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 apparaît dès lors comme marquée idéologiquement. En outre, le contrôle de constitutionnalité n’existait pas sous la IIIème République et n’a été introduit qu’après la guerre, précisément pour statuer sur l’éventuel caractère inconstitutionnel d’une législation.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;C’est l’irrégularité qui l’a emporté en droit positif puisque les articles 2 et 3 de l’ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental considèrent « l’acte dit loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 » comme irrégulier, le régime de Vichy n’étant qu’« une autorité de fait, se disant ‘gouvernement de l’Etat français’ ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La question de la votation de la loi constitutionnelle est tout d’abord avancée par les partisans de son irrégularité. En effet, si l’article 8 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 dispose qu’une révision constitutionnelle ne peut être votée qu’à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée nationale, la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 a été votée à la majorité des suffrages exprimées, de nombreux parlementaires n’ayant pu prendre part au vote. Cette analyse est toutefois à nuancer du fait des circonstances politiques exceptionnelles de l’été 1940 qui justifient pour certains cette violation de l’article 8 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875. C’est d’ailleurs pour éviter que cette situation ne se reproduise que les articles 94 de la Constitution de la IVème République du 27 octobre 1946 (« Au cas d'occupation de tout ou partie du territoire métropolitain par des forces étrangères, aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie. ») et 89 de la Constitution de la Vème République du 4 octobre 1958 (« Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. ») frappent d’illégalité une révision constitutionnelle qui serait promulguée dans de telles circonstances.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;De nombreux juristes ont par ailleurs considéré avec Julien Lafferrière (Le Nouveau gouvernement de la France : Les actes constitutionnels de 1940-1942) la délégation du pouvoir constituant dérivé par l’Assemblée nationale au gouvernement comme irrégulière en vertu d’un principe de droit public français ne permettant pas la délégation d’une compétence sans disposition expresse. Si la loi constitutionnelle du 25 février 1875 confie en effet le pouvoir constituant dérivé à l’Assemblée nationale, elle ne lui permet pas de le déléguer. Pierre Pactet (Institutions politiques – Droit constitutionnel) remet lui en cause la légalité du régime de Vichy, le qualifiant de « gouvernement de fait ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;George Vedel (Manuel élémentaire de droit constitutionnel) postule en revanche de l’égale valeur des lois constitutionnelles, considérant que la loi du 10 juillet 1940 peut s’analyser comme une révision de la procédure de révision constitutionnelle. La délégation du pouvoir constituant dérivé serait alors régulier dès lors que les règles de procédure de l’article 8 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 étaient respectées (ce qui n’a toutefois pas été le cas).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La régularité de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 a enfin été remise en question du fait de l’article 2 de la loi constitutionnelle du 14 août 1884 qui dispose que « La forme républicaine du gouvernement ne peut faire l'objet d'une proposition de révision ». Dans la mesure où elle confierait des pouvoirs dictatoriaux au gouvernement et mettrait de facto fin à la IIIème République, la loi de juillet 1940 serait irrégulière en vertu de la loi d’août 1884. Mais la contrainte de la loi constitutionnelle du 14 août 1884 peut toutefois s’analyser comme principalement procédurale dans la mesure où, si la forme républicaine du gouvernement se voyait en effet révisée par la loi de juillet 1940, une loi constitutionnelle abrogeant l’article 2 de la loi d’août 1884 aurait suffit à la régulariser.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Les lois constitutionnelles sous Vichy »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Sur la base de la loi du 10 juillet 1940, le maréchal Pétain promulgue entre 1940 et 1942 douze lois constitutionnelles qui posent les bases juridiques du régime de Vichy sans toutefois promulguer de nouvelle Constitution, c’est-à-dire sans mettre fin, en droit, à la IIIème République.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le maréchal Pétain promulgue dès le 11 juillet 1940 trois actes constitutionnels. La premier abroge l’article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 (l’amendement Wallon instaurant l’élection du Président de la République à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale et pour un mandat renouvelable de sept ans) et déclare le maréchal Pétain Chef de l’Etat « vu la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 ». Le deuxième fixe les pouvoirs du chef de l’Etat qui concentre dès lors les pouvoirs exécutif et législatif et abroge toutes les dispositions constitutionnelles contraires. Le troisième, enfin, proroge et ajourne les Chambres, abrogeant l’article 1er de la loi constitutionnelle du 16 juillet 1875 et démentant la promesse de Pierre Laval de maintenir une collaboration entre le gouvernement et le Parlement.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 a ainsi servi de base légale à l’édification d’un régime autocratique en France. Par ailleurs, si les références à la République sont discrètement abandonnées (Le Journal officiel de la République française est exemple renommé Journal officiel de l'État français le 4 janvier 1941), le maréchal Pétain ne promulguera pas de nouvelle Constitution. La commission chargée de rédiger un projet de Constitution a effectivement été instituée par le maréchal mais celui-ci refusait l’hypothèse d’une nouvelle Constitution tant que le territoire national n’était pas libéré de l’occupation allemande. Un projet de Constitution instituant un « Etat dont l'autorité s'appuie sur l'adhésion de la Nation » (article 1er) rédigé en application de la loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 est toutefois signé le 30 janvier 1944 par le maréchal Pétain mais n’a jamais été promulgué. Le projet, abandonné après la Libération, met en avant les principes de la Révolution nationale tout en respectant le principe de séparation des pouvoirs.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« La question de la légalité de l’Etat français »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les puissances étrangères et en particulier les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont rapidement pris acte des modifications institutionnelles postérieures au 10 juillet 1940 et ont dépêché leurs représentations diplomatiques à Vichy, légitimant le pouvoir alors en place. Le gouvernement britannique a quant à lui accordé son soutien au Général de Gaulle dès le 28 juin 1940, les Soviétiques ne reconnaissant le Comité national français que le 29 septembre 1941, c’est-à-dire près de trois mois après leur entrée en guerre. Les Alliés reconnaissent enfin le Comité français de la Libération nationale le 26 août 1943, les gaullistes n’ayant été admis comme représentants légitimes de la France qu’une fois la tournure de la guerre plus favorable aux Alliés. Le régime de Vichy semble ainsi bien avoir été considéré comme le gouvernement français légitime à sa création par la majorité des puissances hormis le Royaume-Uni alors en guerre contre l’Allemagne.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Toutefois, la France libre a constamment refusé de reconnaître la légalité du régime de Vichy. L’ordonnance n° 16 du 24 septembre 1941 créant le Comité national français considère par exemple que « de multiples preuves établissent que l'immense majorité de la Nation française, loin d'accepter un régime imposé par la violence et la trahison, voit dans l'autorité de la France libre l'expression de ses voeux et de ses volontés », le Comité français de la Libération nationale se posant ainsi comme seule autorité légale représentant la France. Cette affirmation peut sembler arbitraire voire autoritaire sur le plan juridique car si le maréchal Pétain s'est vu confier les pleins pouvoirs par des représentants légitimement élus, c'est à dire émanant directement du suffrage universel, on ne peut en dire autant, à ce moment, du Général de Gaulle et de son entourage. L'ordonnance du 21 avril 1944 relative à l'organisation des pouvoirs publics en France après la Libération frappe par ailleurs d'inéligibilité « les membres du Parlement ayant abdiqué leur mandat en votant la délégation de pouvoir constituant à Philippe Pétain le 10 juillet 1940 ». Ainsi, De Gaulle ne proclame pas la République à la Libération, l’article 1er de l’ordonnance du 9 août 1944 relative au rétablissement de la légalité républicaine disposant que « La forme du Gouvernement est et demeure la République. En droit, celle-ci n'a pas cessé d'exister ». La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 est de ce fait nulle en droit, de même que les autres actes constitutionnels promulgués par le maréchal Pétain.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Mais si cette nullité de la loi du 10 juillet 1940 devrait également entraîner la nullité de l’ensemble de la législation passée sous Vichy, le Gouvernement provisoire de la République française valide toutefois un grand nombre de normes édictées sous Vichy, ajoutant à l’ambiguïté quant à la légalité de l’Etat français.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;«  Un devoir de mémoire »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Si la question de la légalité de l’Etat français se pose encore plus d’un demi-siècle après les évènements de la Seconde Guerre Mondiale, c’est évidemment du fait qu’elle implique également la responsabilité de la France dans les crimes commis sur son territoire. Statuer sur l’illégalité du régime de Vichy nous permettrait ainsi de nous déresponsabiliser de notre histoire. Assumer le poids de l’Etat français ne procède pas d’une vaine repentance qui ne saurait ramener les martyrs à la vie mais plutôt d’un devoir de mémoire indispensable pour que les générations qui n’ont pas vécu sous Vichy puissent en prendre la mesure. Les hommes politiques français ont à ce propos récemment contredit le droit positif en reconnaissant la responsabilité de l’Etat français dans les crimes commis par Vichy, postulant par la même de la légalité du régime de Vichy. Le Président de la République Jacques Chirac a ainsi déclaré le 16 juillet 1995 : « Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français ». Le Premier ministre Lionel Jospin a quant à lui déclaré le 21 octobre 1997 : « L'administration, des administrateurs, l'État français même, oui. N'oublions pas, face à ceux qui prétendent qu'il y aurait un absolu vide juridique, que, dans notre droit français actuel, subsistent encore des dispositions réglementaires qui viennent de Vichy, ce qui prouve que, malheureusement, il y a une forme de continuité. »&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’après-guerre aura enfin, au regard notamment de la prise de pouvoir d’Hitler en Allemagne et dans une moindre mesure de celle du maréchal Pétain en France, consacré en matière de doctrines juridiques la fin du positivisme légaliste, c’est-à-dire la fin de cette idée que tout ce qui est du droit serait légitime. Elle a en revanche consacré l’avènement du jusnaturalisme, doctrine selon laquelle il existerait des droits naturels, inaliénables et universels de l’homme que le législateur doit respecter pour être considéré comme légitime. Cette doctrine domine aujourd’hui encore la sphère juridique.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-4393765073164846781?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/4393765073164846781/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/la-loi-constitutionnelle-du-10-juillet.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4393765073164846781'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/4393765073164846781'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/la-loi-constitutionnelle-du-10-juillet.html' title='La loi constitutionnelle du 10 juillet 1940'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-2962925926433255196</id><published>2009-09-25T11:09:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:51:29.742+02:00</updated><title type='text'>Les blindés dans la Grande Guerre</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Les ‘tanks’ comme instrument de la victoire de l’Entente&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Le 15 septembre 1916, l’Etat-major britannique engage pour la première fois de l’Histoire 49 « tanks » dans le cadre de la bataille de la Somme. Un soldat allemand raconte : « Nos yeux émerveillés pouvaient contempler le spectacle de six engins blindés à chenille britanniques traversant le champs de bataille, passant à travers les barbelés, abattant des murs en pierre et, oui, renversant même de petits arbres. Cela nous semblait si irréel. ». Ces « engins blindés à chenille » devaient bientôt devenir des chars capables de franchir les cours d’eau et les massifs forestiers. Des chars capables de mettre un terme à la guerre de position. Des chars à mêmes de décider de l’issue de deux guerres mondiales, révolutionnant par là même l’art de la guerre. Prenant notamment appui sur la genèse de leur conception, cette étude se propose ainsi d’analyser le rôle des engins blindés durant le premier conflit mondial.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Comment avancer à couvert sous le feu ennemi ? Cette question en forme d’oxymore a hanté les stratèges militaires tout au long de l’Histoire. L’idée d’une arme mobile protégeant ses occupants semble de fait aussi ancienne que l’idée de guerre. Durant l’Antiquité, les Grecs construisaient d’immenses tours de siège dénommées Helepolis. Les archers Assyriens employaient des protections mobiles ainsi que des engins de siège qui pouvaient accueillir deux soldats disposant de louches à eau gigantesques qui leur permettaient d’éteindre un éventuel départ de feu. Les Chinois avaient inventé le Dongwu Che pour protéger leurs soldats sur le champ de bataille. Les Romains disposaient eux de tours mobiles protégées par des boucliers, se déplaçant sur roues et munies de catapultes. Indiens et Perses usaient avec succès d’éléphants de guerre. Tchèques et Polonais possédaient au Moyen-Âge de « chariots de guerre » en acier. Leonard de Vinci avait enfin dessiné les plans d’un véhicule de combat sur roues et doté de canons dont le mouvement serait assuré par la force humaine.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La plupart de ces armes étaient employées dans le cadre de sièges où les formations et manœuvres tactiques n’avaient qu’une importance moindre. Cette problématique apparut néanmoins urgente à résoudre lorsque les progrès technologiques liés à la Révolution industrielle menacèrent de transformer la guerre en un vaste siège, préfigurant la guerre de position et les tranchées.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Au rang des armes mobiles figurent également les trains blindés. Si ceux-ci peuvent transporter de lourdes charges, leurs mouvements demeurent conditionnés par la présence de chemins de fer. Ils sont en outre très vulnérables.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les avions sont pour leur part à mêmes d’attaquer des positions au sol mais ne peuvent, naturellement, s’emparer d’objectifs terrestres. Quant aux véhicules blindés, d’abord utilisés par les Britanniques, ils prouvèrent leur efficacité au combat mais n’apparaissent pas idoines dès lors qu’il s’agit de traverser des terrains accidentés, des marais, des tranchées ou encore des cours d’eau (du fait notamment de la faible surface de contact entre les roues et le sol).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les années précédant le premier conflit mondial sont l’objet d’importants progrès en la matière avec notamment la généralisation de l’automobile et le perfectionnement du moteur à allumage commandé (moteur à essence). De nouveaux véhicules dits mitrailleuses ou canons auto propulsés sont développés (qui consistent essentiellement en des mitrailleuses ou des canons montés sur des véhicules), de même que des véhicules blindés. Le premier véhicule blindé britannique est ainsi le Motor Scout, un quadricycle flanqué d’une mitrailleuse Maxim et protégé en partie par un blindage léger, mis au point par Frederick Richard Simms en 1898. Les Britanniques sont de fait les premiers à envisager de répondre à la problématique de la progression sous feu ennemi par un nouveau type de véhicule combinant des chenilles, du blindage, des tourelles ainsi que diverses armes. L’écrivain britannique Herbert George Wells participa en outre à cette révolution de la pensée stratégique en décrivant dans sa nouvelle The Land Ironclads parue en décembre 1903 dans The Strand Magazine l'utilisation de véhicules massifs, fortement blindés et maniables en tout type de terrain, armés de canons et de mitrailleuses et qui seraient en mesure de traverser un système de tranchées fortifiées en vue de nettoyer le terrain et faciliter de fait l'avancée de l'infanterie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les compagnies françaises Charron et Girardot &amp;amp; Voigt produisirent quant à elles un véhicule blindé équipé d’une mitrailleuse Hotchkiss et d’un blindage de 7 mm en 1902, notamment décrit par l’historien militaire Ed Ellsworth Bartholomew dans son ouvrage Early Armoured Cars. Spencer Tucker et Priscilla Mary Roberts soulignent dans leur encyclopédie World War One que les Autrichiens furent pour leur part les premiers à développer avec Austro-Daimler des véhicules blindés à tourelle en 1904 (basés sur les plans du lieutenant colonel de l’armée austro-hongroise Graf Schonfeld), de tels engins ayant notamment servi durant la guerre italo-turque de 1911-1912.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Des tanks pour mettre un terme à la guerre de position&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Pour l’historien militaire Bruce Gudmundsson (On Armor), la Première guerre mondiale participe de l’émergence d’une nouvelle demande en armements auto propulsés fortement blindés pouvant se mouvoir en tout type de terrain, rendant inéluctable le développement de « tanks » (testés pour la première fois par les Britanniques contre les colons hollandais lors de la seconde guerre des Boers en 1902). L’emploi d’engins blindés durant le premier conflit mondial répondrait ainsi de fait à l’impérieuse nécessité de mettre un terme à la guerre de position – nécessité qui fait elle-même écho à cette problématique ancienne de progression à couvert en dépit du feu ennemi. Le défaut majeur des véhicules blindés étant leur faible maniabilité, hormis en terrain plat, de nouveaux développements apparaissaient comme nécessaires.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le principe de ces « tanks » est de mobiliser une puissance de feu équivalente à celle de l’artillerie et des mitrailleuses à travers le no man’s land séparant les réseaux de tranchées tout en protégeant ses occupants du feu ennemi. Le rôle tactique ainsi assigné aux tanks consiste donc à accompagner l’infanterie pour percer le front, laissant par la suite la cavalerie exploiter la percée. Pour Marc Ferro (La Grande Guerre), « il fallait à tout prix fabriquer un engin tout terrain qui puisse protéger les attaques de l'infanterie, enlever les barbelés, détruire les nids de mitrailleuses et progresser en même temps que les troupes ». Bien que confrontés au cauchemar de la guerre de position après quelques semaines d’affrontements, peu de stratèges militaires comprirent durant la Première guerre mondiale que le moteur à combustion interne allait porter une révolution de l’art de la guerre. Celui-ci, équipant avions et tanks, permettrait en effet bientôt d’accroître leur mobilité et de fait leur efficacité au combat, préfigurant le développement de larges forces mécanisées qui assumeraient le rôle jusqu’ici tenu par la cavalerie. Ces forces mécanisées devaient devenir vingt ans plus tard les divisions blindées de la Seconde guerre mondiale.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Si en 1914, de nombreux prototypes de véhicules blindés tout terrain avaient déjà étaient imaginés, c’est bien du fait de la Grande Guerre que s’accélère leur développement, le Colonel de l’Armée française Jean-Baptiste Eugène Estienne ayant affirmé dès le 23 août 1914 que « la victoire appartiendra[it] dans cette guerre à celui des deux belligérants qui parviendra le premier à placer un canon de 75 sur un véhicule capable de se mouvoir en tout terrain ». Arnold D. Harvey démontre par ailleurs dans Collision of empires: Britain in three world wars, 1793-1945 que les avancées britanniques et françaises furent quasi concomitantes en la matière. En effet, de l’aveu du correspondant de guerre britannique sur le front ouest Ernest Dunlop Swinton (il fut nommé par le Ministre de la guerre Herbert Kitchener), « Le Colonel Estienne fut saisi en même temps que [les Britanniques] de l’idée qu’une arme ayant les caractéristiques des futurs tanks était nécessaire pour aider l’infanterie ». Les Français commencèrent à étudier des plans de véhicules blindés dès janvier 1915 et à en tester le principe à partir du mois de mai, c’est-à-dire deux mois avant l’essai du Little Willie en Angleterre, le prototype du tank Mark I. Tandis que le Little Willie devenait le premier prototype de tank à être produit, les stratèges militaires français testaient à Souain un prototype de véhicule blindé, le Schneider CA1. Les Britanniques sont néanmoins les premiers à engager des tanks sur le champ de bataille lors de la bataille de Somme en septembre 1916.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Des premiers prototypes d’« engins blindés à chenille »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Des premiers prototypes de ces « engins blindés à chenille » sont mis au point dès le début du siècle. En 1905, le polytechnicien et Capitaine de l’Armée française Léon Levavasseur propose au Ministère de la guerre un projet de véhicule décrit par Chris Ellis et Peter Chamberlain dans Armoured Fighting Vehicules of the World comme « ayant toutes les caractéristiques plus tard requises pour le design de tanks, comprenant notamment un canon de 75mm monté en avant d’une sorte de caisson en acier et autopropulsé par des roues articulées. Ce canon autopropulsé aurait accueilli trois soldats ainsi que des munitions et serait adapté à tout type de terrain. ». Ce projet de « pièce d’artillerie automobile » comme le décrit le ministère est finalement rejeté le 13 août 1908, l’ingénieur britannique David Roberts ayant déjà développé un véhicule similaire, le Hornsby. Quelques années plus tard, en 1911, l’ingénieur militaire Autrichien Günther Burstyn et l’ingénieur civil Australien Lancelot de Mole devaient eux aussi développer des projets de tanks rejetés par leurs gouvernements respectifs.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Des engins blindés à chenille furent néanmoins commercialisés à partir de 1908, notamment aux Etats-Unis. L’Armée française en emploie en outre dès le début de la Grande Guerre pour déplacer ses pièces d’artillerie lourdes en terrain accidenté.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Français expérimentent également entre 1914 et 1915 le véhicule Boirault visant à détruire les fils de barbelés et à exploiter des percées sur le champ de bataille. Ce véhicule est constitué de chenilles parallèles révolutionnant autour d’un centre motorisé triangulaire. Demeurant toutefois trop fragile, trop lent et très peu maniable, il est rapidement abandonné.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Les prototypes français&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Dans son ouvrage L'Aube de la Gloire, Les Autos-Mitrailleuses et les Chars Français pendant la Grande Guerre, l’historien militaire Alain Gougaud souligne également les travaux de l’ingénieur en construction Paul Frot qui propose en décembre 1914 au Ministère français les plans d’un « rouleau cuirassé » néanmoins dépourvu de chenilles. Son prototype, baptisé Frot-Laffy, est testé le 18 mars 1915 et parvient à détruire des barbelés mais se montre lui aussi trop lent et très peu maniable. Ce projet est ainsi abandonné au profit de celui du Général Estienne, le « Tracteur Estienne ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Français tentent en 1915 de développer des véhicules avec un armement et un blindage lourds montés sur des châssis de tracteurs, au rang desquels figure notamment le Fortin Aubriot-Gabet qui est alimenté par un câble électrique et armé d’un canon de marine de 37 mm mais se révèle inutilisable.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;En janvier de la même année, le fabriquant d’armements Schneider &amp;amp; Co. charge son chef de projet Eugène Brillié d’étudier les tracteurs à chenilles du fabricant américain Holt Company. A son retour du Nouveau continent, Brillié, qui avait déjà participé à la conception de véhicules blindés en Espagne, parvient à convaincre sa compagnie de lancer une étude de développement d’un tracteur blindé et armé basé sur un châssis Baby Holt.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les essais qui sont initiés en mai 1915 dans l’usine Schneider mettent en exergue la supériorité du Baby Holt chenillé 45-hp. Le 16 juin, de nouveaux essais sont effectués devant le Président de la République Raymond Poincaré puis le 10 septembre devant la Commandant Ferrus. Le premier véhicule blindé abouti est enfin testé à Souain le 9 décembre 1915 devant des officiers de l’Armée française (dont le Colonel Estienne).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 12 décembre, ce même Estienne présente à l’Etat-major un projet visant à mettre sur pied une force blindée équipée d’engins à chenille. Le plan est approuvé et dans une lettre datée du 31 janvier 1916, le Généralissime Joseph Joffre ordonne la production de 400 tanks (l’ordre de production de 400 Schneider CA1 étant néanmoins en réalité donné le 25 février 1916). Peu après, le 8 avril 1916, 400 autres tanks Saint-Chamond sont commandés. Schneider ayant toutefois des difficultés à remplir les délais de production, les livraisons de tanks s’étalent sur plusieurs mois à partir du 8 septembre 1916. Les tanks Saint-Chamond devaient quant à eux être livrés à partir du 27 avril 1917 (selon Ernest Dunlop Swinton dans Eyewitness; being personal reminiscences of certain phases of the Great War).&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Les prototypes britanniques&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le Royaume-Uni est l’autre grande puissance à avoir testé de nombreux prototypes de tanks durant les premières années de la guerre. Dès juin 1914, le Major de l’Armée britannique Duncan John Glasfurd soumet l’idée d’un véhicule doté d’une chaîne de roues (« pedrail wheels ») capable d’attaquer les lignes ennemies. En juillet 1914, l’ingénieur, correspondant de guerre et Lieutenant-colonel Ernest Swinton eut vaguement vent du développement des tracteurs Holt et de leur habileté à se mouvoir en terrain accidenté. De son propre aveu, il ne fit néanmoins le lien entre le principe des chenilles et le besoin d’un véhicule armé tout terrain qu’au mois de septembre. Dès octobre 1914, Sinwton recommande au Comité britannique pour la défense de l’Empire dans une lettre envoyée au Secrétaire Maurice Hankey (et rapportée par Van Lee dans Vin Rouge, Vin Blanc, Beaucoup Vin, the American Expeditionary Force in WWI) que des tracteurs chenillés soient blindés et armés pour être utilisés au combat. Hankey réussit par la suite à convaincre le War Office qui, bien que sceptique, consent à mettre à l’essai un tracteur Holt le 17 février 1915. Sa chaîne étant néanmoins bloquée par la boue, le projet est abandonné et le War Office abandonne pour un temps tout nouveau développement.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Il reprend néanmoins ses essais en mai 1915 avec le Tritton Trench-Crosser, un véhicule équipé de larges roues de tracteur de 8 pieds de diamètre et transportant des poutres qui lui permettraient de franchir les tranchées. Le véhicule se révèle toutefois trop encombrant et est lui aussi abandonné.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La Royal Navy et le Landships Committee (« Comité des chars ») créé le 20 février 1915 et dirigé par Winston Churchill acceptent de favoriser les essais de tracteurs blindés au titre de « chars ». En mars de la même année, Churchill ordonne la production de 18 chars expérimentaux, dont 12 utilisant des chenilles Diploack (un principe notamment défendu par l’officier de la Royal Navy Murray Sueter) et 6 utilisant de larges roues (une idée défendue par l’officier du Royal Naval Air Service Thomas Gerald Hetherington). Leur production est néanmoins abandonnée, les roues étant trop larges et trop fragiles et les chenilles trop encombrantes et pas assez puissantes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Du fait de l’échec de tant de projets, le principe de chars massifs est abandonné par les Britanniques en juin 1915. Le Landships Committee allait désormais étudier des prototypes de plus petite taille. L’essai d’un engin chenillé américain, le Bullock Creeping Grip se conclut lui aussi par un échec en juillet 1915. L’engin est modifié et le nouveau véhicule dit No1 Lincoln Machine est mis en construction le 11 août 1915, avant d’être testé le 10 septembre. Cet essai est encore une fois un échec.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les développements se poursuivent néanmoins, mettant notamment l’accent sur de nouveaux modèles de chenilles. Le Little Willie est ainsi testé le 3 décembre 1915. Un modèle de forme rhomboïde est ensuite mis au point pour compenser ses faibles capacités tout terrain, l’engin étant alors connu sous le nom de Centipede ou Mother, inaugurant les tanks Big Willie. Les essais conduits à partir du 29 janvier 1916 se révèlent cette fois-ci concluants et le War Office passe le 12 février une commande de 100 unités destinées à être utilisées en France. 50 nouvelles unités sont commandées en avril. Les premiers tanks britanniques étaient nés.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Le Général Haig engage les premiers blindés de l’histoire sur la Somme&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Afin de garder secrète la présence de ces chars en France, les Britanniques les dénomment « tanks », plutôt que l’appellation officielle de « landships ». Ils laissent ainsi croire que les plaques de blindage sont destinées à des réservoirs de pétrole. Le Tank Museum de Londres rapporte par ailleurs le témoignage du Secrétaire de l’Amirauté du Landhips Committee Albert Stern qui précise que d’autres termes comme « water tank » ou « cistern » avaient été étudiés. Les stratèges militaires britanniques entendaient en effet accumuler ces engins en France dans le plus grand secret afin de les engager massivement sans que les Allemands n’en aient vent au préalable. En outre, certains de ces « tanks » furent construits dans des usines de locomotives de Glasgow ironiquement appelées « Tank shops ». Ce secret entourant le développement des tanks couplé au scepticisme de la plupart des commandants d’infanterie empêche néanmoins les soldats d’infanterie de bénéficier d’un entraînement important les préparant à combattre avec des tanks.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le général britannique Douglas Haig qui commande les forces britanniques en France est cependant si impatient de gagner du terrain pendant la bataille de la Somme qu’il souhaite disposer des 60 premiers engins disponibles. Après une bataille d’attrition de plusieurs semaines, une nouvelle offensive est lancée le 15 septembre 1916 par le général Haig au sud-ouest de Bapaume. 11 divisions, dont 2 canadiennes sont engagées avec 49 chars en pointe. 32 seulement rejoignirent la ligne de départ et 21 sont finalement engagés. Appuyés par quelques uns d’entre eux, la toute nouvelle 41ème division réussit une progression de plus de trois kilomètres. Soutenue par deux de ces engins, la 2ème division canadienne s’empare pour sa part de Courcelette et High Wood tombe enfin. Il est néanmoins impossible de faire progresser les chars en terrain boisé. Malgré ces premiers succès, le système défensif allemand démontre de nouveau sa solidité, bien que les combats se poursuivent pendant plusieurs jours. En outre, le Général Haig commet pour Robin Prior et Trevor Wilson (The First World War) l’erreur de ne pas faire précéder l’assaut d’un barrage d’artillerie afin de protéger ses tanks de tirs alliés. Les zones où furent engagés les tanks s’avérèrent de fait celles où la résistance allemande fut la plus importante. Après dix jours de combats, la majorité des tanks était hors de combat.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’apparition des premiers tanks sur les champs de bataille de la Grande Guerre provoque bien évidemment la surprise générale. Sur la Somme, ils n’apportent toutefois rien de décisif à l’issue des combats. Ils sont trop dispersés par l’Etat-major allié et le terrain ne se prête pas à un assaut de blindé. Il s’avère en effet si boueux que les hommes eux-mêmes peinent à avancer. En outre, leur performance décevante ne fait qu’accroître le mépris des officiers conservateurs. « Mes pauvres Land Ships ont été lâchés prématurément et à une échelle trop médiocre, il y avait pourtant une vraie victoire derrière cette idée », se lamente Winston Churchill. Ernest Dunlop Swinton est alors démis de ses fonctions de chef des unités de blindés britanniques. Après la Somme, le ministère de la Guerre essaye même d’annuler une commande de 1 000 nouveaux blindés et quand certains d’entre eux s’envasent dans les marais de Passchendaele, il en profite pour baisser la production de 4 000 à 1 300 chars.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;« Au lieu de mettre en doute son propre jugement, commente l’historien militaire britannique Basil Liddell Hart, l’Etat-major perdit progressivement toute confiance dans les tanks. ». Mais surtout, les Allemands avaient pu capturer certains de ces chars et étaient déjà en train de mettre au point un modèle de projectile pour les détruire. L’échec d’Haig sur la Somme est de fait aussi un échec stratégique. Tout effet de surprise lié à l’engagement de blindés est dès lors perdu.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La première expérience des Français n’est elle non plus guère concluante : ils engagent leurs chars lors de la grande offensive Nivelle, le 17 avril 1917. Les énormes tanks Saint-Chamond de 27 tonnes se révèlent néanmoins très vulnérables. Les mitrailleuses lourdes et les canons allemands en détruisent 60 sur 120. « Les équipages furent grillés vifs, l'infanterie désormais sans protection fut massacrée » raconte ainsi Marc Ferro. Les Allemands en concluent que le canon l'emporterait toujours sur le tank. Ils commettent là une erreur qui devait leur être fatale.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« La bataille de Flers-Courcelette »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La bataille de Flers-Courcelette qui débute le 15 septembre 1916 et dure une semaine est la troisième et dernière offensive de grande envergure lancée par l’Armée britannique durant la bataille de la Somme.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;A l’instar des deux premières offensives britanniques durant la bataille de la Somme (la bataille d’Albert le 1er juillet et la bataille de pont Bazentin le 14 juillet), Haig espère pouvoir percer les défenses allemandes et rompre avec la guerre de position. Engageant la IVème Armée britannique du Général Rawlinson et une partie de l’Armée de réserve (qui devait devenir la Vème Armée de Gough), Haig prévoit que le XVème Corps perce les lignes allemandes au nord-est de Flers, permettant à la cavalerie de s’infiltrer dans les arrières ennemies. La majorité des troupes engagées se voient assigner trois ou quatre objectifs qui devaient pour la plupart être capturés dès le premier jour de la bataille si une percée était réalisée.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’attaque initiale est précédée d’un bombardement d’artillerie massif. Le 1er juillet, l’offensive est appuyée par un canon de campagne tous les 20 mètres du front et un canon lourd tous les 50 mètres. Ces nombres sont plus important encore à Flers-Courcelette où il y a un canon de campagne tous les 9 mètres et un canon lourd tous les 26 mètres. L’un des inconvénients du barrage d’artillerie est néanmoins que les tanks, étant lents, doivent être engagés avant l’infanterie. Ainsi, des pans du front doivent être épargnés par le barrage d’artillerie pour permettre aux tanks d’avancer. Du fait de cette stratégie, des points où la résistance allemande s’avèrera importante (et qui étaient naturellement les objectifs des chars) ne sont pas bombardés.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 15 septembre, premier jour de la bataille, l’avancée du XIVème Corps est mitigée. La 56ème Division qui devait couvrir le flanc droit de l’attaque est stoppée. Sur le flanc gauche, la 6ème Division fait face, au nord du bois de Leuze à une imposante position fortifiée allemande, le « Quadrilatère ». Elle ne parvient pas à avancer significativement malgré des combats acharnés. La Division de Gardes parvient quant à elle à capturer ses premiers objectifs, non sans difficultés. Elle stoppe néanmoins sa progression, pensant avoir capturé son troisième objectif, tant les combats qu’elle dut mener jusque lors furent éprouvants.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Sur la droite, l’offensive du XVème Corps connaît plus de succès mais ne parvient pas à accomplir la percée espérée. L’attaque est appuyée par 14 tanks (4 autres qui lui étaient alloués ne purent y prendre part). La 14ème Division doit nettoyer une poche de résistance allemande à l’est du bois de Delville. Cette attaque est menée par deux compagnies du 6ème bataillon de la Division d’infanterie légère « King’s Own Yorkshire » appuyées par un tank. L’assaut lancé le matin à 5 heures 30 est un succès, malgré la perte de tous les officiers.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les trois divisions du XVème Corps (la 14ème, la 41ème et la Division Néo-Zélandaise) atteignent la plupart de leurs objectifs. Au centre, la 41ème Division qui devait s’emparer de Flers s’était vu attribuer le plus de tanks. Le village de Flers est capturé tôt dans la journée, l’un des tanks ayant permis à l’infanterie d’avancer à couvert à travers l’avenue centrale. L’avance est toutefois stoppée une fois le village capturé. Le quatrième objectif qui était synonyme de percée ne peut être atteint.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le IIIème Corps obtient quant à lui des résultats mitigés le 15 septembre. Sur son flanc gauche, la 15ème Division parvient à capturer le village de Martinpuich mais sur sa droite, les 50ème et 15ème Divisions doivent se contenter de maigres progrès.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Enfin, à l’extrême gauche de l’offensive britannique, le Corps canadien de l’Armée de réserve du Général Gough atteint son objectif final dès 8 heures 25 du matin et parvient à exploiter ce succès en capturant le village de Courcelette.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’attaque est renouvelée le 16 septembre sans grand succès. La Division de Gardes subit de grandes pertes et doit être relevée. Au centre, le XVème Corps lance son attaque à 9 heures 25 du matin. Après un bombardement d’artillerie inefficace, la 14ème Division est incapable de progresser. L’attaque de la 21ème Division menée par la 64ème Brigade du Général de brigade Headlam est stoppée autour de Flers. Son unique tank est détruit par un obus d’artillerie. Le quartier général de la brigade de signalisation est aussi détruit à Flers par l’artillerie. La Division Néo-Zélandaise repousse une contre-attaque allemande et obtient des progrès limités avant d’être stoppée par le commandement allié du fait de l’échec sur le flanc droit. Le IIIème Corps n’obtient lui aussi que de maigres progrès.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 17 septembre, le Général Rawlinson ordonne la reprise de l’offensive le lendemain. L’attaque prévue est néanmoins repoussée jusqu’au 21 septembre avant d’être annulée. Les combats ne reprennent sur le front de la IVème Armée qu’autour de Morval, à l’est. Durant les sept derniers jours de la bataille de Flers-Courcelette, les Britanniques lancent une série d’attaques limitées afin de consolider leurs lignes, notamment autour de « High Wood » où l’échec du 15 septembre permit aux Allemands de former une saillie. Les pluies s’accentuent à partir du 18 septembre, décourageant toute velléité offensive.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La bataille de Flers-Courcelette est dans l’ensemble une réussite bien plus importante que l’attaque du 1er juillet mais elle ne parvient pas à remplir son objectif initial, percer les lignes allemandes. Bien que les unités britanniques avaient quasiment atteint les arrières allemandes, l’Etat-major allemand avait démontré qu’il disposait toujours de réserves suffisantes pour rétablir ses lignes. Cet affrontement marque également l’apparition des tanks sur les champs de bataille de la Première guerre mondiale, les attentes à l’égard de cette nouvelle arme étant très élevées. Les performances au combat des tanks britanniques Mark I se révèlent néanmoins décevantes et le commandant en chef des forces britanniques en France, le Général Douglas Haig est très critiqué pour avoir engagé cette arme secrète de manière si précoce. Il avait pourtant été averti par les commandants sous ses ordres (comme Ernest Dunlop Swinton) et par le gouvernement français qui avait dépêché à Londres le Colonel Jean-Baptiste Eugène Estienne et le Sous-secrétaire d’Etat aux inventions Jean-Louis Bréton pour convaincre le gouvernement britannique d’annuler l’ordre d’Haig. Il est en revanche plausible que les faibles performances des tanks sur la Somme confortèrent, à tort, le Haut commandement allemand dans son idée qu’ils étaient une arme inefficace, retardant ainsi ses propres programmes de développement de chars. L’expérience acquise durant la bataille de Flers-Courcelette permit en outre d’améliorer la conception des tanks.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Bien que l’engagement de tanks sur la Somme puisse laisser à postuler de la perte de l’effet de surprise, les évènements de la bataille de Cambrai (du 20 novembre au 7 décembre 1917) doivent mener à une analyse plus nuancée. A Cambrai, les tanks sont concentrés et réussissent à briser les lignes allemandes. Même si ce succès ne peut être exploité du fait de la contre-attaque allemande, il révèle que les Allemands n’avaient su mettre au point d’arme anti-char suffisamment efficace.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les actions des soldats canadiens sur la Somme sont enfin commémorées par le Mémorial de Courcelette sur la D929 (Albert-Bapaume), au sud du village de Courcelette.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Les Mark britanniques au front, de Bullecourt à Cambrai&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;En 1917, l’Entente envisage une rupture du front du fait de deux offensives : l'une française au Chemin des dames, l'autre britannique devant Arras. L'attaque du village de Bullecourt, situé au sud-est d’Arras, voit l’Etat-major britannique engager à nouveau les tanks Mark.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 11 avril 1917, deux brigades australiennes attaquent ainsi Bullecourt appuyées par 12 tanks mais sans le moindre soutien d'artillerie. Pris sous un feu d'enfilade, les Australiens doivent néanmoins se replier. Les pertes de la 4ème Brigade s'élèvent à 2258 sur un effectif de 3000 hommes. Les Allemands capturent en outre 27 officiers et 1137 hommes et ne déplorent que 750 tués. Le 3 mai 1917, une deuxième attaque est menée par les 62ème et 2ème Division australienne sur les deux flancs du village. Bullecourt est enfin capturé mais les Britanniques ne parviennent pas à percer la ligne Hindenburg. Au total, les pertes britanniques et australiennes s'élèvent à 14000 hommes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chars MK-1 et quelques nouveaux MK-2 envoyés sur le terrain neigeux de Bullecourt auront été cloués au sol. Non pas du fait du terrain mais parce que les nouvelles cartouches allemandes percent le blindage des chars. Les fantassins allemands percevaient 5 de ces cartouches de type « K » équipées même des mitrailleuses.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt; &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les Britanniques retiennent toutefois la leçon. Ils revoient le mode de fixation des plaques de blindage. Le nouveau char MK-IV fait ainsi appel à des blindages plus épais, résistants aux projectiles spéciaux des allemands. Le système de ventilation interne des blindés est également repensé et amélioré. Les MK-4 entrent en action en juin 1917 à Messines.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Après le désastre de l'offensive Nivelle et la boucherie du Chemin des Dames, le Général Philippe Pétain décide de rester sur la défensive en attendant les chars et les troupes américaines. Le Général Douglas Haig, commandant en chef du Corps expéditionnaire britannique opte quant à lui, pour une grande offensive dans les Flandres. L'action préliminaire de cette dernière consiste alors à capturer la crête de Wytschaete (8 kilomètres de long et parfois 84 mètres d'altitude). Le village de Messines (au sud d’Ypres) n'étant entouré que d'une colline et d’aucune crête, l’Etat-major britannique estime pouvoir réduire le saillant autour de Wytschaete. C’est la tâche confiée à la IIème armée du Général Herbert Plumer.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chars engagés, soit environ 75 MK-4, ont pour mission de soutenir l'infanterie, mais non d'opérer eux même la percée (ils ont pour principale tâche de nettoyer les nids de mitrailleuse). Cette fois, la préparation d’artillerie devait être massive. Le Général Herbert Plumer avait en effet ordonné une préparation de 17 jours précédant le jour de l’attaque fixé au 7 juin. Il déclare ainsi à son Etat-major avant la bataille : « Messieurs, nous n'écrirons peut-être pas l'Histoire demain, mais nous changerons certainement la géographie ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chars devaient arriver la veille de la bataille afin d'éviter leur qu’ils ne soient repérés. En outre, le bruit généré par leur déplacement couvre toute communication entre les véhicules. Il était donc nécessaire d'utiliser des marquages au sol pour que les unités blindées puissent gagner leurs positions. Faute de marquage, des guides devaient conduire les blindés. Privés tant de guides que de marquages, certains équipages de blindés devaient trouver seuls leurs positions en se basant sur des croquis ou sur les montées de l'infanterie. Arrivés au but, ils sont exténués avant même le début de la bataille.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’attaque de Messines est l’une des plus réussie de la guerre pour l’Entente. Après les explosions, les Britanniques et les troupes du Commonwealth (Australiens et Néo-Zélandais) passent à l'attaque et réussissent à coiffer rapidement le point sud de la crête. En deux heures seulement, certaines unités atteignent la deuxième ligne allemande et à 7 heures, les villages de Messines et de Wytschaete (capturé par les troupes irlandaises des 16ème et 36ème divisions) tombent aux mains des Alliés. Les troupes britanniques commencent alors à descendre le versant est de la crête et l'artillerie est poussée en avant. En début d'après-midi, les tanks et les troupes en réserve entrent en action. Enfin à 15 heures 10, les objectifs sont atteints. La crête est tenue, les Britanniques s'enterrent et réussissent à contenir les contre-attaques allemandes. La coopération entre les chars MK-4 et l’infanterie s’avéra bien meilleure à Messines que durant les précédents engagements de tanks. Les chars détruisirent les nids de mitrailleuses allemands, permettant à l’infanterie d’occuper facilement le terrain. Même embourbés, ils constituaient des points d'appui pour l'infanterie. Mais cet assaut n'aura pas permis de montrer toute l'étendue de leur potentiel. Une fois encore, les blindés s'étaient en effet vus assigner des objectifs secondaires. Ils prouvèrent néanmoins qu’ils pouvaient jouer un rôle plus important que celui d’un simple soutien de l’infanterie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les officiers spécialisés de l'arme blindée poussaient déjà depuis un certain temps les Etats-major vers un changement radical dans l'emploi des chars. Ils demandaient surtout que l'on emploie les blindés sur des terrains assez plats, c'est-à-dire pas encore pilonnés par l'artillerie et obtinrent satisfaction. La première bataille de Cambrai allait leur donner raison.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;La bataille de Cambrai&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Après la troisième campagne d’Ypres en 1917, le front ouest semble demeurer figé jusqu’au retour du beau temps. Néanmoins, les Etats-major britannique et allemand ont d’autres idées en tête. Le Général Haig prépare une nouvelle action pour effacer l’échec des Flandres. Il conclut après réflexion que le secteur de Cambrai demeure le plus propice pour telle offensive, les lignes allemandes n’y étant pas aussi défendues qu’ailleurs. Haig rassemble donc une armée comprenant notamment un important soutien de l’artillerie et des tanks mais ne peut constituer de réserves du fait des pertes importantes subies dans les Flandres et de l’activité sur le front italien. L’absence de réserves lui donne ainsi l’avantage de la surprise mais pas la possibilité de l’exploiter.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le secteur de Cambrai est notamment choisi car il n'a pas beaucoup subi les bombardements d’artillerie. Le terrain dégagé et plat qu’il présente apparaît donc idoine pour un engagement massif de blindés. De nouvelles techniques de tir d’artillerie sont en outre employées à Cambrai. Les positions ennemies étant désormais repérées à l’avance, les tirs sont ajustés par le biais de cartes et non plus en observant simplement les points d’impact. Ainsi, les tirs de barrage d’artillerie s’avèrent plus précis et plus efficaces, l’effet de surprise des bombardements étant restauré puisque le tir de salves préliminaires n’est plus nécessaire.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Des tranchées antichars larges et profondes avaient néanmoins été creusées par les Allemands. Les Britanniques imaginèrent de grouper les chars par 3, chacun emportant une grosse fascine. Le premier jetterait sa fascine dans la tranchée, les deux autres passant dessus et ainsi de suite.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La IIIème Armée britannique du Général Julian Byng ouvre la bataille de Cambrai. L’attaque principale conduite par des chars Mark IV fait face à une section de la ligne Hindenburg défendue par la IIème Armée allemande du Général Georg von der Marwitz. Le plan du Général Byng vise à percer les positions allemandes entre le canal de l'Escaut et le canal du nord. La cavalerie doit ensuite avancer rapidement sur Cambrai, tandis que les unités d'infanteries et les tanks prennent la crête de Bourlon avant d'avancer au nord-est sur Valenciennes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La bataille débute le 20 novembre 1917 par un bref tir de barrage de 1 000 pièces d'artilleries pour briser la résistance de la ligne Hindenburg. L'attaque principale est menée par 476 chars d'assaut (environ 380 en première ligne et une centaine en réserve). C’est la première utilisation massive de tanks de la guerre. Ces blindés sont suivis par 6 des 19 divisions du Général Byng et avancent de 8 kilomètres sur le front. Les premières attaques sont décisives. La ligne Hindenburg est percée par endroits de 9 à 12 kilomètres, sauf à Flesquières où les Allemands résistent avec acharnement et parviennent à neutraliser plusieurs chars. En outre, la mauvaise coordination entre l'infanterie et les tanks britanniques contribue ici encore à ralentir leur progression.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Malgré les grands progrès réalisés dès le premier jour de la bataille, les Britanniques rencontrent beaucoup de difficultés à maintenir leur rythme de progression. De nombreux chars d'assauts connaissent en effet des défaillances mécaniques, s'embourbant notamment dans les fondrières ou étant détruits par des tirs d'artillerie allemande à courte portée. La bataille se concentre autour de la crête de Bourlon, à l'ouest de Cambrai.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 30 novembre, les troupes allemandes engagées contre la IIIème armée britannique du Général Byng, entament des contre-attaques en vue de regagner le terrain perdu. Le Prince consort Rupprecht de Bavière, commandant du secteur menacé, a ainsi dépêché des renforts considérables au secours de la IIème armée du Général von der Marwitz qui a, jusque-là, essuyé le gros de l'attaque.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les contres attaques allemandes sont particulièrement efficaces, principalement pour trois raisons que sont l'utilisation d'un tir de barrage bref, l'emploi de nouvelles unités de soldats d'assaut (des Sturmtruppen, comme contre les Russes à Riga) et le soutien apporté par des avions à basse altitude aux unités en première ligne. Les Britanniques, trop déployés et manquant de réserves, sont contraints d'abandonner une grande partie du territoire âprement gagné. Le 3 décembre, le Général Haig donne l'ordre de retrait du saillant et le 7 décembre, tout le terrain conquis par les Britanniques est abandonné à l'exception d'une partie de la ligne Hindenburg autour d'Havrincourt, de Ribécourt et de Flesquières. Les Allemands gagnent en revanche une bande de terrain au sud de Welsh ridge.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;A Cambrai, les tanks qui n’avaient pu tenir seuls le terrain durent certes se replier. Mais peu à peu, une évidence s’impose à tous les Etats-major : engager des chars de manière massive était le moyen le plus efficace de percer les lignes ennemies en déplorant un minimum de pertes humaines, même face à des tranchées très bien défendues.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Les chars de la victoire&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chars lourds Saint-Chamond étant lents et peu maniables, l’Etat-major français donna rapidement la préférence aux tanks légers de Renault, Berliet et Schneider sans abandonner toutefois les Saint-Chamond qui, seuls, pouvaient franchir les coupures de deux mètres. Leur construction en grande série (Renault FT-17 et Schneider C.A.1 notamment) permit dès lors à l’Entente d’appuyer ses offensives par de larges déploiements d’engins blindés.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Les chars français remportent leur premier grand succès à Villers-Cotterêts, le 18 juillet 1918, durant la seconde contre-offensive de la Marne. Faisant références à ces blindés, Marc Ferro écrit : « Désormais ils participèrent à toutes les attaques en dépit des pertes sévères que leur infligèrent les Allemands (50 % par engagement). On ne conçoit plus de percée sans eux ». 500 nouveaux chars arrivant au front tous les mois, le roulement est en outre assuré. Ainsi, en août 1918, 1 500 chars français sont engagés en ligne pour autant de tanks anglais qui, sous la direction du Général Rawlinson, remportent à leur tour un grand succès stratégique le 8 août à Amiens. L'attaque alliée est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens, occupée par les Allemands depuis l'opération Michael menée au mois de mars 1918. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L'offensive est notamment menée par la IVème armée britannique du Général Rawlinson qui doit avancer méthodiquement sur un front de 25 kilomètres. L'attaque est précédée par un bref barrage d’artillerie avant qu’un peu plus de 400 tanks ouvrent l'avancée des 11 divisions britanniques engagées dans la première phase de l'assaut. L'aile gauche de la Ière armée française du Général Eugène Debeney soutient par ailleurs l'offensive britannique. Les défenses allemandes sont assurées par la IIème armée du Général Georg von der Marwitz et la XVIIIème armée du Général Oskar von Hutier. Les deux généraux allemands disposent de 14 divisions en ligne et de 9 en réserve. L'attaque franco-britannique est un plein succès et les Allemands sont contraints de battre en retraite de 15 kilomètres.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le comportement de l'armée allemande est en réalité inquiétant pour l’Etat-major et semble de mauvais présage pour la suite des hostilités. Certaines unités en première ligne ont simplement fui les combats sans opposer beaucoup de résistance, malgré les nouvelles armes anti-tank allemandes (Gewehr 1918). D'autres (quelque 15 000 soldats) se sont rapidement rendus. Quand la nouvelle parvient au général Ludendorff, chef d'Etat-major général adjoint, il qualifie le 8 août de « jour noir pour l'armée allemande ». Mais la situation ne s'arrange pas. Le lendemain, de nombreux autres soldats allemands sont faits prisonniers.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le 10 août, la bataille d'Amiens évolue vers le sud du saillant tenu par les Allemands. La IIIème armée française se dirige sur Montdidier et force les Allemands à abandonner la ville, permettant la réouverture de la ligne ferrée Amiens-Paris.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La première phase de l'offensive alliée arrive ainsi à son terme face à la résistance accrue des Allemands le 12 août. Cependant, leur défaite est nette. Les pertes allemandes s'élèvent à 40 000 hommes tués, blessés et 33 000 faits prisonniers. Les pertes françaises et britanniques totalisent 46 000 soldats. La bataille d’Amiens restera le plus grand affrontement de chars de la Grande Guerre, les nouveaux MK-V britanniques constituant l’essentiel des bataillons d’assaut. La cavalerie seule ayant en outre été décimée par endroits ou ayant dû fuir devant des nids de mitrailleuses allemands, les blindés semblaient déjà devoir dominer les champs de bataille.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Comme une ironie de l’histoire&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’armée allemande n’aura au contraire jamais cru à l’efficacité des blindés et fut de fait très en retard dans ce domaine. Seuls 20 chars A7V, des « boîtes blindées » peu manœuvrables, sont ainsi construits en 1918. Les derniers affrontements de la guerre voient pourtant se confirmer l’efficacité des tanks.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Lors de sa première grande opération indépendante durant la bataille de Saint-Mihiel en septembre 1918, l’Armée américaine engage 267 chars, tous de fabrication française, dont des FT-17, sous le commandement d’un certain Lieutenant-colonel George Patton qui devait brillamment s’illustrer durant la Seconde guerre mondiale. En novembre 1918, il y a plus de 2 000 chars français en ligne, les Français en ayant construit 4146 sur l’ensemble du conflit pour 2542 pour les Britanniques.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;L’Entente aura ainsi produit plus de 6000 chars durant la Grande Guerre. Des chars qu'on allait bientôt baptiser « les chars de la victoire ». Des chars qu’une poignée d’officiers allemands zélés allaient étudier après la guerre en vue de venger la défaite de 1918. Des chars dont l’un des plus célèbres d’entre eux, le Général Heinz Guderian, dira, non sans clairvoyance, que « s’ils réussissent, la victoire suivra ». Comme une ironie de l’histoire, ces mêmes chars devaient en effet écraser l’Armée française deux décades plus tard et offrir par là même sa revanche à l’Armée allemande.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Cet article est à paraître dans Champs de Bataille # 30 de novembre 2009 (tirage à 25,000 exemplaires).&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-2962925926433255196?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/2962925926433255196/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/les-blindes-dans-la-grande-guerre.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2962925926433255196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/2962925926433255196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/les-blindes-dans-la-grande-guerre.html' title='Les blindés dans la Grande Guerre'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-6882017687457978101</id><published>2009-09-25T11:08:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:52:14.527+02:00</updated><title type='text'>La Grande Guerre ou la naissance de la civilisation totalitaire</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;Hannah Arendt définit ainsi le totalitarisme dans son ouvrage Les Origines du Totalitarisme : « Le totalitarisme est avant tout un mouvement, une dynamique de destruction de la réalité et des structures sociales plus qu’un régime fixe ». Le système totalitaire tendrait ainsi à la totalité, à l’unité. Il ne se bornerait pas à contrôler les activités humaines mais entendrait s’immiscer jusque dans la sphère intime de la pensée et imposer à tous l’adhésion à une idéologie. Il recourre en outre généralement à un appareil policier employant la terreur, à une direction centrale de l’économie ainsi qu’à un monopole des moyens de communication de masse et de la force armée.&lt;br /&gt;Entre 1914 et 1918, les principales puissances mondiales se livrent une guerre planétaire. C’est une expérience inédite qui participe d’un bouleversement culturel, moral et sociétal. Les sociétés impliquées dans le conflit sont marquées pour des générations par son souvenir. La Grande Guerre se différencie des ‘guerres de conquête’ précédentes par son caractère impérialiste. Elle exalte l’idée de mobilisation totale des ressources et des individus tout en banalisant la violence. En bouleversant ainsi les sociétés, comment la Grande Guerre sème-t-elle les germes du totalitarisme ?&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Une remise en cause de la civilisation libérale »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La Grande Guerre marque les sociétés modernes par sa durée et son ampleur. C’est la première guerre impérialiste mondiale. Pour Hannah Arendt, elle se démarque des ‘conquêtes’ du passé. La Première Guerre Mondiale voit pour la première fois des puissances conquérir des territoires sans vouloir y exporter leurs lois et coutumes. Dans certains cas, elles appliquent en territoire conquis des lois qui seraient jugées inacceptables sur leur propre sol. La Grande Guerre constitue en ce sens un coup porté à la notion d’Etat-Nation et de démocratie. Son caractère impérialiste sème les premières graines du totalitarisme en ébranlant les structures de pouvoir habituelles. Arendt écrit : « L’impérialisme doit être compris comme la première phase de la domination politique de la bourgeoisie bien plus que comme le stade ultime du capitalisme ». Elle lie le début de la période impérialiste à la crise de l’Etat-Nation dès lors inadapté au développement capitaliste de l’économie. Arendt soutient que la bourgeoisie consciente de cette faiblesse choisit de s’intéresser aux affaires politiques pour assurer le maintien de la création de richesses. Elle poursuit : « L’impérialisme naît lorsque la classe dirigeante détentrice des moyens de production s’insurge contre les limites nationales imposées à son expansion économique ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La Grande Guerre participe également d’une contestation du libéralisme. Depuis le XIXème siècle, la notion de progrès semble exclusivement réservée au libéralisme et aux démocraties qui, tout en assurant les libertés individuelles, affirment promouvoir le progrès économique et social. Mais à l’aune des années vingt, la démocratie libérale est contestée. Elle est accusée, sous couvert d’un pseudo-libéralisme, de masquer l’exploitation du prolétariat par la bourgeoisie détentrice des moyens de production ou de laisser les égoïsmes individuels saper la cohésion nationale. En outre, le libéralisme économique est remis en cause par les démocraties libérales elles-mêmes. Durant la guerre, elles optent pour un renforcement de l’intervention de l’Etat dans l’économie aux dépens du laissez-fairisme habituel. Avec la Grande Guerre, c’est donc bien le système libéral qui est remis en cause.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Des sociétés préparées à la culture totalitaire »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Antithèse du libéralisme qui ne considère le progrès que comme une évolution lente et irrégulière, le totalitarisme prétend transformer radicalement et définitivement les sociétés en créant un ‘homme nouveau’. Or, la Grande Guerre consacre la ‘fabrication du consensus’ et le dirigisme économique. L’ensemble des activités humaines est dès lors dicté par l’effort de guerre et la société tout entière doit se réunir pour défendre la ‘cause nationale’. Ce processus de fabrication du consensus enfanté par le premier conflit mondial est illustré par la formation de gouvernements dits ‘d’union sacrée’.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ainsi, la Grande Guerre prépare les sociétés à la culture totalitaire. Pour l’écrivain Ernst Jünger, elle constitue l’exaltation de la mobilisation totale en étant la première guerre dite ‘totale’. La célébration de la guerre et de la technique moderne serait annonciatrice d’un nouvel ordre incarné par la figure de l’ouvrier-soldat oeuvrant au sein d’une société encadrée et disciplinée comme une armée. Ainsi, la Grande Guerre constitue un tournant historique vers une forme de civilisation ‘totalitaire’ car pour la première fois, forces humaines et naturelles du monde industriel moderne sont mobilisées de manière totale en vue de l’effort de guerre.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Jacob Talmon soutient quant à lui que le totalitarisme est originellement le produit d’une idée. L’annonce d’un avenir radieux (culte de la Victoire) et l’affirmation qu’il existe une vérité et une seule (union sacrée) portées par la guerre constitueraient les germes du totalitarisme.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Arendt envisage par ailleurs le concept des masses comme pierre angulaire du totalitarisme. Les masses qui se manifestent lors de la Première Guerre Mondiale apparaissent avec la révolution industrielle et sont le fruit de l’automatisation de la société et de l’urbanisation. Les liens sociaux traditionnels (village, religion) ont disparu ou se sont distendus. Isolé, l’homme de masse fait l’expérience de la ‘désolation’, c’est-à-dire le déracinement social et culturel accentué par les conditions de la guerre. Perdu dans un monde trop mouvant qu’il ne comprend plus et ne contrôle plus, l’individu trouverait dans le totalitarisme et les mouvements de masse une cohérence, une fraternité et une solidarité de substitution. Il s’identifie au chef du mouvement totalitaire alors que ce processus d’identification n’existe pas avec les dirigeants de partis traditionnels. Tel un prophète, le chef du mouvement totalitaire révèle la vérité dont serait porteur l’avenir. Dans un même ordre d’idée, le philosophe Eric Voegelin affirme que les idéologies totalitaires remplacent les religions en demandant à leurs adeptes de croire à la promesse d’un salut sur Terre.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Une banalisation de la violence »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;En outre, la guerre banalise la violence. Les solutions brutales et radicales proposées par le totalitarisme ont de quoi séduire des hommes aguerris par plusieurs années de combats sans merci. Quatre années durant, des millions d’hommes font en effet face à une violence inédite au front. Le modernisme accroît considérablement la puissance de feu sur les champs de bataille. Les hommes sont témoins de l’apparition des premiers engins blindés et doivent désormais faire face à l’aviation qui domine le ciel. La guerre développe le goût de la violence, de l’aventure, de la vie dangereuse. Elle habitue les sociétés, au front comme à l’arrière, à un climat militarisé. Cette violence portée par la guerre est consacrée par le totalitarisme. Pour Mussolini, « Le fascisme repousse le pacifisme. Seule la guerre porte au maximum de tension toutes les énergies humaines et imprime un sceau de noblesse aux peuples qui l’affrontent. Le fascisme transporte cet esprit anti-pacifiste dans la vie même des individus ».&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Dans son ouvrage De la Grande Guerre au totalitarisme – La brutalisation des sociétés européennes, Georges Mosse s’interroge sur l’origine de l’extrême brutalité des sociétés européennes du premier XXème siècle. Il soutient que s’il se développe un ‘mythe de la guerre’ en Europe au XIXème siècle, c’est bien le premier conflit mondial qui constitue une nouveauté et une rupture dans le rapport des hommes à la guerre et rend par là possible la ‘mort de masse’. Selon Mosse, ce mythe qui prend racine dans le passé guerrier des Etats permet la naissance d’une nouvelle religion civique où Foi et Nation se confondent, où la mort pour la patrie est sublimée, portant aux nues de nouveaux martyrs et saints, des lieux de culte et un héritage à entretenir. La guerre se banalise et prend un caractère sacré à travers deux notions. Celle de ‘trivialisation’ met en avant un processus de banalisation de l’expérience de guerre illustrée à travers la diffusion massive, dans le quotidien, d’images, d’objets, de jeux d’enfants. Celle de ‘brutalisation’ fait référence à une guerre d’un genre nouveau, extrêmement violente, qui rendrait ‘brutaux’ ceux qui y participent. Elle exalte de ce fait les jeunes générations à s’opposer à une société figée, à rechercher l’extraordinaire et l’excitation. Elle leur donne l’occasion de faire preuve de prouesse physique, de courage, de virilité, tout en idéalisant la vie de groupe et l’esprit de camaraderie.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Une crise morale »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;La guerre enfante des bouleversements importants. Elle aura été une saignée, près de dix millions d’européens y ont trouvé la mort. La ‘génération du feu’ est marquée par un traumatisme moral, sociétal et culturel qui se mesure à la tonalité de la littérature et de l’expression artistique après la guerre. Paul Valéry écrit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». La guerre constitue un choc profond et l’expérience du feu inspire Roland Dorgelès qui écrit Les Croix de bois. Il y insiste sur la présence obsédante de la mort qui change l’homme, sur la peur éprouvée par les soldats dans les tranchées au long d’interminables heures. Les tableaux d’Otto Dix ou encore Les Eparges de Maurice Genevoix retranscrivent eux aussi cette crise des valeurs qui frappe les sociétés occidentales. La civilisation occidentale qui est accusée d’avoir permis ces horreurs est remise en question. Au lendemain du conflit, les hommes revenus du front se groupent en associations d’anciens combattants pour défendre leurs intérêts (pensions, aides aux mutilées, aux veuves et aux orphelins) mais aussi pour prolonger cet idéal de défense de la patrie pour lequel ils ont donné leur sang. L’expérience de la guerre enfante des sociétés sclérosées par son traumatisme. La crise morale se manifeste par les drames en marge du conflit, les familles séparées, le relâchement des mœurs et des cadres sociaux. Raymond Radiguet fait scandale en publiant Le Diable au Corps dans lequel il relate les amours entre un adolescent et l’épouse d’un soldat parti au front. Cette crise des valeurs morales se caractérise encore par le bouleversement des fortunes et le phénomène de l’inflation. A quoi bon économiser pour sa retraite ou ses enfants puisque l’argent perd de sa valeur ? Ainsi, la réussite n’est plus perçue comme la rançon du mérite, de la vertu et du travail mais comme celle de l’habileté du spéculateur ou de la chance de l’aventurier.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Le malaise moral et intellectuel engendré par cette crise de civilisation s’exprime notamment par l’essor du mouvement Dada. Recherchant le beau à l’état brut, il rejette toute discipline et s’attaque à la source même du langage et de la pensée. Tristan Tzara écrit dans le Manifeste Dada : « Je détruis les tiroirs du cerveau, ceux de l’organisation sociale : démoraliser partout et jeter la main du ciel en enfer, les yeux de l’enfer au ciel ». Ce mouvement de révolte intense donne bientôt naissance au surréalisme théorisé par André Breton. Le surréalisme rejette tout contrôle sur la pensée exercé par la raison, toute préoccupation morale ou esthétique. Il entend exprimer le fonctionnement réel de la pensée et aboutit sur la création d’un univers insolite qui traduit non plus le monde décevant de la réalité emprisonné dans ses conventions, ses règles, sa discipline mais les pulsions profondes de l’esprit libéré de ses entraves. Autour du surréalisme se développe un climat artistique nouveau qui imprègne la poésie, la musique, la peinture, le ballet et surtout, le cinéma, nouvelle forme d’art qui s’épanouit durant les ‘années folles’.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Conclusion »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;Ainsi, la Grande Guerre sème les germes du totalitarisme en participant d’un bouleversement de la civilisation moderne. Le système libéral et ses valeurs, jusqu’alors prévalents, sont remis en cause. Pour Raymond Aron, « le totalitarisme n’est pas un phénomène qui se crée lui-même. Il possède une cause originelle qui gît dans le dysfonctionnement de la démocratie libérale issu des effets de la première guerre ». Une fois les germes du totalitarisme ainsi semées, c’est la conjoncture politique et économique des années 1920-30 qui rendra son émergence possible.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Cet article est à paraître dans Champs de Bataille # 30 de novembre 2009 (tirage à 25,000 exemplaires).&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-6882017687457978101?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/6882017687457978101/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/la-grande-guerre-ou-la-naissance-de-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6882017687457978101'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/6882017687457978101'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/la-grande-guerre-ou-la-naissance-de-la.html' title='La Grande Guerre ou la naissance de la civilisation totalitaire'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5731777509510563721.post-5654063203673391917</id><published>2009-09-25T11:04:00.001+02:00</published><updated>2011-07-27T22:53:39.746+02:00</updated><title type='text'>L'Union Soviétique durant la Seconde guerre mondiale</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;Le stalinisme de guerre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(ou La Grande Guerre Patriotique)&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Entre 1941 et 1945, l’Union Soviétique et le Troisième Reich se livrent une lutte à mort dont l’issue doit déterminer la destinée de millions d’individus. Face au fléau que représente l’invasion allemande, le régime stalinien doit réinventer le modèle soviétique pour lui permettre de mener la ‘Grande Guerre Patriotique’. Entre guerre idéologique et lutte patriotique, de la résistance au châtiment, l’étude du stalinisme de guerre livre le récit d’une Union Soviétique plongée dans le chaos de la Seconde Guerre Mondiale.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Le dimanche 22 juin 1941, à 3h30, la Wehrmacht entre en Union Soviétique sans déclaration de guerre, violant le pacte de non-agression signé le 23 août 1939 entre celle-ci et l’Allemagne. Vassili Grossman, témoin direct du front, raconte dans ses Carnets de guerre : « Au moment où la guerre a commencé, beaucoup de commandants en chef et de généraux étaient en villégiature à Sotchi. Beaucoup d’unités blindées étaient occupées à changer les moteurs, beaucoup d’unités d’artillerie n’avaient pas de munitions, pas plus que, dans l’aviation, on n’avait de carburant pour les avions... Lorsque, depuis la frontière, on commença à avertir par téléphone les états-majors supérieurs que la guerre avait commencé, certains s’entendirent répondre : ‘Ne cédez pas à la provocation’. Ce fut une surprise, au sens le plus strict, le plus terrible du terme ». L’usage de la Blitzkrieg à grande échelle permet à la Wehrmacht de s’emparer en cinq mois d’un territoire qui regroupe quarante pourcents de la population de l’Union Soviétique, qui fournit la moitié de sa production industrielle et les deux cinquièmes de sa production de céréales. Vassili Grossman écrit encore : « La population. Ils pleurent. Qu'ils soient en route, qu'ils soient assis, qu'ils soient debout près des palissades, à peine commencent-ils à parler qu'ils pleurent, et on a soi-même envie de pleurer malgré soi. Quel malheur ! ».&lt;br /&gt;A l’hiver 1941, la Wehrmacht est à trente kilomètres de Moscou. Leningrad, ville berceau du Soviétisme, est assiégée et plus de trois millions de soldats soviétiques sont faits prisonniers. Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de l’avancée allemande. Staline, en dépit d’avertissements nombreux, a refusé de croire à l’offensive allemande qui prend ainsi les soldats et états-majors soviétiques par surprise. Durant les premiers jours de l’offensive allemande, pratiquement aucune résistance efficace n’est opposée à la Wehrmacht. L’Armée Rouge n’est pas préparée. Son matériel est dépassé, les conceptions stratégiques de son état-major sont en retard d’une guerre. Privée de nombreux officiers supérieurs purgés en 1937 et 1938, l’Armée Rouge ne peut ainsi faire face au choc mécanisé qu’oppose la Wehrmacht. Les craintes exprimées par le désastre soviétique durant la Guerre Hivernale qui l’oppose à la Finlande de novembre 1939 à mars 1940 se voient ainsi confirmées.&lt;br /&gt;L’invasion allemande soumet à rude épreuve le système soviétique et ses institutions, plaçant par la même le collectif soviétique face au réel. A partir du 22 juin, près de dix jours durant, Staline ne s’exprime pas publiquement. Les rumeurs circulent, certains le disent même mort. Il sort enfin de sa réserve le 3 juillet et prononce un discours qui marque le déclenchement de la Grande Guerre Patriotique : « Camarades, citoyens, frères et sœurs ! La perfide agression militaire de l’Allemagne hitlérienne contre notre Patrie, lancée le 22 juin, se poursuit. Les forces germano-fascistes sont-elles aussi invincibles que le claironnent inlassablement les propagandistes fascistes emplis de vantardise ? Bien sûr que non ! L’Histoire montre qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’armée invincible. L’armée de Napoléon était considérée comme invincible, mais elle a été défaite par les troupes russes. L’armée germano-fasciste de Hitler ne fait pas exception à cette règle. […] L’ennemi ne doit pas trouver une seule machine, un seul wagon, pas un morceau de pain ni un verre de pétrole. Les kolkhoziens doivent emmener tout leur troupeau. ». Jamais on n’avait entendu de telles paroles de la bouche du terrible Géorgien et dès lors, l’Union Soviétique s’efforce de mobiliser toutes ses forces pour combler le fossé mis à nu par la guerre entre le ‘pays réel’ et le collectif conçu et imposé par le pouvoir. Plusieurs aspects de cette ‘Grande Guerre Patriotique’ permettent d’aborder le stalinisme de guerre. Des millions de soviétiques s’engagent dans l’Armée Rouge pour répondre à l’appel de Staline et le système soviétique tout entier est adapté à la guerre. L’identité du collectif soviétique est reformulée pour mobiliser au mieux ses forces vives. La Grande Guerre Patriotique permet la naissance d’une réelle ‘société soviétique’. La haine de l’envahisseur fasciste et le désir de vengeance sont cultivés voire attisés. Ainsi, l’invasion allemande est un fléau que l’Union Soviétique doit surmonter si elle veut survivre. De quelle manière l’Union Soviétique parvient-elle à faire face à l’invasion allemande ? En quoi le stalinisme de guerre et la ‘Grande Guerre Patriotique’ permettent-ils la résistance puis la victoire face à l’Allemagne tout en constituant une formidable fracture de l’histoire de l’Union Soviétique ?&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« Une économie de guerre sui generis »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;L’aspect le plus manifeste de la Grande Guerre Patriotique est l’adaptation, la mutation du système soviétique et du stalinisme. Les années 1941-1945 constituent à la fois une fracture de l’histoire du stalinisme mais également son paroxysme en certains points. Le fonctionnement du système soviétique en ‘conditions extrêmes’, c’est-à-dire l’effort de guerre totale, est facilité par le fait que l’économie soviétique était, selon Oscar Lange, une « économie de guerre sui generis » fonctionnant depuis le début des années trente en conditions extrêmes et capable de mobiliser une main-d’œuvre civile rompue à un style de commandement militaire et à toutes les privations.&lt;br /&gt;Dans son discours du 3 juillet 1941, Staline appelle à la mobilisation du peuple soviétique : « Pour l’Union Soviétique, il n’existe que deux issues : la vie ou la mort, la vie ou la mort des peuples de l’Union Soviétique, la liberté ou la servitude. Le peuple soviétique doit en avoir conscience et abandonner toute complaisance. Il doit se mobiliser et réorganiser sa production en un effort de guerre dans lequel il ne peut y avoir de merci pour l’ennemi. »&lt;br /&gt;Ainsi, la mobilisation militaire se déroule en plusieurs vagues. En juin 1941, quatre millions huit cents mille soviétiques nés entre 1919 et 1922 sont rappelés dans l’armée. La première mobilisation générale concerne les soviétiques nés entre 1905 et 1918. La seconde, qui est décrétée en juillet-août 1941, concerne les recrues nées entre 1898 et 1905. Ce sont des réservistes et certains d’entre eux ont même connu la Première Guerre Mondiale et la Guerre Civile. Au total, ce sont trente quatre millions et demi de soviétiques qui sont mobilisés dans l’Armée Rouge.&lt;br /&gt;Mais l’effort le plus extraordinaire s’exerce dans l’industrie. Dès les premiers jours de l’invasion allemande, le Conseil de l’Evacuation crée le 24 juin déménage en hâte quinze cents usines des régions menacées. Des dizaines de milliers de trains les transportent à des centaines de kilomètres du front, dans l’Oural et la Sibérie. Quelques semaines plus tard, ouvriers et surtout ouvrières travaillent de nouveau pour l’Armée Rouge. L’Union Soviétique est elle aussi une grande puissance industrielle. Il était vital à son effort de guerre de sauver ce qu’il restait du potentiel industriel et de l’évacuer, avec une partie de la main-d’œuvre, vers l’arrière avant l’arrivée des troupes allemandes. Fin 1942, deux mille six cents grandes usines ont été évacuées.&lt;br /&gt;Le remontage d’usines reconverties et réassemblées s’effectue dans des conditions très dures pour la main-d’œuvre évacuée : entre onze et dix-huit millions de personnes logées dans des baraquements de fortune et quasiment affamées travaillent douze à quatorze heures par jour pendant dix-huit mois. Le transfert de millions de civils vers l’est est pris en charge par le N.K.V.D.. Dans ces opérations d’évacuation très militarisées, l’expérience acquise durant les années trente par le N.K.V.D. en matière de ‘mobilisation militaire de l’économie’ constitue un modèle pour ces années de guerre. Au total, plus de onze millions de soviétiques sont évacués des régions occupées par le Conseil de l’Evacuation. L’effort de guerre est pharaonique et il n’existe aucun équivalent dans l’histoire industrielle de l’Europe. En 1942, la production de guerre soviétique a augmenté de quarante huit pourcents par rapport à son niveau de 1940. Alors qu’en 1940, trois cents cinquante huit chars de dernier modèle avaient été construits, au cours des six premiers mois de 1941 seulement, leur nombre s’élève à mille cinq cents trois et dans les six derniers mois, malgré l’occupation par les Allemands du cœur industriel de la Russie, quatre mille sept cents quarante chars modernes supplémentaires sont produits. Dès la fin de 1942, la production d’armements de l’Union Soviétique dépasse celle de l’Allemagne. La production de blindés et d’avions est alors le double (cinquante mille) de la production allemande, en 1944 celle de canons est trois fois supérieure (cent vingt deux mille). &lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;« Une déstalinisation spontanée ? »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Le stalinisme se montre néanmoins encore un peu plus dur envers ses travailleurs en temps de guerre. La loi du 26 décembre 1941 assimile tout changement de travail non autorisé à une désertion passible des tribunaux militaires et sanctionnée de cinq à dix ans de camp. Entre 1942 et 1945, un million de personnes sont condamnées en vertu de cette législation.&lt;br /&gt;Les graves pénuries de main-d’œuvre engendrées par la mobilisation dans l’Armée Rouge obligent le gouvernement à décréter la mobilisation générale du travail. Des millions de femmes et d’adolescents sont affectés dans l’industrie et la construction. De plus, près de deux millions d’adultes et d’adolescents sont rapidement formés dans des écoles professionnelles accélérées pour remplacer les spécialistes partis au front. Cette mobilisation fait de plus en plus appel aux femmes (dont la part dans la main-d’œuvre industrielle passe de trente sept à soixante pourcents entre 1941 et 1945) et s’accompagne d’une vaste campagne ‘d’émulation socialiste’ et de ‘course aux records’ qui rappelle les heures du stakhanovisme ainsi que d’un durcissement généralisé des conditions de travail. La Grande Guerre Patriotique et l’effort de guerre enfantent ainsi une profonde mutation du système économique soviétique.&lt;br /&gt;Par ailleurs, les détenus du Goulag sont eux aussi activement mis à contribution dans l’effort de guerre. Environ six cents mille détenus condamnés à de courtes peines sont libérés et affectés aux usines d’armement. Un demi million de détenus ayant purgé leur peine est versé dans l’Armée Rouge.&lt;br /&gt;Mais ce formidable effort de mobilisation économique est également source de désordres et de frustrations au moment où les populations évacuées vers l’arrière voudront rentrer chez eux contre la volonté des autorités. La mobilisation économique et militaire de l’Union Soviétique constitue un des aspects de l’adaptation du système stalinien durant la Grande Guerre Patriotique. Mais l’adaptation est également politique.&lt;br /&gt;La mutation de la politique stalinienne durant la Grande Guerre Patriotique comporte des contradictions. Elle est faite de relâchements et d’accroissements des pressions. Comme on l’a vu, la mobilisation économique se fait dans un climat militarisé. Pourtant, les ‘frontoviki’, les combattants du front, témoignent unanimement d’une liberté des propos au front, d’une nouvelle manière de communiquer et de s’informer, du recul de la peur du mouchard, qui avait atteint son apogée quelques années plus tôt, en 1937-1938 notamment. L’historien russe Mikhail Guefter va même plus loin en soutenant la thèse que « les années 1941-1942 marquèrent le début d’une sorte de déstalinisation spontanée caractérisée par la résurgence d’un sentiment de responsabilité individuelle pour le destin de la patrie, l’ébauche d’une opinion individuelle sur le présent et le futur de cette patrie. » La Grande Guerre Patriotique entraîne donc un certain relâchement des contrôles idéologiques et politiques. Il est le fruit des désastres militaires initiaux, des tentatives allemandes de déstabiliser le régime en exploitant les mécontentements politiques, nationaux et sociaux des populations (armée Vlassov, maquis anti-communistes en Ukraine jusqu’en 1946), ainsi que de la nécessité nouvelle d’un sursaut national. Cette mutation de l’idéologie stalinienne se manifeste notamment par les rapports nouveaux entre l’Etat et l’Eglise Orthodoxe, par la résurgence des valeurs russes, nationales et patriotiques. Cet aspect sera approfondi par la suite. Le contrôle idéologique est également assoupli dans la sphère culturelle. Ecrivains, poètes, compositeurs réduits au silence avant guerre (Anna Akhmatova, Kornei Tchoukovskyi, Serge Prokofiev) sont à nouveau autorisés à publier leurs œuvres.&lt;br /&gt;Le relâchement des contrôles politiques et idéologiques se manifeste également par le recrutement massif au Parti Communiste dès août 1941 « de tous ceux qui se sont distingués sur le champ de bataille », indépendamment des origines sociales, sans la nécessité d’un ‘stage probatoire’ ni la recommandation de ‘parrains politiques’. C’est ainsi que durant la Grande Guerre Patriotique, près de quatre millions de Soviétiques, en grande majorité militaires, adhèrent au Parti. A la victoire, le Parti compte cinq millions sept cents mille membres dont soixante dix pourcents ont adhéré depuis 1941, constituant un renouvellement profond sur de nouvelles valeurs, la Guerre, la Patrie, la Victoire.&lt;br /&gt;La Grande Guerre Patriotique est également le témoin d’un relâchement de l’idéologie économique. La condamnation absolue de tout ce qui pouvait être assimilé à une forme d’économie de marché est abandonnée. Les entreprises sont encouragées à attribuer de petits lopins à leurs salariés afin que ceux-ci puissent y cultiver un potager. Dans les campagnes, les autorités locales très affaiblies laissent aux kolkhoziens une plus grande liberté pour monnayer leur production personnelle. Le marché libre développe son activité et fournit plus de la moitié des achats alimentaires des citadins contre le cinquième avant guerre et quatre vingt quinze pourcents des revenus monétaires des ruraux. Durant la guerre, les kolkhoziens s’approprient en toute illégalité cinq millions d’hectares de terres collectives.&lt;br /&gt;Et pourtant, en certains aspects, le système stalinien accroît les pressions. Des mesures telles que l’ordre d’exécution d’individus suspectés de collaboration avec l’occupant fasciste, l’ordre 227 qui ordonne aux commissaires politiques du front de fusiller les soldats qui battent en retraite et qui signe la mort d’un million de soldats soviétiques, ou encore la déportation des prisonniers de guerre soviétiques à leur retour parce qu’ils sont suspectés d’avoir été perverti par la culture occidentale montrent un certain renforcement de l’oppression stalinienne. Mais elles participent elles aussi d’une stratégie d’adaptation du pouvoir aux conditions nouvelles de la Guerre.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« De l’idéologie socialiste au patriotisme russe »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;L’ensemble de la politique stalinienne durant la Grande Guerre Patriotique, la mobilisation totale des ressources et des individus, les rapports ambigus entre l’Etat et l’individu, entre l’Etat et l’Eglise Orthodoxe ou la frontière indécise entre relâchement et renforcements des pressions, participe d’une mutation générale du stalinisme. Afin de remporter cette guerre, le stalinisme doit non seulement s’adapter mais doit également procéder à une reformulation de l’identité commune et délaisser l’idéologie socialiste au profit du patriotisme.&lt;br /&gt;Le 7 novembre 1941, alors que la Wehrmacht est à moins de cinquante kilomètres de Moscou et que la Luftwaffe peut surgir à tout moment, Staline s’adresse sur la Place Rouge aux soldats qui montent au front : « Il y eut des moments où notre pays s’est trouvé dans une situation difficile. Rappelez-vous 1918. Les trois quarts de notre pays étaient alors aux mains des interventionnistes étrangers. Nous avions provisoirement perdu l’Ukraine, l’Asie centrale, l’Oural, la Sibérie et l’Extrême-Orient. L’esprit du grand Lénine et son étendard victorieux sont aujourd’hui une source d’inspiration pour mener la Grande Guerre Patriotique, comme il y a vingt trois ans. Le monde entier nous regarde et regarde la force qui nous permet d’anéantir les hordes de pillards et d’envahisseurs allemands. Les peuples d’Europe, tombés en esclavage sous le joug des envahisseurs allemands, nous regardent comme leurs libérateurs. Une grande mission de libération nous incombe. Soyons à la hauteur de cette mission ! La guerre que vous menez est une guerre de libération, une guerre juste. Que l’exemple du courage de nos grands ancêtres, Alexandre Nevski, Dimitri Donskoï, Kouzma Minine, Dimitri Pojarski, Alexandre Souvorov, Mikhaïl Koutouzov, vous inspire dans la conduite de cette guerre ! Que l’étendard invincible du grand Lénine vous protège ! Pour la liquidation complète de l’envahisseur allemand ! Mort aux occupants allemands ! Vivent notre patrie glorieuse, sa liberté, son indépendance ! Sous l’étendard de Lénine, en avant vers la victoire ! »&lt;br /&gt;Ainsi, la Grande Guerre Patriotique est source de consensus et d’unité nationale autour de nouvelles valeurs. L’idéologie socialiste est délaissée au profit du patriotisme russe et la guerre est élevée au rang de guerre sacrée (la plus célèbre marche de l’Armée Rouge composée par Alexandrov est dénommée ‘La Guerre Sacrée’). Reprenant l’adresse qui avait soudé la communauté nationale à travers les siècles (« Frères et soeurs, un danger mortel menace notre Patrie ! »), Staline exalte les valeurs russes et patriotiques, inscrivant la guerre contre l’ennemi séculaire dans la longue tradition des guerres ‘sacrées’ livrées par la Russie. Les références à la « Grande Nation russe de Plekhanov, de Lénine, mais aussi de Pouchkine, de Tolstoï, de Tchaïkovski, de Tchekhov, de Souvorov et Koutouzov » sert de support à cette nouvelle ‘guerre sacrée’. Le rapprochement avec l’Eglise orthodoxe, indissolublement liée au passé national, est un second aspect de l’évolution idéologique du régime pendant la guerre. L’Eglise Orthodoxe contribue elle-même à faciliter ce revirement. Dès le 22 juin 1941, le Métropolite Serge, qui depuis 1924, dirige de fait l’Eglise orthodoxe, sans avoir le titre de Patriarche (le pouvoir n’ayant pas autorisé, depuis la mort du Patriarche Tikhon, en 1924, la tenue d’un Concile) donne, dans une Lettre pastorale, la bénédiction de l’Eglise à la « défense des frontières sacrées de la Patrie ». Dès septembre 1941, les nombreux périodiques anti-religieux sont supprimés, et la Ligue des sans-Dieu dissoute. Des centaines d’églises sont réouvertes à la demande des paroissiens, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. Dans le courant de l’année 1942, deux hauts dignitaires de l’Eglise orthodoxe sont invités à participer aux travaux de la Commission d’enquête sur les crimes nazis. A Pâques de la même année, le couvre-feu est levé à Moscou pour que les fidèles puissent participer à la messe de minuit. Puis, en septembre 1943, Staline lui-même reçoit au Kremlin une délégation de hauts dignitaires de l’Eglise Orthodoxe, effaçant ainsi des années de rupture entre l’Etat et l’Eglise. Staline autorise la tenue d’un Concile et l’élection d’un nouveau Patriarche. Ces mesures d’apaisement ont pour effet de multiplier par dix le nombre de baptêmes et de mariages religieux entre 1941 et 1945.&lt;br /&gt;Alors qu’en 1941, le peuple soviétique ne repose sur aucun socle identitaire stable, la Grande Guerre Patriotique lui fournit une nouvelle identité commune.&lt;br /&gt;En évoquant dans ses discours les grands ancêtres de la Russie, les victoires de l’Empire en 1812, Staline opère une révision drastique du récit historique officiel jusqu’alors prévalant, soulignant le caractère ‘impérialiste’ ou ‘de classe’ des guerres menées avant l’avènement du Socialisme. L’homme qui s’adresse au peuple soviétique n’est pas le leader d’un parti révolutionnaire, mais le chef d’une nation au passé héroïque, liée à son patrimoine et à sa terre natale. Dans ses discours, les souverains de l’ancienne Russie qui luttèrent contre le joug tatar prennent le pas sur les héros de la Guerre Civile, absents de la liste. De nombreux signaux, adressés au peuple russe comme aux Alliés, veulent montrer que l’Union Soviétique renoue avec la Russie d’hier. Suivant la dissolution de l’Internationale communiste en 1943, ‘L’Internationale’, hymne de l’Union Soviétique depuis 1917, est remplacée par un hymne patriotique en 1944, ‘Soyouz’.&lt;br /&gt;Dans son ouvrage Making Sense of War, Amir Weiner soutient que la guerre sacrée a joué un rôle fondamental dans la restructuration des identités et aurait notamment permis une véritable intégration dans la ‘nation combattante’ des jeunes paysans, laissés pour compte et parias des années trente. La Grande Guerre Patriotique est sorte de ‘re-naissance’ qui remettrait les ‘compteurs à zéro’. Dans La Russie en Guerre, Alexandre Werth, correspondant de guerre britannique d’origine russe sur le front de l’est, cite une lettre envoyée par un jeune soldat : « Oui, je sais, mes parents étaient des bourgeois, ils ont payé. Qu’importe. Moi, je suis Russe et Soviétique, à cent pourcents. Je suis fier d’avoir été pris au Parti, d’avoir combattu, d’avoir été, quatre années durant, l’un des millions de soldats de Staline, de soldats victorieux allant au combat pour la Patrie, pour Staline ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« La guerre devient l’affaire de tout le peuple russe »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;La Grande Guerre Patriotique permet donc une renaissance nationale, la reformulation d’une identité commune en même temps que sont réhabilités l’Empire et l’Eglise Orthodoxe et que naît réellement la société soviétique.&lt;br /&gt;D’autre part, Staline exalte la composante russe comme ciment du peuple soviétique. Nationalisme soviétique et nationalisme russe se confondent. Le peuple soviétique doit prendre corps par la russification. Conscient de l’ambiguïté de cette restauration de la nation russe, le pouvoir encourage l’exaltation de certains héros nationaux non-Russes, révisant allègrement les épopées nationales afin de souligner la ‘communauté de destin’ des peuples ‘réunis’ sous l’Empire, gommant la dimension guerrière et coloniale de cette ‘réunion’. Ces gestes n’atténuent cependant pas l’impression d’ensemble de bien des non-Russes de se situer à un rang inférieur aux Russes dans la communauté des peuples de l’Union Soviétique, la propagande louant sans relâche le peuple russe comme acteur principal dans l’effort de guerre. La déportation de peuples entiers confirme la hiérarchie de plus en plus manifeste des nationalités qu’instaure le pouvoir. Lorsque Staline prononce, le 24 mai 1945, son discours de la victoire, il porte un toast au peuple russe (et non pas au peuple soviétique), « peuple dirigeant de l’Union Soviétique qui a acquis par sa clarté d’esprit, sa fermeté de caractère et sa patience le droit d’être reconnu comme le guide de toute l’Union ».&lt;br /&gt;L’union nationale est enfin permise par la menace fasciste et par le culte de la Victoire. Le 6 novembre 1941, Staline déclare dans le métro de Moscou devant les Komsomols (jeunesses communistes) : « Après quatre mois de guerre, je dois souligner que la menace, loin de diminuer, s’est au contraire aggravée. L’ennemi a pris la plus grande partie de l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, les Pays Baltes. Il est arrivé près du Don. Des nuages noirs planent sur Leningrad et menacent notre glorieuse capitale Moscou. »&lt;br /&gt;La propagande et le pouvoir tentent de tirer profit du danger représenté par l’invasion allemande afin de mobiliser le peuple soviétique autour de la guerre sacrée. Les affiches de propagande montrent l’envahisseur allemand comme ‘la bête fasciste’ et use de la figure de la ‘Mère Patrie’ pour représenter l’effort de guerre. Aux actualités de la guerre est montré un poète en uniforme : « La Patrie a de nouveau appelé ses fils et ses filles à défendre les saintes frontières de notre terre soviétique. Et tous les Soviétiques, ouvriers et kolkhoziens, savants et écrivains se rangent sous la bannière sacrée de Lénine pour repousser les attaques de l’ennemi et pour ne pas laisser pénétrer la vile canaille nazie sur notre terre soviétique sacrée. » Dans ce climat exalté, les volontaires sont innombrables, parfois de très jeunes gens, souvent des hommes mûrs. La guerre est devenue l’affaire de tout le peuple russe.&lt;br /&gt;Des mythes sont fabriqués par la propagande et participent d’une transposition de l’émulation stakhanoviste sur les thèmes militaires. Le tireur d’élite Vassili Zaïtsev est l’un de ces héros. Durant la bataille de Stalingrad, il abat deux cents vingt cinq officiers allemands.&lt;br /&gt;Pour autant, c’est bien plus du fait des rumeurs et du vécu de l’occupation allemande que se forge cette unité nationale. La propagande a peu d’effet mais les rumeurs de massacres, d’exécutions sommaires ou de tortures perpétrés par l’occupant permettent le renforcement de l’unité soviétique. Pour les Soviétiques, l’invasion allemande est un fléau qu’il faut surmonter. La Grande Guerre Patriotique devient une guerre que le peuple soviétique doit remporter s’il veut survivre.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« Une farouche volonté de résister »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;La Grande Guerre Patriotique permet la reformulation de l’identité commune soviétique et la naissance d’une unité nationale autour de valeurs comme le patriotisme, le nationalisme russe, l’Eglise Orthodoxe ou la défense face à la menace fasciste. Pourtant, ce sont surtout la peur et la haine de l’envahisseur fasciste qui permettent d’expliquer la ténacité de la résistance du peuple soviétique et l’intensité du châtiment qu’il impose par la suite à l’Allemagne.&lt;br /&gt;Pour bon nombre de Soviétiques, la Grande Guerre Patriotique est synonyme d’occupation.&lt;br /&gt;Dès son discours du 3 juillet 1941, Staline appelle à la résistance en territoire occupé : « Dans les territoires occupés par l’ennemi, des unités de guérilla doivent être formées, des groupes de sabotage doivent être organisés pour combattre les unités ennemies, pour faire sauter des ponts et des routes, pour endommager les lignes téléphoniques et télégraphiques, détruire les dépôts de munitions et les infrastructures et mettre le feu aux forêts. Dans les régions occupées, l’ennemi et ses complices doivent faire face à une situation ingérable. Ils doivent être frappés et annihilés à chaque pas. »&lt;br /&gt;Dans chaque village, dans chaque usine, des orateurs exaltent l’esprit patriotique. La propagande de guerre est portée jusqu’aux avant-postes grâce à des imprimeries de campagne aux ordres des commissaires politiques. Mais c’est surtout par le mouvement partisan que s’exprime une farouche volonté de résister à l’invasion. De nombreux soldats qui ont échappé à la capture dans les poches de Minsk et de Smolensk prennent le maquis dans les forêts impénétrables de Russie blanche. Pour les Allemands, le danger est grand, il pèse sur leurs lignes de communication mais plus encore, sur leur moral. Dans les forêts, la mort peut surgir de partout. Des détachements spéciaux de S.S. sont constitués pour liquider les maquis. Ils se signalent immédiatement par une extraordinaire brutalité, la campagne de Russie prend le visage de la haine. Les partisans s’assurent le contrôle de nombreux villages où les collaborateurs sont exécutés. La jeunesse s’enrôle dans les maquis et prête serment : « Je jure de me venger sur l’ennemi, cruellement, sans merci et sans trêve, le sang pour le sang, la mort pour la mort. »&lt;br /&gt;En Union Soviétique, l’Allemagne mène une guerre d’anéantissement doublée d’une purification ethnique qui doit permettre l’asservissement des peuples soviétiques en même temps que la réalisation d’un Empire colonial allemand. Friedrich Schmidt, l’un des tortionnaires ordinaires de la Wehrmacht, ‘responsable de la sécurité’ dans le village de Boudionnovka, prés de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marioupol" title="Marioupol"&gt;Marioupol&lt;/a&gt;, note dans ses carnets : « 9 mars : journée difficile. Je dois mettre à mort trente adolescents capturés. A 10 heures, on m’a amené encore deux jeunes filles et six jeunes gens. J’ai dû les frapper impitoyablement. Depuis ça a été des exécutions en masse : hier, six, aujourd’hui trente trois. Le fossé est à peu près rempli. Comme elle sait mourir héroïquement cette jeunesse soviétique ! Certains d’entre eux, les jeunes filles surtout, n’ont pas versé une larme - 14 mars. J’ai fait fusiller Ludmila Tchoukanova, 17 ans – 23 mars : j’ai interrogé deux gamins qui avaient voulu passer sur la glace jusqu’à &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rostov" title="Rostov"&gt;Rostov&lt;/a&gt;. On les a fusillés comme espions. »&lt;br /&gt;C’est bien la brutalité et la barbarie de l’occupation allemande qui exacerbent la résistance soviétique. Aussitôt l’ordre de la terre brûlée lancé par Staline le 3 juillet 1941, une sorte de frénésie incendiaire venue du fond des âges s’empare des villageois. Comme devant les Chevaliers Teutoniques et les armées napoléoniennes, ils mettent le feu à leurs propres maisons. C’est vraiment la terre qui brûle.&lt;br /&gt;Maria Timofeïevna Savitskaïa, agent de liaison pour la Résistance, se souvient de l’occupation allemande : « Tout brûlait autour de nous, les villages étaient incendiés avec leurs habitants. On brûlait les gens sur de grands bûchers... Dans les écoles.... Dans les églises... Je ramassais les restes carbonisés. Je ramassais pour une amie tout ce qui était resté de sa famille. On retrouvait des os, et quand il subsistait un lambeau de vêtement, ne fût-ce qu’un infime morceau, on savait aussitôt qui c’était. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« De la résistance au châtiment »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;La nature de la campagne de Russie pour les Allemands interdit donc l’échec aux Soviétiques et accentue un peu plus la radicalisation de leur résistance. Elle est exemplaire à Leningrad qui résiste à un siège de plus de trois années. Durant l’hiver 1941-42, un million de civils de Leningrad meurent de famine mais la ville résiste. Les Soviétiques construisent un chemin de fer sur le lac Ladoga gelé pour ravitailler la ville. Non, Hitler n’aura pas Leningrad. Et Moscou pas davantage. La dernière offensive allemande devant Moscou, Fall Typhon, est définitivement stoppée le 5 décembre 1941. Dès le 6, le Général Georgi Joukov lance une puissante contre-offensive. Les rudes Sibériens montés en ligne par une température de moins quarante degrés repoussent des soldats allemands privés de vêtements d’hiver à plus de cent kilomètres de Moscou. Le général allemand Günther Blumentritt raconte : « Le comportement des troupes russes dans la défaite contrastait terriblement avec celui des Polonais ou des Occidentaux. Mêmes encerclés, les Russes s’accrochaient et combattaient. »&lt;br /&gt;La résistance ne faiblit pas non plus durant la bataille de Stalingrad, portée au rang de symbole par les deux camps. De septembre 1942 à février 1943, les soldats mêlés aux ouvriers se battent pour leur ville. Le 19 novembre 1942, une violente manœuvre de tenaille est entreprise contre les flancs allemands et aboutit à la capitulation de la VIème Armée allemande isolée à Stalingrad le 2 février 1943. La bataille de Stalingrad reste le symbole de la résistance soviétique et du basculement de l’équilibre des forces. Aidés par les Alliés qui lancent des offensives en Afrique puis en Italie dès juillet 1943 et qui envoient à l’Union Soviétique camions, chars et avions par centaines dans le cadre du Prêt-Bail, les Soviétiques réussissent peu à peu à reprendre l’initiative. Au cours des années 1943-1944 est progressivement libéré l’ensemble du territoire soviétique.&lt;br /&gt;Les rancoeurs, la haine et la soif de vengeance suscités par trois années de guerre pour les Soviétiques expliquent l’intensité du châtiment imposé à l’Allemagne. La Grande Guerre Patriotique devient un défouloir pour l’Armée Rouge et ses soldats. En février-mars 1942, Staline, poussé par un enthousiasme mêlé à une soif de vengeance, ordonne de poursuivre la contre-offensive devant Moscou alors que celle-ci s’essouffle. L’Armée Rouge évite de peu le désastre. Durant la Grande Guerre Patriotique, toutes les occasions de contre-attaque qui se présentent à l’Armée Rouge sont l’objet d’une violence et d’un défoulement de puissance inédits. A la fin 1941, Rostov-sur-le-Don est reprise aux Allemands au prix de milliers de morts. Le défoulement de la machine de guerre soviétique est encore plus manifeste durant la bataille de Stalingrad ou plus encore durant l’opération Bagration, offensive générale, en 1944. L’agression allemande vécue comme une trahison et la politique d’occupation ressentie comme une volonté d’asservissement exacerbent encore un peu plus l’esprit de vengeance des Soviétiques. L’usage de la Blitzkrieg à grande échelle par l’état-major soviétique durant l’opération Bagration est comme une ironie de l’Histoire, un symbole de ce châtiment imposé à l’Allemagne, un ‘retour de bâton’.&lt;br /&gt;Les collaborateurs sont impitoyablement massacrés, les populations civiles allemandes sont elles aussi l’objet de la vengeance soviétique. Près de cent milles femmes allemandes sont violées par des soldats de l’Armée Rouge durant la bataille de Berlin. Berlin devient le symbole du déchaînement de la puissance soviétique à la fin de la guerre. La ville est détruite au tiers. Quatre cents cinquante mille allemands et sept cents mille soviétiques meurent durant la bataille. C’est l’une des plus sanglantes de la guerre. Le châtiment imposé par les Soviétiques à l’Allemagne à la fin de la guerre est non seulement un défoulement mais également la manifestation de l’aspiration et de l’affirmation de la puissance soviétique en prévision de l’après-guerre. L’Armée Rouge a supporté quatre années durant le poids de la Wehrmacht et entend bien montrer qu’elle en est le principal vainqueur.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;« Le syndrome de la victoire volée »&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Georgia,&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;,serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Entre guerre idéologique et lutte patriotique, de la résistance au châtiment, le stalinisme de guerre et la Grande Guerre Patriotique marquent une fracture dans l’histoire de l’Union Soviétique. Pour un temps, le stalinisme se mue, les valeurs communes se renouvellent. C’est la Russie éternelle qui renaît le temps d’une guerre, ce sont les villageois qui incendient leurs maisons comme leurs ancêtres, les civils qui s’enrôlent dans les maquis pour lutter contre l’occupant. La Grande Guerre Patriotique s’achève dans un bain de sang révélateur de la volonté de résistance puis de vengeance des Soviétiques. L’Union Soviétique est ravagée par la guerre, près de vingt millions de ses enfants y ont trouvé la mort, soixante dix mille villages ont été détruits, le patrimoine culturel soviétique a été saccagé par l’occupant. Pour autant, elle reste un triomphe pour l’Union Soviétique et notamment pour son chef. Viktor Nekrassov écrit dans La Tragédie de ma Génération : « On ne juge pas le vainqueur. Nous, le peuple, pardonnâmes tout à Staline, la tragédie de la collectivisation, de la famine, l’année 1937, les erreurs fatales des premiers mois de la guerre ! » Pour Vassili Grossman, « Le sang sacré versé dans la guerre nous a purifié du sang innocent des dékoulakisés et du sang de 1937. »&lt;br /&gt;La victoire soviétique suscite tant admiration que respect à l’étranger. Partout, les Partis Communistes en tirent profit.&lt;br /&gt;Toutefois, la fracture que représente la Grande Guerre Patriotique génère une vive attente des Soviétiques envers le pouvoir. Pour Elena Zoubkova, « En 1945, même si le régime bénéficie de beaucoup plus de soutien qu’en 1940-41, la société n’est pas prête à revenir au statut quo ante bellum. » Ilya Ehrenbour écrit encore : « Le passé ne pouvait pas se répéter, ne pouvait pas revenir. Le peuple avait trop souffert. Quelque chose devait se passer. » Les anciens combattants paysans et leurs épouses restées au kolkhoze sont persuadés que les kolkhozes vont être dissous, et que leur lopin leur sera rendu. Les anciens combattants ouvriers sont persuadés que les lois ‘scélérates’ de 1938, 1940 et 1941 sur l’absentéisme et le changement non autorisé de lieu de travail vont être abolies, les anciens combattants issus de l’intelligentsia que la censure sera relâchée et les espaces de liberté d’expression acquis durant la guerre sauvegardés.&lt;br /&gt;Le ‘syndrome de la victoire volée’ évoqué par Iouri Afanassiev et Guennadii Bordiougov est le sentiment éprouvé par de larges fractions de la société, et notamment les frontoviki, qui espéraient, à l’issue de la guerre, un changement. Mais ce changement ne vient pas et après la guerre, le stalinisme entreprend une nouvelle phase de radicalisation.&lt;br /&gt;La Grande Guerre Patriotique n’aura été qu’une parenthèse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Cet article est paru dans Champs de Bataille Seconde Guerre Mondiale # 2 de juillet 2009 (tirage à 25,000 exemplaires).&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5731777509510563721-5654063203673391917?l=rayannezzar.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://rayannezzar.blogspot.com/feeds/5654063203673391917/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/lunion-sovietique-durant-la-seconde.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/5654063203673391917'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5731777509510563721/posts/default/5654063203673391917'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://rayannezzar.blogspot.com/2009/09/lunion-sovietique-durant-la-seconde.html' title='L&apos;Union Soviétique durant la Seconde guerre mondiale'/><author><name>Rayan Nezzar</name><uri>http://www.blogger.com/profile/18220990129143258568</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='19' height='32' src='http://3.bp.blogspot.com/-EueGBs7PKGw/Tg4m_O--VSI/AAAAAAAAACY/00rQDYXzq6Y/s220/3.bmp'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
